SCÈNE VIII
GÉLINET, entrant par la droite, en habit.
Là! me voilà * !
ROSITA
Dieu merci! vous n’êtes pas sorti! Rendez-moi vite ce que je vous ai donné ce matin...
GÉLINET.
Quoi !
Mes lettres!
GÉLINET.
Je ne' les ai plus!., je les ai repassées à Majorel.
ROSITA
Je suis perdue!
GÉLINET.
Vous croyez?
ROSITA
Mais, bonhomme de marbre, apprends que, ce matin, j’avais la tête complètement dérangée!.. Eu venant rapporter la correspondance de Maxime, je me süis trompée de poche... et je vous ai donué la mienne !
GÉLINET.
Où est le mal, après tout, ma petite chatte?
ROSITA
Ma petite chatte !
GÉLINET.
Majorel n’a rien à me refuser... il me les rendra.
ROSITA
Prenez-vous mon mari pour un imbécile !
GÉLINET.
Son mari !
Oui, mon oncle.
GÉLINET.
Comment! Majorel est le mari de Madame! mais c’est trèsgrave!
ROSITA, tombant sur un fauteuil.
Ah! Monsieur!., je n’ai plus qu’à mourir!., je me meurs!
GÉLINET.
Ne mourez pas ici. Madame ! ça tendrait davantage la situation.
MAXIME
Malheureux oncle! qu’avez-vous fait !.. Mais attendez donc... ces lettres, il ne doit plus les avoir... il vient de les envoyer...
ROSITA
A qui?
GÉLINET.
A la véritable Corinne.
JEUNE DE G (EUR
Corinne !.. Qu’est-ce que c’est que ça?
GÉLINET.
C’est une sauteuse.
ROSITA
Mes lettres dans les mains d’une sauteuse!., une rivale!., jour de Dieu !
gélinet *.
Quel gaillard ! Il va bien !
VOIX DE MADAME LONGUEVUE, dans la coulisse.
M. Gélinet est arrivé... je veux le voir.
V MAXIME
Madame Longuevue!.. Partez, partez. Madame !
ROSITA
Je ne m’en irai pas sans mes lettres.
MAXIME
Oh! je les aurai à tout prix.
ROSITA , allant vers la droite .
Je vous attends là... Je prévois du grabuge! (Elle entre à droite.) GÉLINET.
Dans ma chambre !
MAXIME
Mon oncle, recevez ces dames pour moi. Je n’ai pas une minute à perdre, (u sort par la gauche.)
Maxime, dis-moi... 11 ne m’entend plus. (Madame Longuevue et Emilie entrent par le fond.)