‹ Jeunes fleursChapitre 17 sur 56 · TRISTIS · texte numérisé non relu

TRISTIS

A Madame Francis Vielé-Griffin.

OUS savez ? quand on rentre après l'enterrement D'un être chéri tendrement ? un froid silence Nous oppresse, et la chambre semble immense, immense ! L'illusion nous tient que c'est réellement

Soi qu'on vient d'inhumer, et notre appartement Le sépulcre, et notre âme, on la sent si vidée Qu'on croirait que l'autre sépulcre l'a gardée. Ou bien l'instant dernier d'un déménag'ement :

Tout est parti^ le log*is est vide et résonne,

Oh, résonne comme un grand tombeau; plus rien, non...

On croit pourtant avoir malgré qu'on se raisonne,

Oublié d'emporter quelque chose : quoi donc ?

Un pan de notre vie à ces murs attachée

Par grands lambeaux y pend, à jamais arrachée.

II'.UNKS FLT-URS

Page 1