‹ Jocelin le gardecote drame en cinq actesChapitre 39 sur 100 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

LES MÊMES, SERVIËRES \

Arrivez, mon cher, arrivez...

SERVIÈRES, saluant.

Madame , permettez que je me félicite de l’honneur qui m’est accordé.

LA COMTESSE

Monsieur le chevalier, soyez le bienvenu chez des amis.

SERVIÈRES , à part.

C’est étrange I les traits de la comtesse ne me sont pas in* connus.

l’amiral.

Le chevalier qui aime assez à courir le monde ; et que je savais à la Havane, est venu ici sur mon invitation. (Mouvement delà comtesse.) Oui, Madame, il est temps que je vous fasse part de toutes mes idées; et d’abord, vous saurez les obligations

S ue j’ai contractées envers ce gentilhomme ; il y a quelque ix-huit ans, nous nous rencontrâmes dans l’lle de Minorque, où il venait rétablir sa fortune ; je n’étais alors que capitaine; j’avais livré combat à un corsaire; frappé d’un coup de feu dans la poitrine, j’avais été transporté à terre, et je courais risque d’y rester, sans l’habileté du chevalier.

LA COMTESSE

Comment I ce fut monsieur...

l’amiral.

Qui sauva votre futur mari ; car il avait de grandes connaissances en chirurgie.

Je venais d’achever quelques études... et je fus bien heureux alors d’en faire un pareil usage.

* Servières, l'Amiral, la Comtesse.

l'amiral.

C’est de ce jour, morbleu, que date notre liaison ; et nous nous sommes juré amitié...

Sur terre et sur mer...

l’amiral.

Voilà le compagnon qu’il me faut... Je l’ai installé à Saint- Vincent, en attendant qu’il soit tout à fait notre commensal... car voici mon projet... G’est un gentilhomme d’un rare mérite... d’un beau nom, d’une fortune convenable... ; et puisque le bonheur veut qu’il soit encore garçon, j’ai résolu de faire de lui... Vous ne devinez pas?...

LA COMTESSE

Non.

l’amiral.

Eh bien, mon neveu.

Votre neveu?

l’amiral.

Sans doute ; je lui ferai épouser notre nièce Clotilde, il fera ma partie detnc-trac, en me rappelant mille anecdotes des pays que nous avons visités... car c'est un conteur... Eli bien, qu’est-ce que vous dites de cela?

la comtesse.

Vous me permettrez, mon ami, de consulter d’abord les dispositions de ma nièce.

l’amiral.

Au fait, j’oubliais de vous dire, mon cher chevalier, qu’ici ce sont les femmes qui gouvernent... Vous saurez que ma sœur, à moi, a jugé à propos de confier à Madame la tutelle de sa fille ; c’est donc à la comtesse que vous devez faire votre cour*.

Si mon profond respect, Madame, et le désir d’entrer dans une famille si honorable vous paraissentdes titres suffisants...

LA COMTESSE

Vous en avez déjà à notre reconnaissance. Monsieur. .

Je viens d’apercevoir mademoiselle Clotilde dans le jardin... Elle m’a paru charmante.

* L’amiral, Servièrci, la Comtesse.

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