SCÈNE III
SERVIÈRES, seul.
Et le pèreaussi qui se mêle de protéger cet amour 1 Eh bien, à la bonne heure I Je soutiendrai la lutte contre tout le monde, et j’aurai recours aux grands moyens... où en serai-je pourtant sans le hasard qui m’a rendu maître d’un secret d’où dépendent l’honneur et la vie d’une femme ! C’est qu’il était temps... (Prenant un portefeuille dans un tiroir.) Errant de Colonie en colonie pour échapper à mes créanciers et à ces criards qui se prétendent mes dupes , je n’avais plus , pour soutenir mon. nom , mon luxe , et enfin toute une existence d’emprunt , qu’une trentaine de mille livres, soustraites à grand peine à ces harpies. Mais qu’était-ce que cette chétive somme ? Heureusement j’ai un autre trésor, (il montre le portefeuille.) Voyez la bizarrerie de la fortune... Ces papiers que j’avais pris négligemment comme des chiffons sans valeur, sont devenus des titres inestimables!... C’est une apostille toute-puissante à ma demande en mariage, c’est un talisman qui me vaudra votre soumission, madame la comtesse... Elle qui se montrait si hère ce matin, je la vois toute tremblante, s’échappant furtivement de l’habitation conjugale, craignant de marquer ses pas sur le sable, et s’acheminant vers celui qu’elle déteste, car elle est forcée de m’obéir... Qu’elle vienne donc!... Mais
3 ue dis-je , je crois. Dieu me pardonne, que j’oublie mon rôle e galant chevalier... Allons a sa rencontre... Je ne veux pas l’effrayer avant qu’il en soit temps, (il va pour sortir.)