CHAPITRE VII
De la sainte communion.
AUEL est donc ce captif d'amour qui, du fond de son tabernacle, nous invite avec
tant de bonté, nous presse avec tant d'instance de nous unir à Lui? C'est Jésus, le Roi des anges, la splendeur et la sagesse du Père éternel, l'effusion toute pure de la clarté du Tout-Puissant!.... Serviteur de Marie, que de grandeur cachée sous ces voiles ! que de majesté, que de perfections incompréhensibles ! A cette vue, votre âme n'est-elle pas saisie d’effroi et ne s’écrie-t-elle Pas, avec saint Pierre: Æetirez-vous de moi, Seigneur, car je Suis trop coupable et souillé de péchés. Ne craignez pas Cependant, car c’est votre divine Mère qui fait avec Jésus les frais de ce festin si délicieux. C'est Elle-même qui vous présente cette manne céleste et vous dit: Venez manger le pain que je vous ai réparé.
Afin d’exciter votre confiance et votre amour envers Elle et son divin Fils, méditez ces considérations :
10 Jésus, dans l’Eucharistie, est le don de la très sainte Vierge ; et, en effet, Jésus, la Sagesse éternelle, ne descend sur cette terre qu'après avoir fait demander le consentement de Marie ; c’est par Elle que Jésus-Christ sera donné au monde. La volonté du Père est que son Fils soit immolé pour nous, et la très sainte Vierge, qui connaît cette volonté, s’y conforme amoureusement. Avec Dieu, déjà Elle nous donne, Elle nous sacrifie Jésus ; et cette donation qui lui coûte si cher, Elle la réitère à tous les instants de sa vie avec une tendresse qui devient pour ses enfants le plus grand témoignage de l'amour. ‘“ Marie, dit saint Bona- ‘ venture, nous a tant aimés qu'Elle nous 2 ‘“ donné son Fils ! ” |
Mais Jésus ne se contente pas de se donner aux hommes dans l’Incarnation ; il veut s'unir à chacun de nous très intimement dans li.
charistie, et, par un acte répété de son as Ë il continue de se donner à nous en chaque consécration, en chaque communion. Or, Marie a toujours les mêmes droits sur Jésus ; Elle a aussi toujours un Cœur conforme à ses volontés ; et comme Elle avait aimé les pécheurs que Dieu lui a donnés pour enfants, en ieur sacrifiant son Fils unique dans sa Passion, Elle les aima jusqu’à la fin en voulant ce don de
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l'Eucharistie. Quel sacrifice renferme ce don du Cœur de la trés sainte Vierge Marie, Mére de l'Eucharistie ! 1 Ce titre si peu connu, dit un pieux auteur, contient tout ce qu’il y a de plus étonnant dans l'amour de Marie pour nous |
De plus, Elle renouvelle chaque jour sa donation généreuse, efficace, maternelle : chaque sacrifice s'opère donc par le concours de la volonté du Fils et de ia volonté de la Mère ; chaque consécration nous est un don de Marie ; chaque communion, un mystère d'amour auquel Marie donne son consentement, une grâce qu’Elle nous mérite et qu'Elle nous dispense, Quelle serait notre ferveur si, toutes les fois que nous approchons de la sainte Table, nous nous réprésentions cette divine Mère nous invitant à ce festin délicieux et nous disant avec toute la tendresse de son cœur : ‘ Venez, ‘* VOUS tous qui avez faim et soif (de vous unir ‘à moi), venez vous rassasier du fruit divin ‘ que j'ai porté... venez manger le pain que ‘ je vous ai préparé ”, ,. “Car c'est par Marie, ‘* s'écrie saint Pierre Damien, c’est par Elle ‘Que nos mangeons tous les jours le pain du ‘“ Ciel, c’est par ses prières que Dieu nous ‘ excite à le recevoir et qu'il nous donne la “ grâce de communier dignement, Comme “ Eve à porté l'homme à manger du fruit “ défendu qui nous a donné Ja mort, il était ‘ convenable que Marie nous excitât à manger “ le pain de vie.” Dites-lui donc avec saint
Bernard: “O Vierge merveilleuse et toute “ digne de louange! O Femme admirable, qui ‘ surpassez toute créature par la vénération “ dont vous êtes entourée! qu’à jamais soit ‘ béni le fruit de vos entrailles ! ”
20 Jésus, au saint autel, est le don de Marie ! car, comme nous l'avons déjà dit, ce fut surtout en vue de sa divine Mère et pour la consoler, que Notre Seigneur institua la sainte Eucharistie. “Le Fils de Dieu, dit le Père “ Salazar (in cap. 9 Prov.), prit tant de plaisir ‘ dans'le sein de la très sainte Vierge que, ‘ pour se procurer les mêmes joies, il a trouvé ‘ le moyen d'y retourner et de renouveler en ‘ quelque sorte le mystère de son Incarnation.” Et cette merveille s'opérait toutes les fois que Marie recevait son divin Fils en la sainte communion. Jésus, en se donnant à nous au saint autel, veut que nous reconnaissions le devoir surtout à l'influence de sa divine Mère. Et Celle-ci fait de la sainte Eucharistie comme un lien puissant qui nous rattache à son Cœur, comme un souvenir palpitant et une image vivante de son amour pour nous.
À la vue de tani de bontés, que rendronsnous à Marie pour cette ineffable faveur ?
Plein de reconnaissance, écriez-vous avec saint Pierre Damien: ‘“ Béni soit le chaste “ sein qui nous a donné un tei fruit. Bénie ‘“ soit la Mère qui nous sert un pain si déli- “ cieux ! Vraiment, 6 divine Souveraine, vous
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‘ êtes la meilleure de toutes les Mères ! Après ‘nous avoir engendrés spirituellement, vous ‘ ne voulez pas remettre à un autre, comme le *‘ font souvent les autres mères, le soin de ‘“ nous nourrir; mais vous voulez vous-même ‘ nous servir de nourrice, en nous donnant le “lait des enfants de Dieu. Et, ce qui sur- ‘ passe toute bonté, vous nous nourrissez de “ la chair de votre propre Fils et par consé- “ quent de la vôtre, afin de nous unir à vous “ plus intimement et de perfectionner en notre ‘âme la génération céleste, en nous communi- ‘ Quant votre esprit et votre vie qui est l'esprit ‘et la vie de votre Fils. À-t-on jamais trouvé ‘une mère qui ait poussé si loin la cha- ‘ rité? O douceur | 6 amour ! Quels plus vifs
‘“et plus sensibles témoignages en pourrions- ‘ nous désirer ? ”