Extrait de Guyot, vol. IV
L» e»rte deTlnée à TorelUe. Voici un tour qui est tout au plus bon à tromper une fois un camarade tout à fait novice. Vous prenez un jeu de cartes, vous le développez et vous priez ce camarade de choisir une carte, de la regarder et de la placer sous le jeu. Voua prenez alors le jeu de la main droite, vous passez votre bras droit autour du cou du camarade, et vous lui dites à l'oreille le nom de la carte, que vous regardez tout à loisir pendant que le camarade est tourné de votre côté et ne se doute pas de ce petit stratagème.
£.a earte chanipeaiite. Il faut avoir dans votre jeu une carte quelconque qui soit double, par exemple deux rois de pique : vous placerez Tun de ces rois sous le jeu, et au-dessous de ce roi une carte prise au hasard, par exemple le sept de cœur; le second roi de pique sera placé sur le jeu. Vous battez le jeu sans déranger ces trois cartes, et, montrant le dessous du jeu, vous faites voir à une personne de la société le sept de cœur ; vou3 le retirez subtilement avec le doigt que vous avez eu le soin de mouiller; vous ôtez alors réellement le roi de pique, lorsqu'on croit que vous ôtez le sept de cœur, vous le placez sur la table et vous priez la même personne de couvrir avec sa main ce prétendu sept de cœur. Vous mêlez une seconde fois le jeu sans déranger la première et la dernière carte, et, après avoir fait passer sous le jeu le second roi de pique, vous le montrez k une autre personne de là société, en lui demandant quelle est cette carte : vous la faites disparaître adroitement à l'aide du doigt mouillé, vous ôtez alors le sept de cœur, vous le placez sur la table et vous priez la seconde personne de le couvrir avec la main. Cela fait, vous commandez au sept de cœur, qu'on croit être sous la main de la première personne, de passer sous celle de la seconde, et au roi de pique, qui paraît avoir été mis sous la main de
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la seconde personne, de ?«»»«' 'J ^,rtes sont retour- V0U8 faites lever les ma ns les deux^ étonnement
nées, et le changement s'est opéré, au gr de la société. Vous faites tirer une carte et
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2t itregarde, vous tournez le i^^X^Tté^T^'t»anière que les cartes se trouvent alors la tê^ en ïSs à la%ersonne de remettre la carte au - -u *;j«^; ^ qu'elle fait naturellement en ^f ""^"V^,,!" ^f'^, ,e "^«ilion ordinaire, c'est-à-dire la tête en haut battez le C Sûes-le battre même par la personne qm a^l^- -5r;arte; vous êtes bien sûr de retrouver facilement cett^ ** rtê au milieu des autres, puisque seule elle a la tête J^ns une direction inverse de celle des autres.
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Le tour de forée. Faites la carte forcée; quand elle aura été prise, priez la personne qui Ta choisie de la remettre elle-même dans le jeu. Battez alors le jeu, mais ayez toujours les yeux fixés sur la carte choisie; trouvezla sans qu'on s'en doute, et faites-la passer au fond du jeu sans qu'on s'en aperçoive. Coupez le jeu en deux , donnez à la personne la moitié du jeu dans laquelle se trouve sa carte, et priez-la de tenir cette carte par un coin aussi fort qu'elle le pourra, avec le pouce et le premier doigt. Frappez toute cette portion du jeu tenue par la personne, et aussitôt toutes les cartes tomberont, excepté celle du fond, qui est la carte choisie. Pour que le tour cause plus de surprise et d'hilarité, vous pouvez mettre la carte en haut et tourner les cartes la face en l'air; alors quand vous frapperez, la carte qui restera dans la main de la personne regardera cette personne en face.
Maintenant nous allons faire voyager nos cartes ; suivez-les bien des yeux, et, malgré toute votre attention, vous croirez d'abord ue, dans leurs allées et venues, elles sont poussées par quelque enchanteur. Un mot d'explication suffira pour vous faire découvrir le secret.
Carte tirée an mur. Voici d'abord le tour qu'on appelle la carte tirée au mur. « Prenez une carte, mon ami Jules, et rendez-la moi. Ah ! mon Dieu, que je suis maladroit ! je viens de la laisser tomber. Il faut que je la ramasse; la voici, je la remets dans le jeu et regardez bien ce que je fais du jeuj; je le lance contre cette porte : voyez, votre carte [y est clouée. Qu'en dites- vous? Gomment ai-je fait ? vous ne pouvez pas le deviner ; je vais vous le dire, mais vous ne me trahirez pas.
« D'abord la carte que vous avez prise était forcée ; j'avais une carte semblable par terre, à mes pieds, et celle-
ci était traversée par un clou pointu d*un côté , plat de Fautre. J*ai laissé tomber votre carie pour ramasser la mienne, que j'ai placée au fond du jeu , de façon que le dos de la carte fût en dessous, la carte faisant face avec les autres. G*est ainsi qu* après le tour vous voyez le devant de la carte , et le tour lui-même n'est ni difficile à comprendre ni difficile à exécuter. »
IM earfe »a plafond. Ceci n*est qu'une variété du tour précédent. Sous la carte que vous voulez clouer au plafond et qui est traversée par un clou, vous placez une pièce de monnaie; vous lancez ensemble carte et monnaie au plafond : la pièce tombe et la carte reste clouée.
La earte dans le miroir. « Faites-moi le plaisir, mon ami Alfred, de tirer une carte ; regardez-la bien et remetlez-la dans le jeu. Je vais la faire passer sur-le-champ dans ce miroir. La voyez-vous qui s'avance dans le milieu? Cela vous étonne ; voici le mot de l'énigme.
« Le miroir n'est pas, comme vous le croyez, le premier miroir venu ; il est préparé. La bordure est de la largeur d'une carte et découpée à jour : cette découpure est couverte par derrière de morceaux de glace mis au tain. De plus , la principale glace, qui couvre l'ouverture du milieu de ce cadre, a les deux tiers de la largeur du cadre, et il faut qu'elle puisse se mouvoir facilement entre deux coulisses qui doivent être placées derrière le miroir et les petites glaces.
« Quand le miroir a été ainsi préparé, on a enlevé le tain de derrière de la grandeur seulement d'une carte , en ayant soin que ce soit à la place qui peut se cacher sous la bordure : on a couvert cette partie transparente du miroir d'une carte , en la collant sur quelques points avec de la gomme, seulement pour l'empêcher de tomber. Le miroir est attaché à une cloison : derrière la cloison on a conduit deux petits cordons à l'aide desquels on
peut facilement et sans bruit faire aller et venir le petit meuble dans son cadre, et par conséquent faire paraître ou disparaître la carte pareille à celle que la personne a lirée dans le jeu. Au moment où j'ai dit que la carte allait passer dans le miroir, Baptiste , mon compère , caché derrière la cloison , a tiré très-doucement le cordon ; et , comme vous n*avez pas vu la glace se mouvoir, elle n'a présenté à l'œil aucun changement; vous avez vu seulement la carte s'avancer vers le milieu du miroir, ce qui vous a paru d'autant plus extraordinaire , que vous la croyiez placée entre le tain et la glace. »
£.a e»rte qui marche. « Faites-moi encore Tamitié, Alfred, de prendre une carte de ce jeu; remettez-la; je mêle, et voyez si votre carte y est encore.
— Non, monsieur, elle n'y est plus.
— Voilà qui est singulier. Mais j'aperçois la fugitive; la voyez-vous se promener sur le mur? Allez, marchez toujours. La voyez-vous, comme elle s'avance avec gravité? Ah ! la voilà qui disparaît au haut du mur. Voulezvous bien revenir, indocile que vous êtes? A la bonne heure, et suivez sans broncher cette ligne horizontale. C'est très-bien, votre obéissance sera récompensée. »
Pour ce tour, comme pour le précédent, j'ai eu besoin d'un compère invisible. D'abord Alfred a pris une carte forcée. Après avoir mêlé le jeu, j'en ai retiré discrètement cette carte ; lorsque vous avez vu paraître la carte sur le mur, mon compère a tiré adroitement un fil au bout duquel était attachée une carte semblable, qui venait de derrière une glace ; elle est attachée par des fils presque imperceptibles à un autre fil fortement tendu sur lequel elle peut couler, car elle est retenue par de trèspetits anneaux de soie; ce qui lui trace la route qu'elle doit suivre.
latt e»r(e dans le portefenllle. « Baptiste , mon ami ,
prenez une carte de ce jeu , regardez-la et rappelez-vous bien ce qu'elle est. Mettez maintenant le jeu sur la table, et je le couvre avec ce mouchoir : quelle est la carte que vous avez regardée ?
— C'est la dame de cœur.
— Vous ne vous trompez pas ?
— Non, monsieur.
— Vous êtes bien sûr qu'elle est dans le jeu ?
— Oui, monsieur.
— Eh bien ! j'applique un petit coup de poing sur le jeu, et je vous déclare que votre carte n'y est plus. Voilà le jeu, examinez et cherchez.
— Non , monsieur, elle n'y est plus. Cependant je l'y avais bien placée.
— Mettez la main dans ma poche, prenez mon portefeuille et ouvrez-le; n'y trouvez-vous pas votre carte?
— Oui, monsieur, c'est bien la dame de cœur.
— Mille remercîments , Baptiste, pour avoir retrouvé ma carte voyageuse.
«Écoulez bien, enfants, je ne veux pas vous tromper; Baptiste a été mon compère, il est de moitié dans ce tour. Je l'avais instruit d'avance de la carte que j'avais en réserve dans mon portefeuille , et il a choisi dans le jeu la carte semblable. Celle-ci , je l'ai fait disparaître , parce qu'elle s'est attachée à un petit morceau de cire placé sur la table, au moment où j'ai couvert le jeu avec mon mouchoir et où j'ai appliqué mon petit coup de poing en disant à la carte de partir. Ensuite , il m'a été facile de l'ôter en même temps que mon mouchoir, et de mettre l'un et l'autre dans ma poche.
« Dans tous les tours où l'on a besoin d'un compère,. il faut que ce compère soit adroit, intelligent ; que la plus légère insinuation, une certaine manière de tousser, un mouvement du doigt ou de la baguette magique , suffise
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pour lui faire comprendre comment il doit agir dans telle ou telle circonstance. Je vous recommande Baptiste; il me seconde aussi bien que possible, et avec lui tous mes tours réussissent à merveille. »
TOURS d'adresse ET d'BSCAMOTAGB.
Nous commencerons par quelques amusements qui sont plutôt de simples tours d'adresse que des tours d'escamotage ; ceux-ci viendront après.
Allnmer une boo^le avec de la ffttmée. Yous voyez
cette bougie allumée : je vais la souffler et l'éteindre ; la fumée qui s*én échappera offensera peut-être un peu votre odorat , mais patience , ce ne sera pas long. Je prends cette autre bougie allumée, et je l'approche de la fumée qui s'échappe sous la forme d'un léger nuage. Voyez-vous comme la première bougie s'est rallumée promptement, ou plutôt voyez-vous un éclair qui se prolonge ? C'est un e£fet de physique dont l'explication fort simple vous sera donnée dans le cours de vos études.
Allomer nne boo^ie par le simple monTemeiit de
la main. Ily a d'abord une petite préparation indispensable, que vous devez faire sans qu'aucune personne de la société s'en aperçoive. Roulez un morceau de papier qui, étant roulé, sera à peu près de la longueur et de la grosseur d'un petit tuyau de plume d'oie ; placez-le par un de sesjbouts dans l'intérieur de la main droite , tenu entre les deux doigts qu'on appelle majeur et annulaire, et à la partie la plus rapprochée de la paume de la main ; faites bien attention que le papier ne paraisse pas de l'autre côté de la main. Gela fait, tout en vous promenant dans le salon, et sans qu'on se soit douté de rien, vous prenez de la main gauche un flambeau dans lequel brûle une bougie, vous vous placez de manière à avoir les specta-
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leurs devant vous et assez loin de vous , et vous dîtes : c Messieurs et mesdames , je vais éteindre tout à l'heure cette bougie et la rallumer ensuite par le seul mouvement de la main. » En effet, vous commencez par passer plusieurs fois la main droite sur la bougie qui brûle, en faisant décrire à cette main un mouvement demi-circulaire d* avant en arrière et d'arrière en avant , et vous dites en riant à la société que vous voulez échauffer l'air. Vous profitez d'une de ces allées et venues de la main au-dessus de la bougie pour aUumer le plus adroitement possible votre bout de papier; vous soufflez aussitôt la bougie qui s'éteint, et vous continuez, comme si rien n*était , le mouvement de la main droite en larrière et en avant : dans ce mouvement, le papier qui brûle doucement se trouve en contact avec la bougie , et celle-ci se rallume comme par enchantement. Vous déposez le flambeau sur la table , et vous trouvez le moyen de vous débarrasser subtilement du morceau de papier, dont vous n'avez plus que faire.
La bouteille de vin de Champagne. « Avec cette bouteille remplie d'eau jusqu'aux trois quarts , et à l'aide d'un soufflet , je vais vous faire ^u vin de Champagne comme peut-être vous n'en avez jamais bu. Je prends donc le soufflet que voilà, et je souffle dans la bouteille de manière à la charger d'air. Maintenant je vais la fermer bien hermétiquement : je couvre le bouchon avec un morceau de cuir ou de linge , et je le ficelle. Laissons la liqueur se faire quelques moments. Mais pendant ce temps , pour ne pas rester les bras croisés , voulez-vous que je vous enseigne le moyen de lever une bouteille avec une paille ? — Oh ! cela n'est pas bien difficile, allez-vous dire peut-êlre ; vous mettrez la paille dans la bouteille et puis vous prendrez la bouteille à la main , et le tour sera fait, comme celui des trois chapeaux. — Non, mes amis.
ce n'est pas cela ; je vais lever cette bouteille vide au moyen de cette paille que vous voyez et qu*il faut avoir le soin de choisir un peu forte et bien saine. Je courbe le bout de ma paille de manière qu'elle entre dans la bouteille en faisant un angle aigu, et que, se repliant encore sur elle-même , elle touche un des côtés de la bouteille ; alors , comme vous le voyez , je puis lever la bouteille à l'aide de la paille et sans briser celle-ci.
« Mais notre vin de Champagne doit être fait, il ne faut pas l'oublier. Baptiste, voulez-vous m'apporter un verre ? Bien; débouchez vous-même la bouteille. Entendez-vous . le sifflement du gaz qui commence à s'échapper ? Prenez garde , pressez bien le bouchon ; maintenant ôtez votre doigt , voilà le bouchon au plafond ; versez vite et buvez. Eh bien ! que dites-vous de ce vin de Champagne?
— Mais, monsieur, ce n'est que de l'eau.
— Hélas! oui , c'est de l'eau pure, et tout le Champagne est parti en même temps que l'air que nous avions emprisonné, et qui est sorti avec explosion dès que nous lui avons donné un peu de liberté. »
ReBTerser nn Terre plein d'ean sans en laisser échapper une goutte. Puisque nous venons de vous parler de l'air, nous vous enseignerons encore un petit amusement qui n'exige pas de bien longs préparatifs. Prenez un verre à pied ou sans pied , comme vous voudrez; remplissez-le d'eau à peu près jusqu'aux bords. Cela fait , découpez une rondelle de papier un peu plus grande que le contour du verre; appliquez celte rondelle sur le verre, et appuyez la paume de la main droite tout à la fois sur le papier et sur le verre, de manière que l'air ne puisse pas s'introduire dans l'intérieur du verre. Prenez alors le verre de la main gauche, et retournez- le lestement et sans secousse autant que possible, en tenant toujours la main droite appuyée
sur le papier. Lorsqu'il est retourné sens dessus dessous et dans une position bien verticale, retirez la main droite; le papier ne tombera pas, Teau ue tombera pas, il ne s*en échappera pas une seule goutte. Cependant le poids de l'eau presse sur une des faces du papier, et ce poids est considérable , c'est vrai ; mais l'air extérieur presse également sur l'autre face du papier, et cette pression contre-balance celle du liquide. Prenez garde toutefois : si l'air vient à pénétrer par la moindre ouverture entre le papier et le verre , l'équilibre sera rompu, et le liquide s'échappera en masse. Aussi nous vous engageons k faire votre expérience en plein air, dans la cour ou le jardin, pour ne pas vous exposer k inonder un parquet ou un tapis.
¥lder nn verre d*ean sans le déplaeer. Yous avez
très-bien réussi dans Texpérience du verre d'eau renversé. Le verre est encore plein ; amusons-nous à le vider sans le déplacer, sans lui imprimer le moindre mouvement. Nous avons besoin pour cela d'un petit instrument qu'on appelle siphon; nous le construirons nous-mêmes, et ce sera double plaisir.
Vous allez voir, du reste, que notre appareil ne sera ni coûteux ni embarrassant : trois tuyaux de plumes d'oie, ou trois tubes de paille, ou trois tubes de verre, si nous voulons un, peu plus d'élégance , voilà tout ce qu'il nous faut. Choisissons , pour rester toujours modestes et aussi pour rendre notre besogne plus facile , choisissons les trois tubes de paille. Prenons-en deux d'abord, et taillons-les chacun par un de leurs bouts, de manière qu'ils puissent s'assembler en formant un angle aigu : dans cette position, nous les attachons au moyen de cire à cacheter fondue à la flamme d'une bougie, et. il ne faut pas oublier de bien boucher toutes les petites fissures par lesquelles le liquide pourrait s'échapper. L'autre bout de
l'un de ces tuyaux ainsi réunis sera taillé de manière à être assemblé à un nouvel angle aigu avec le troisième tuyau qui nous reste , et que nous attacherons dans un sens parallèle au premier et dans la même direction. Le premier tuyau, destiné à être plongé dans le liquide, doit être assez long pour descendre jusqu'au fond du verre quand nous l'y placerons ; le troisième sera un peu plus long que le premier ; quant au second, qui sert d'intermédiaire, sa longueur est indifférente, mais généralement on la tient plus petite que celle des deux autres.
Maintenant que notre petit appareil est disposé, procédons à l'opération. Plongez dans le verre rempli d'eau la plus courte des deux branches du siphon, celle que nous avons appelée le premier tuyau , et plongez-la , comme nous avons dit , de manière qu'elle descende jusqu'au fond du verre. Cela fait , appliquez votre bouche à l'extrémité de la longue branche ou du troisième tuyau , et aspirez l'air intérieur du siphon ; l'eau va monter dans le premier tuyau et passer de là dans le troisième. Le siphon est alors ce qu'on appelle amorcé ^ c'est-à-dire rempli de liquide; vous voyez en effet que l'eau coule, et elle ne cessera de couler que lorsque le verre sera entièrement vidé. Nous pouvons vous expliquer en peu de mots le résultat que vous avez obtenu, quoique peut-être vous n'ayez pas encore acquis certaines connaissances qui vous feraient mieux comprendre l'explication. Lorsque vous aspirez par l'extrémité de la longue branche , vous faites le vide dans l'intérieur du siphon, c'est-à-dire vous enlevez l'air qui y est contenu ; le liquide monte alors dans le siphon par la pression que l'air extérieur exerce sur la surface ; l'écoulement commence , et il se continue parce que le poids du liquide contenu dans la longue branche est plus grand que celui du liquide contenu dans la courte branche.
Lm Montre oMlflsABte. « Si je me servais de ma montre pour faire ce tour, vous ne manqueriez pas de dire qu'elle a subi quelque préparation secrète qui la rend docile aux ordres de son maître. Je vais donc prier mon ami Georges de me prêter sa montre pour un mo-meut; n'allez pas vous imaginer qu'il est mon compère, et vous verrez tout à l'heure que je dis toujours la vérité. Georges, tenez- vous près de moi; j'approche la montre de votre oreille : elle malrehe, n'est-ce pas?
— Parfaitement, monsieur.
— Eh bien 1 je vais l'approcher de l'oreille de votre camarade Jules, je lui ordonnerai de s'arrêter et elle s'arrêtera : n'est-ce pas , mon ami , qu'elle ne marche pas ?
— Non, monsieur. -^
— Et vous, Alfred, marche-t-elle ?
— Oui, monsieur.
— Ah ! c'est que vous avez entendu que je lui ai commandé de marcher. Avez-vous jamais vu une hiontre plus docile ? Elle m'obéirait ainsi toute la journée, si je le voulais. Mais vous êtes donc sorcier, allez-vous me dire ? Eh non ; voici toute ma sorcellerie : J'ai caché dans l'une de mes mains un petit morceau d'aimant, ^t j'ai pris d'abord la montre dans l'autre main. Vous ne vous êtes sans doute pas aperçus que j'avais changé plusieurs fois la montre de main, parce que j'ai fait ces divers changements tout en occupant votre attention par mes discours. Lorsque je disais à la montre de s'arrêter, c'est que je l'avais placée dans la main oh était l'aimant qui en suspendait le mouvement; quand au contraire je lui commandais de marcher, je la passais rapidement dans l'autre main, en lui imprimant une légère secousse, et la montre marchait de nouveau. Georges, reprenez votre montre, je vous remercie.
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— -^Maifl, monsieur, je ne l'entends pas, elle ne marche plus, vous me Tavez dérangée.
— Ah! étourdi que je suis, je vous la donne de la main qui renferme l'aimant ; tenez, la voici rétablie dans son état naturel. »
L.'«Dnf qai damse. c De ces trois œufs que je montre à l'honorable société, j'en mets deux sur la table et le troisième dans ce chapeau. Veuillez bien me prêter une petite canne, la première venue; vous êtes bien sûrs qu'elle n'a reçu aucune préparation particulière. Je la pose en travers sur le chapeau, je fais tomber ce chapeau, et voilà mon œuf qui tient à la canne comme s'il y était attaché avec de la glu. Mais nous ne voulons pas qu'il reste ainsi immobile; il va danser, que la danse lui plaise ou non : seulement, il lui faut un peu de musique. Georges, mon ami , ayez la complaisance de vous mettre au piano et de nous jouer un petit air : vous verrez que noire œuf, devenant tout à coup sensible à l'harmonie, glissera en tournoyant le long de la caniie, et qu'il ne cessera de danser que quand vous aurez fini de jouer.
— Hais c'est étonnant, et nous voudrions bien posséder un œuf si merveilleux.
— Rien de plus facile, dès que je vous aurai expliqué le secret de la merveille.
« Vous pensez bien que ce n'est pas un œuf naturel, un œuf pondu par une poule, comme les deux autres que je vous ai montrés en même temps. Celui qui a servi à mon expérience est un œuf artificiel, attaché à une petite cheville qu'on y fait entrer en long , et qui est appuyée transversalement sur la surface intérieure de la coquille. Le trou qu'on est obligé d'y pratiquer pour introduire la 'cheville est bouché avec un peu de cire blanche. J'ai attaché à mon habit l'autre bout du fil k l'aide d'une épingle ployée en forme de crochet, et ma canne, qui passe
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par-dessous le fil toat près de l'œuf, lui sert de point d'appui. Au moment où Georges a commencé à jouer son petit 4iir sur le piano, j'ai passé la canne de gauche à droite ou de droite à gauche. Il vous a semblé que l'œuf parcourait la canne dans toute sa longueur; mais ce n'était là qu'une illusion. Constamment attaché à son fil, l'œuf est resté dans la même position, toujours à la même distance du crochet qui le retenait : ce n'est pas l'œuf qui dansait; c'est ma canne qui, en glissant de droite à gauche et de gauche à droite, a présenté successivement ses différents points à la surface de l'œuf. >
La eioehe maKiqne. c Yoici une cloche , examinez-la tout à loisir ; vous n'y voyez rien que de très-simple et de très-naturel. Voici un sac de millet que vous pouvez aussi examiner, et vous verrez qu'il n'y a rien que du millet. Eh bien, je vous propose de faire passer, suivant votre désir, le millet, du boisseau où il sera contenu, dans la cloche, et réciproquement, de la cloche dans le boisseau.
« Je prends dans ma main droite le boisseau entier, je le découvre, et la graine y est bien, comme vous le voyez. Mon ami Jules, voulez-vous commander au millet de passer sous la cloche?... C'est bien, on va vous obéir.... Je lève la cloche, vous pouvez voir que l'intérieur est vide, je la pose sur le tapis, le tour est fait; je lève la cloche, le millet est sur la table, et il n'y a plus rien dans le boisseau. Voulez-vous maintenant que le millet revienne dans le boisseau ? Je ramasse mon millet avec une carte, et je le remets dans la cloche, je pose la cloche sur le boisseau, voilà que le changement s'opère; ma cloche est vide, et le millet est dans le boisseau.
cYous paraissez tout émerveillés de ce que je viens de * faire. Je vous l'ai déjà dit : je ne suis pas plus sorcier que vous, et tous les tours de passe-passe et d'escamo-
tage, qui nous semblent au premier abord tenir du prodige , n'ont plus rien qui nous étonne dès que nous en avons l'explication. Je vais donc vous expliquei' le secret de la cloche magique.
c Le boisseau dont je me suis servi a un double fond, qui adhère également au couvercle et au boisseau , de telle sorte que je peux le laisser à ma volonté, et suivant que j'ai besoin que le millet soit visible ou disparaisse. Dans ce double fond est une petite quantité de millet destinée à donner le change aux spectateurs. J'ai pris dans ma main droite le boisseau en entier et je l'ai découvert, en ayant soin que le double fond restât dans'ma main ; j'ai levé la cloche, il n'y avait rien dedans. Mais avec la paume de la main, au moment où j'ai posé la cloche sur le tapis, j'ai pressé légèrement un bouchon supérieur; aussitôt celte pression a mis en jeu un ressort qui a fait écouler le millet contenu dans le manche de la cloche. C'est alors que le millet s'est trouvé sur la table quand j'ai enlevé la cloche; j'ai pris le petit boisseau et je vous ai montré qu'il était vide. C'est par le même procédé que le millet est revenu dans le boisseau. >
La boite aux œofs. « J*ai remarqué déjà depuis longtemps que votre curiosité était vivement excitée au sujet d'une jolie petite boite que j'ai là sur ma table. C'est en effet une boite très-curieuse et très-utile, puisqu'elle pond des œufs. Un charlatan vous dirait que ce bijou lui a été donné par un roi des Indes, pour l'avoir guéri d'un mal de dents; moi je vous dis tout simplement et avec sincérité que c'est un habile artiste de Paris qui m'en a fait cadeau.
c J'ouvre ma boite merveilleuse; voilà un œuf tout frais pondu ; je prends cet œuf, je le mets dans ma poche et je referme ma boîte. Voulez-vous que je l'ouvre de nouveau? Tenez, voilà mon œuf qui est revenu ; cette fois je
l'avale, et, comme sans doute il n'y a plus rien dans ma boîte, je la referme. Essayons cependant, et ouvrons-la encore une fois. Gomment, mon œuf, vous reparaissez après avoir été avalé? Pour vous punir, je vous enferme, et, si vous paraissez de nouveau, vous ne serez pas blanc. Voulez-vous, en effet, que nous le fassions changer de couleur? Voulez -vous que je lui ordonne de devenir rouge ? J*ou vre ma boîte , et le voilà tout rouge. Il est bien dans la boite, n'est-ce pas ? Je la referme et je souffle dessus; il n'y a plus rien : voyez, la boîte est ouverte, l'œuf a disparu. Je la referme encore une fois, je souffle encore dessus; et vous allez voir que mon souffle a suffl pour faire changer l'œuf de couleur : en effet, le voilà bleu.
< Que dites-vous de tout cela? Vous n'y avez vu que du feu ; voulez-vous y voir clair ? Écoutez , et retenez ce que je vais vous dire. Ma boîte a la forme d'un œuf, mais elle est un peu plus large et un peu plus longue qu'un œuf ordinaire. Elle s'ouvre en quatre endroits différents. Les trois coquilles d'œufs sont collées en dedans des trois pièces séparées, la blanche à la première pièce, la rouge à la deuxième , et la bleue à la troisième. Ce sont des demi-coquilles qui s'emboîtent les unes dans les autres, et, selon le besoin, je divise la boîle à la couleur qui m'est demandée, et que je trouve promptement dès que je suis familiarisé avec ce mécanisme. Il vous sera facile de vous procurer une boite semblable chez les marchands de jouets, si vous voulez vous amuser et amuser les autres. »
L.es tours de i^obeiets. Les tours de gobelets sont de véritables tours de passe-passe, ce que nos aïeux appelaient des tours de gibecière, parce que les prestidigitateurs avaient toujours une gibecière pendue à leur côté, et que cette gibecière jouait un grand rôle dans les amusements qu'ils donnaient au public. Disons d'abqrd quel-
ques mots des instruments qu'on emploie dans ces tours» c'est-à-dire des gobelets et des balles , et de la manière de s'en servir.
Les gobelets doivent avoir généralement 7 centimètres (2 pouces 7 lignes) de hauteur, 6 centimètres 7 millimètres (2 pouces et demi) de largeur pour l'ouverture, et à peu près 3 centimètres (1 pouce 2 lignes) de largeur pour le fond , qui sera en forme de calotte renversée. Ils doivent avoir deux coi'dons ou petits bourrelets qui régnent tout autour, l*un par le bas, pour rendre les gobelets plus forts, l'autre un peu au-dessus du premier, pour empêcher que les gobelets ne tiennent ensemble quand on les met l'un dans l'autre. Ils sont faits ordinairement en ferblanc. Du reste, les dimensions que nous donnons ici ne sont pas rigoureusement exigées; ce qui importe, c'est que les gobelets ne soient pas trop grands , que le fond n'en soit pas trop petit, et qu'ils ne puissent pas s'attacher l'un à l'autre.
Les balles sont faites de lîége , un peu plus grosses qu'une noisette; on les passe à la flamme d'une bougie, et, quand elles sont noires, on les tourne dans les mains pour les arrondir le mieux possible.
On ne peut pas bien jouer des gobelets sans s'exercer d'abord à escamoter : c'est dans l'escamotage que réside la principale difficulté des tours. Pour escamoter, il faut prendre la balle avec le milieu du pouce et le bout du premier doigt, puis la faire rouler avec le pouce entre le second et le troisième doigt, où on la tient en serrant ces deux doigts, en ouvrant en même temps la main, et en tenant les doigts le plus étendus que Ton peut, afm de laisser croire qu'on n'a rien dans la main.
Lorsque vous voudrez mettre sous un gobelet la balle que vous avez escamotée, vous la ferez sortir d'entre vos deux doigts, en la poussant avec le second doigt dans le
troisième, et vous ploierez le troisième doigt pour la tenir; vous prendrez ensuite le gobelet par le bas, vous le lèverez en l'air, el en rabaissant aussitôt. vous glisserez la balle dedans. Enfin, jusqu'au moment où vos balles doivent paraître sur la table, vous les aurez en réserve, ^it dans votre poche, soit dans une gibecière qui est tout simplement un sac de toile.
Les tours de gobelets consistent en un assez grand nombre de passes. Nous ne pouvons pas les décrire toutes. Nous en choisirons trois ou quatre, les plus- simples et les plus faciles, pour qu'elles soient à la portée de nos jeunes lecteurs, qui pourront avoir quelquefois l'occasion d'exercer leur talent et de montrer leur adresse dans une réunion de parents et d'amis.
Première passe. Tirer une balle du bout de son, doigt^ mettre sov^ chaque gobelet une balle ^ et retirer les balles par le fond des gobelets^ ^ Pour exécuter ce tour, vous avez une balle entre les doigts de la main droite , vous touchez avec la baguette magique le doigt du milieu de la main gauche, en annonçant qu'il en va sortir une balle. Vous tirez alors votre doigt en le faisant claquer contre le pouce, et vous montrez la balle que vous tenez toute prête dans la main droite.
Vous faites semblant de jeter cette balle dans la main gauche et vous l'escamotez avec le second et le troisième doigt de la main droite. Gela fait, vous prenez de la main droite le premier gobelet à gauche, et, ouvrant la main gauche, vous passez aussitôt le gobelet dessus, comme s'il y avait une balle que vous entraîniez de dedans votre main jusque sur la table; et, afin qu'on ne s'aperçoive pas qu'il y a quelque chose dans votre main, vous devez,
1. Ces tours de gobelets sont extraits en partie d'un ouvrage d'Ozanam, intitulé : Récréations mathématiques et physiques^ édition de 1741.
en ouvrant la main, mettre le gobelet dessus pour faire croire que la balle est dessous.
Vous faites semblant de tirer une balle du bout d'un autre doigt, et vous m'entrez celle que vous avez entre les doigts; puis, faisant semblant de la jeter dans la main gauche, vous l'escamotez, et vous passez le second gobelet sur votre main, comme vous avez fait du premier. Enfin vous tirez une troisième balle d*un autre doigt, vous montrez celle que vous avez dans la main, et, après ravoir escamotée, vous faites semblant de la mettre sous le troisième gobelet, comme pour les deux autres.
Vous faites semblant de tirer une balle de dessous le premier gobelet et de la faire passer dans la main gauche, que vous fermez; puis ouvrant la main, vous dites : Cellelàf je renvoie en Vair, Aussitôt vous renversez le gobelet avec votre baguette, en disant : Messieurs, vom voyez qu'il n'y a rien dessous. Ensuite vous faites semblant de tirer la balle du second gobelet par le fond; vous montrez toujours en même temps celle que vous avez dans la main droite, et faisant semblant de la jeter dans la main gauche comme ci-dessus, vous dites : CeUe^là, je Venvoie aux Indes, et vous renversez le second gobelet pour montrer qu'il n*y a rien dessous. Vous faites de même pour le troisième, en envoyant la balle où il vous plaira.
Deuxième passe. Faire trois halles Su/ne seule, mettre v/ne halle sous chaque gohelety et faire trouver les trois halles sov>s le gobelet du milieu.
Au moment où vous commencez cette passe, vous devez avoir une balle dans votre main droite; vous faites semblant de la tirer du bout de l'un des doigts de votre main gauche , et , en la jetant sur la table, vous dites : Messieurs, je prends de ma poudre de perlinpinpin. Vous fouillez en môme temps dans votre poche ou dans votre gibecière, où vous prenez deux balles entre les doigts de
la main droite, et vous prononcez quelques mots bar* bares, tels que ceux-ci : Ocus bocus tempera bonus. Ensuite vous prenez la balle qui est sur la table, en disant : Celle-là est un peu trop grosse; vous faites semblant de la couper en deux avec la baguette magique, vous lâcbez une des deux balles que vous avez dans la main droite, pour qu'elle aille rejoindre celle que vous tenez de la main gauche , et vous les jetez toutes deux sur la table. Vous dites alors : En voUà encore v/ne qui est un peu trop grosse, et de celle-là vous en faites deux, comme il a été déjà dit, en jetant celle qui vous est restée dans la main droite.
Vous placez ces trois balles sur la table, une devant chaque gobelet. Alors faites semblant d'en mettre une sous le premier gobelet du côté de votre main gauche; couvrez ensuite la balle avec le second gobelet et, en la couvrant, faites-y entrer celle que vous avez fait semblant de mettre sous le premier gobelet. Enfin faites semblant de mettre la troisième balle sous le troisième gobelet à droite. Après cela vous dites : J'ordonne à la balle qui est sous le gobelet gaubhe (Palier avec celle qui est sous le gobelet du milieu, et, renversant du bout de la baguette le gobelet du milieu, vous montrez qu*il y a deux balles dessous. Alors vous recouvrez ces deux balles, et en les recouvrant vous y glissez celle que vous avez fait semblant de mettre sous le gobelet de droite, et vous dites en même temps : Par la vertu de ma poudre de perlinpinpin, les trois balles se trouveront sous le gobelet du milieu. Vous renversez seulement le gobelet du milieu, sous lequel se trouvent les trois balles.
Troisième passe. Ce tour doit être fait immédiatement après la deuxième passe, et consiste à/bire entrer les trois balles dans le gobelet de droite sans qu'on s*en aperçoive.
En cherchant la poudre de perlinpinpin comme dans
le tour précédent, vous prenez entre vos doigts une balle, et, après avoir renversé le gobelet du milieu, comme cela a été dit, vous levez les deux gobelets qui sont à droite et à gauche et vous les frappez l'un contre l'autre pour faire voir qu'il n'y a rien et que les balles sont passées sous le gobelet du milieu. Puis vous les rebaissez et en les rebaissant vous glissez sous celui de droite la balle que vous tenez dans la main. Vous prenez une autre balle avec laquelle vous frappez sous la table comme si vous vouliez la faire entrer dans le gobelet à travers la table. Vous découvrez ensuite le gobelet et on y trouve une balle; en le rebaissant, vous y glissez celle que vous avez fait semblant de faire passer à travers la table. Vous prenez une seconde balle sur la table, et, faisant semblant de la jeter contre le gobelet, comme pour la faire entrer à travers, vous l'escamotez, et vous découvrez le gobelet, où l'on est tout surpris de voir deux balles ; vous profitez du moment où vous le rebaissez pour y glisser la balle que vous avez escamotée. Vos trois balles sont déjà sous le gobelet, mais il faut donner le change aux spectateurs. Vous prenez donc une troisième balle sur la table et vous la jetez véritablement contre le gobelet, en disant : Celle-ci est honteusej il faut la faire entrer par-desseits la table. Vous la prenez et, après avoir frappé sous la table, vous l'escamotez. Vous renversez alors avec la baguette votre gobelet de droite, sous lequel se trouvent les trois balles sans qu'on en ait vu mettre aucune.
Quatrième passe. Faire passer une balle s(ms chacun
des trois gobelets.
Mettez trois balles dans votre main droite, une entre le pouce et le premier doigt , l'autre entre le premier et le deuxième , et la dernière entre le deuxième et le troisième. Frottez-vous les mains, frappez-les même l'une contre l'autre, pour laisser croire qu'il n'y a rien. Sou-
levez alors le premier gobelet, faites voir qu*il n'y a riei dessous, et glissez-y adroitement la balle qui est entre le deuxième et le troisième doigt, mais en ayant soin d*abord de la faire couler dans le troisième doigt , afin de la mettre plus facilenient sous le gobelet. Procédez exactement de la même manière pour le second et le troisième gobelet, en faisant passer successivement au troisième doigt les deux balles que vous tenez encore dans la main , et en les glissant Tune sous le deuxième gobelet, l'autre sous le troisième. Levez alors les trois gobelets l'un après l'autre, et faites voir k la société qu'il y a une balle sous chacun d'eux.
Ce sera ici notre dernier exercice, et la fin de notre travail; travail qui nous a rappelé plus d'une fois le temps que nous avons "passé au milieu des enfants , assistant tour à tour à leurs études et à leurs jeux. Nous nous estimerons heureux si, après avoir consacré vingt ans de notre vie à les instruire, nous avons trouvé le moyen de les amuser pendant une heure.