‹ Jobin et Nanette comédievaudeville en un acteChapitre 10 sur 16 · JOBIN ET MANETTE · texte numérisé non relu

JOBIN ET MANETTE

JOBIN

Ficho-moi la paix, toi!

N.ANETTB, ô part.

J’étais sôro qu’il me saboulerait...

jobin , lui montrant le papier.

Sais-tu ce qu'il y a là-dessus, loi?

MANETTE

M’sieu sait bien quo je no sais pas lire,..

JOBIN

Tu l’as jamais montre h personno, co papier?

NANRTTB.

Non, m’sicu, puisque j’ai oublié... (Jobin se détourne et se I dispose à déchirer le papier.)

jobin, à part.

Oh ! non, ce serait mal... ça serait abominable!... Ha!tc-là f !

Jobin . tu poux t ôtro un pas grand chose, mais pas devenir un rien du tout... Réfléchis-y, réfléchis-y!.. (.Varc/ian< r) grands pa«.J I rends ton parti gaiement... ris-en, ris-en!... (5Wv<jft*.) ,

Allons! cesir’gal, c’est tannant ! ça vous casse bras et jambes !

Une coquine, une gueuse qui mo mine !...

NANETTE

A qui vous en avez donc ?

jobin.

C’est à vous quo mon oncle laisse tons ses biens... co papier c est son testament... r

MANETTE

Co papier-là?

Comme si tu le savais pas !

MANETTE

Oh î mais c’est-il vrai co que vous dites ?.. c'est pas possible ! Ou c est donc bête do se moquer connue ça du monde !

JOBIN

yuand je vous disque c’csl vrai !

Manette.

Vrai!.., Ah! mon Dieu! mon Dien!... ça fait dn bien, et puis ça fait du mal! (Elle saule gaiement.) Je suis riche! v’iè tout qu est à moi! v’Ià tout qu’est à moi !... (A part.) Qu’est-ce que je dis donc !... Grosse bôte, va ! est-ce quo ça ^appartient?

JOBIN. S

Ce testament portez-lo chez le notaire... jo vous conseille de ne pas le perdre en route.

MANETTE

Et si je le perdais ?

jobin.

Ce serait tant pire pour vous.

MANETTE

Pourquoi ? .

joiWn.

Parceque c’est moi qui hériterais!

nanette.

Et si je le déchirais c’ost-il comme

si q^e je lo perdais ?

Pardine i

MANETTE, à part.

Je m'aurais Pair d’une voleuse dit bien d'autrui... ( Haut et dé ■ I chtrant le papier.) Le v la déchiré, c’est pas plus malin que ça ! j jobin.

Qu’ost-ceque tous faites donc? (7V.,-^iiiu.) Moi qui la crovais I intéressée, moi qui croyais... tandis qu’au contraire... tlls'essuyr les yeiuc.) Ah ! gredin quo je suis !.. c’est ello qu’a soigné , mon pauv onclo... pendant quo jo faisais pâlies ailleurs... Cost elle qui... brave fille, va! (se donnant un coup de poing) canaille mn,yL r< Jvf gS , e , U \ p 0rMaar du Moment et les remet dans la , y J accopto P® 9 T0lr 0 sacrifice, mam’zeUo Nanette... tout est à vous,

MANETTE

Mais non, tout est à vous !

jobin.

Mais non, tout ett à vous t

NANETTE

pourquoi quo vous ne mo tutoyer plus?

jobin, picorai f.

jobin, id .

parceque... vous ôtes une brave et bonne fille, et moi jen’snif qu un mauvais sujet... et dire que je vous accusais ! (5e donnanl tm coup de pmng. — Haut.) Mon onclo a bien fait do me déshériter... le magot vous revient, gardez-lo... et la maison, et la ferme, cl le petit bois, et tout lo reste... c’ost bien à vous !... Moi, me v là Gros-Jean, comme devant... Il y a une chanson là-dessus... (Fredonnant.)

v Jobin «'en alla eomma il luit vonu. a

le mets Jobin; il y a Jean dans la chanson... ça no fait rien... bonsoir ! (Il prend son chapeau.)

nanette.

Où que vous allez?

JOBIN

Jo sais pas, chez mon ancien maître; mais jo crois pas qu’il mo reprenne... j’y ai fait les quatre cent quatre-vingt dix-neul coups...

MANETTE

Pourquoi?

JOBIN

Pétais riche, jo croyais du moins... Ah! tenez, si vous vouliez me rendre un tomeuxservico, ça serait de mo prendre au vôtre. NANETTE.

Comment ?

JOBIN

Je dis... si c’était un effet de votre part, dq mo garder pour vous servir...

I NANETTE

Hein?

JOBIN

Pour vous servir 1

; manette, riant.

. Ah t ah I ah !

' JOBIN

D’abord, jqsuis honnête homme, j’ai jamais fait de tort à personne... jo vous servirai bien, niiez !

„ NANETTE

"Si vous voulez absolument être mon domestique, vous Clos lo maître... je no peux pas vous empêcher d’ùlro valet chez vous.

% JOBIN

Alors v’ià qu^|t convenu ! jo resterai pour vous servir, cl vous vous serez Iqjjiîaltresse..., Pour commencer jo vas mettre la lubie, c’est vous qui mangerez le canard... Allez passer votre robe des dimanches !

j ’ NANETTE.

Ma robe des dimanches !

JOBIN

Et tenez, ces affuquiaux-là, c’est à vous... je les avais achetés pourSuzon... (A part.) Canaille, va!

nanette, à part.

Jo serai plus gentille qu’ello... j’aurai l’air plus bravo qu’elle et ello ragera !

Air :

ntm.

Ailes roeltr’ tout ça t

Manuel)’ Nanett’, comn' roua a'rea belle!

■AIURTB.

Suzon enrag’ra,

Car jt aérai plu* gcntill 1 qu’clla!

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