SCÈNE PREMIÈRE
CROISSARD, PHIBERT.
Au lever du rideau, Phibarl travaille assis devant la grande table. En face de lui, Groissard, une serviette sur ses genoux est assis, son chapeau a la main.
GROISSARD, tirant sa montre.
Cinq heures vingt I... Dis donc, il n'arrive pas ton patron. Voilà une demi-heure que j'attends. Dans combien de temps crois-tu qu'il sera là? (phibort con-
tinue à travailler. Insistant.) DanS Combien de temps
crois-tu?...
PHIBERT, avec un peu d'impatience.
Je t'ai déjà répété deux fois que je n'en savais rien. En sortant de la séance, il m'a dit qu'il avait la migraine, qu'il voulait rentrer à pied, qu'il serait là dans une demi-heure. Sais-tu ce que tu devrais faire? me donner ces papiers. Je les lui remettrai.
GROISSARD.
Pas du tout, pas du tout. Je tiens à faire la connaissance de Dantran. C'est une occasion. Tu me présenteras, (un silence.) Dis donc, il a eu une vie très agitée. Il paraîtqu'il a eu des tas de maîtresses... hein?
PHIBERT, excédé.
Je ne sais pas.
OROISSARD.
Moi, je le sais. Tout le monde le sait.
PHIBERT.
Alors, pourquoi me le demandes-tu ?
GROISSARD.
Du reste, ça ne m'étonne pas. Il est bien de sa personne, encore très vert I Pourquoi est-il entré au
Sénat? Il a eu tort. (Phibert écrit sans répondre.) Il avait
une situation très forte à la Chambre. Il sera moins écouté chez nous. C'est dans le cabinet Larochette, qu'il a été sous-secrétaire aux postes?... Hé?... (silence. Il se promène de long en large dans le cabinet, s arrêtant devant le portrait d'Andrée.) C'est la patronne ?
Belle femme I Tu lui fais la cour?... Non?... Tu as tort... Du reste, elle adore son mari.
PHIBERT, hors de lui. Bans reprendre haleine.
Oui. Elle adore son mari. C'est une charmante