‹ Jeunes fleursChapitre 10 sur 56 · ECCLÉSIASTE · texte numérisé non relu

ECCLÉSIASTE

A Madame Ernest Kaynaud.

V— /UE ne pus-je être, Itvs, cet impayable chien î

Sur son flanc déroulé au soleil méridien,

Il cuit sa carcasse, il fait celui qui sommeille,

Et puis, battant de l'œil tel un qui se réveille.

Baille, s'étire, et — pour se pourvoir d'un maintien? —

Mordille en ronchonant le \ydn de son oreille.

Ce que j'admire en toi, frère poilu, n'est pas Ton fastueux mépris dedervis ou majja A tout indifférent sous le brasier solaire : Je serais tel, et mieux, si m'agréait de faire ; Homme, le don j'envie dont toi, chien, m'excipas : Se g-rig-noter son apendice auriculaire !

Un demain vague où rien ne m'espoinçonàt mieux,. Comme en somme un sort faut-il faire à ses aïeux, Je promouvrai grand homme et c'est pas difficile Ou bien scélérat grand : mais ce poil m'horripile, Et c'est, fûs-je le plus bruyamment glorieux Des mortels, ou — voire et — leur plus bel imbécile,

Je ne pourrai jamais abstraire un tel désir <^ue succombe (i) ce chien que je vois là gésir : Tout m'est ])ermis, je suis le maître de la terre, Tout je détiens, et la clef d'or de tout mystère, Et tu me fuis et pour l'éternité, plaisir : Pétrir la mienne oreille en mon clapier dentaire

MoiL Dieu, mon Dieu, mon Dieu, Les chiens, qu'ils sont heureux De se pouvoir mordre F oreille l...

(I) Sic.

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