‹ Jocelin le gardecote drame en cinq actesChapitre 73 sur 100 · LA COMTESSE, CLOTILDE · texte numérisé non relu

LA COMTESSE, CLOTILDE

CLOTILDE, écoute à la porte du cabinet de l’amiral, à droite. La comtesse entre toute pensive; arrivée au milieu du théâtre, elle aperçoit Clotilde.

Clotilde !

CLOTILDE, effrayée.

Ma tante?...

LA COMTESSE

Que fais-tu là?

ppOT|LDR.

Pardon... ma tante... Je voulais savoir si monsieur Édouard était encore dans le cabinet de mon oncle.

LA COMTESSE

Non, mon enfant, il a été conduit dans le petit pavillon.

CLOTILDE

Prisonnier?

JOCELIN LE G Alt DE-COTE. '

LA COMTESSE

Oui, prisonnier! et ton oncle, quand il le voudrait maintetenant, ne pourrait le soustraire à ses juges.

CLOTII.DE.

Mais il n’est pas coypable, ma tante, il ne peut pas l’être...

LA COMTESSE

Dieu le veuille, mon enfant! oui, Dieu veuille qu’il puisse prouver son innocence I

CLOTILDE

Tu en doutes?

LA COMTESSE

Ah ! je m’y perds ! car depuis ce moment fatal, je n'ai pas d’autres pensées; il y a des instants où je dis comme toi, qu’il est impossible qu’Édouard, ce jeune homme si noble, si loyal, ait eu même l’idée d’une action si honteuse!...

CLOTILDE

Oh non !... jamais ! jamais !

LA COMTESSB.

Mais, hélas! quand je songe à son trouble... à ses paroles vagues... incohérentes... au -moment même où il avait sur lui les valeurs soustraites...

CLOTILDE

Ah! ne prononce pas ce mot-là...

LA COMTESSE

Pauvre enfant! si tu avais été là, tu aurais vu comme moi son embarras devant ton oncle, comme moi, tu aurais entendu ses aveux, ses aveux mêlés pourtant de tant; de fierté et de résignation!

CLOTILDE

Ah! j’aurais vu, j’aurais entendu, que mon cœur se révolterait encore et rejetterait ces témoignages... il en est un plus sûr, c’est son àme si généreuse... Il détestait M. de Servières, et moi aussi, j’aurais compris que dans sa colère, il l’eût attaqué... mais le voler bassement, lâchement! non, matante, non... cela encore, l’eussé-je vu de mes propres yeux... je dirais toujours non, mes yeux m’ont trompée, ce n’est pas lui, ce ne peut être lui!

LA COMTESSE, l’embrassant avec effusion.

Chère enfant!...

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