SCÈNE 9me
Les précédents, Nunziante,
Lx Rol. (Allant à Nunziante et lui remettant la lettre. ) Général ! Vous êtes père ! Vous êtes époux | Vous saurez jour ce que c’est, de quitter sa femme et ses enfants |. rez moi que cette lettre sera remise | NUNZIANTE ( à travers les sanglots. } Sur mes épaulettes | Sur mon honneur. Sire | de le jure.
LE Ror.
Allons | Allons! Général, du courage nous sommes Idats, nous savons ce que c’est que la mort! .. Uue ule grâce. Vous me laisserez commander mon feu, n'estpas ? | Nunziante ( très ému. )
Cette triste faveur vous est accordée, Sire | SCÈNE 10e.
Les précédents, le rapporteur et gardes, les gardes por-
tent les armes pendant la lecture de l'arrêt, tous les autre sont découverts, la tête basse et dans l’attitude de la plu grande douleur. )
Le Roi ( au rapporteur, les bras croisés. )
Ah ! vous venez me lire ma sentence ? Lisez Monsieur, lisez, je vous écoute.
Le rapporteur ( lit. )
La commisrion militaire assemblée en conseil ce dit jour : 13 Octobre r815 à l'effet de juger l'ex. Roi Joachim Murat, déclaré comme ennemi public, a prononcé la sentence de mort à la majorité des voix moins une. Il ne sera accordé au comdamné qu’une demi heure pour recevoir les secours de la Religion.
AU PIZZO, 13 Octobre 1815.
Les membres de la commission. . " Le Roi ( se tournant vers Nunziante, )
Général ! Croyez bien que je sépare dans mon esprit l'instrument qui me frappe de la main qui le dirige; je n'aurais pas crû que Ferdinand m'’eut fait fusillé comme un chien il ne recule pas devant cette infâmie, c’est bien, n’en parlons plus j'ai récusé mes juges mais non pas mes bourreaux ! .,., Quelle heure fixez-vous pour mon exécution P
Nunziante ( accablé. )
Fixez la vous même, Sire
Le Roi ( iltire sa montre, mais c’est le portrait de sa femme qui se présente. ) ( il le montre à Nunziante.) Tenez, Général, c’est le portrait de la Reïne, n'est-ce pas qu'il est bien ressemblant ?
( Le général détourne la tête en pleurant.et le Roi remet sa montre dans son gousset, )
Le Rapporteur Et bien ? Sire, quelle heure fixez-vous ?
Le Roi ( Souriant, ) Ah! c’est vrai, j'avais oublié en voyant le portrait de
Caroline ( il tire denouveau sa montre. ) Ilest trois heures passées, ce sera pour quatre heures, c’est cinquante minutes que je vous demande... Est-ce trop, Monsieur ?
( Le rapporteur. sincline et sort avec le capitaine Stralté qui met son mouchoir sur les yeux, )
Le Roi « arretant Nünziante qui va pour sortir. } Ne vous verrai-je plus, Nunziante ?
Nunziante. ( avec douleur. )
Sire, mes ordres m'engagent d'assister à votre mort mais je n’en aurai pas la force !
LE Roi.
C'est bien, c'est bien, mon vieux camarade, je vous dispense d’être là au dernier moment maïs je tiens a vous dire adieu encore une fois et vous embrasser.
NUNZIANTE
Je me trouverai ici, Sire, je vous reverrai.
LE Roi.
Merci, Général, Merci, maintenant veullez me laisser seul.
Nunziante ( regardant à droite. )
Sire ! IF y a la un prêtre, consentez-vous à le recevoir ? LE Ror.
Un prêtre 1... Oui faites le entrer.
Nunziante ( introduit le prêtre et sort. ) SCÈNE 11e.
Le Roi ; Dom Antonio de Masdeo.
Le Roi ( sévèrement. ) Que venez-vous faire ici ?
Dom ANTONIO.
Vous demander, Sire, si vous voulez mourir en chrétien ?
Le Roi ( De même. )
Je mourrai en soldat ! Laissez moi.
( le prêtre reste les bras croisés. )
LE Roi.
Ne m'’avez-vous pas entendu ?
Dom ANTONIO.
Pardonnez-moi, Sire, mais parmettez moi de croire que ce n’est pas votre dernier mot. Ce n'est pas la première fois que je parle à votre Majssté, ce n’est pas la première fois que je vous implor,e je vous ai demandé déjà une grâce, Sire, et vous me l’avez accordée.
LE Rot.
Et laquelle done ?
Dom ANTONIO.
Lorsque votre Majesté vint au Pizzo en 1810 avec la Reine, je demandai 25,000 francs pour relever notre Eglise et vous m'en fites donner 50,000.
Le Roi ( souriant ) C'est que je prévoyais que j’y serais enterré ! Dom Antonio ( avec âme. J
Eh bien ? Sire, j'aime à croire que vous ne me refuserez pas plus ma seconde prière, que vous n’avez refusé la première ! Sirel Je vous le demande à genoux (il tombe à
genoux tire un crucifix desa poitrine }) Sirei Mourez en chrétien !
| Le Roi ( attendri, ) Cela vous ferait donc bien plaisir, mon père ? Dom Antonio { se relevant et avec âme. )
Sire ! Je donnerais avec joie le peu de jours qui me restent à passer sur la terre pour obtenir de Dieu que son esprit saint vous visitât à votre dernière heure ? ! !!
LE Ror * Eh bien, mon père, qu’il soit fait selon votre désir !.…
Ecoutez ma confession. ( Le Roi s’agenouille, ‘le Prêtre étend sur lui ses mains pour le bénir, il semble prier, il lui fait baiser le crucifix. Le Roi se lève. )
Dom ANTONIO.
Sire ! Me donnerez vous une attestation que vous mourez dans la religion catholique.
LE Roi.
De tout mon cœur, mon père, ( il va à la table et écrit et lit le papier en le donnant au prêtre. ) « Moi Joachim « Murat, Roi des deux siciles je meurs en chrétien, croyant «avec foi à la Religion catholique, apostolique et Romaine’ maintenant, mon père, si vous avez une troisième grâce à me demander, hâtez-vous car dans quelques minutes il ne sera plus temps.
Dom ANToNro.
Tout est fini, Sire ! Je suis heureux ! Adieu mon fils je vais prier pour vous !
( Le Roi lui prend la main le prêtre sort )