CHAPITRE III
Des repas.
Pie doit être saint dans un serviteur de
Marie, même ses repas. Nourris si sou-
vent du Pain des Anges, dans quels sen-
timents de confusion ne devrions-nous pas prendre la nourriture de chaque jour! Les Saints n’allaient à table qu'en gémissant, Le B. Alphonse Rodriguez ne pensait qu'aux souffrances des âmes du Purgatoire, il se mettait à pleurer, et priait la très sainte Vierge de recevoir les mortifications qu'il se proposait de pratiquer aux repas. Le bienheureux de Montfort y versait parfois des larmes, y faisait entendre des sanglots, Si les saints ont eu de tels sentiments, que dire de ceux de Marie! Dés l’âge le plus tendre, cette divine Vierge, douée de la plénitude de raison, instruite intérieurement par l’Esprit- Saint, s’appliquait avec une ardeur incroyable à pratiquer cette leçon que, plus tard, l’apôtre saint Paul devait enseigner aux fidèles : ‘ Soit “ que vous mangiez, soit que vous buviez, fai- “tes tout pour la gloire de Dieu.” Et l'on peut dire, en effet, que, tout enfant, Elle glorifait plus hautement Dieu en faisant cette action, que les âmes les plus vertueuses par leurs austérités, à cause de la sainteté et de l'amour qu'Elle y apportait.
Disons, en passant, que s’il a été donné à saint Nicolas et à quelques autres saints de s'abstenir, dès l'enfance, de nourriture plusieurs fois la semaine, nous ne devons pas douter que la sainte Vierge n'en ait fait autant, puisque toutes les grâces qui ont été accordées aux anges et aux saints, Elle les a reçues avec plus d’abondance. C'est, du reste, ce qui a été révélé à un saint solitaire de la Thébaïde, et ce que rapportent Nicéphore et d'autres auteurs ecclésiastiques. Saint Jérôme (ir epist. ad Heliodor:), après avoir parlé des divers exercices de la très sainte Vierge au temple de Jérusalem, dit que cette admirable Enfant ne mangeait que vers Je soir la nourriture qu’un ange avait coutume de lui apporter: Plus tard, en compagnie de son divin Fils, quel devait être son esprit de pénitence, de mortification |...
Pour entrer dans les sentiments de cette divine Mère, et afin d'attirer en vous son esprit, ne manquez jamais de lui donner un souvenir particulier quand vous vous mettez à table.
Le B. Berchmans, après les prières ordinaires, disait toujours un 476 Maria. Autant que vous le pourrez, pratiquez quelque légère mortification pour honorer les privations de Jésus et de Marie. “ Combien de fois, dit saint Bonaventure, la divine Mère, pendant son séjour È en Egypte; n'avait-Elle pas même de pain à donner à son divin Enfant Fe
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