LA COMTESSE, ÉDOUARD
ÉDOUARD
Ah! ma mère 1 ai-je bien compris? c’est vous qui m’avez fait ouvrir ma prison ?... Mais que voulez-vous de moi ?
LA COMTESSE
Te sauver, Édouard, tout est préparé pour ta fuite.
ÉDOUARD
Fuir !
LÀ COMTESSE
Noble et cher enfant, va, je t’aurais sauvé au péril de mes jours, avant même de savoir que tu étais mon fils! ô mon Dieu! pendant des mois, des années, j’étais près de mon enfant, et je l’ignorais! et maintenant, quand je le retrouve,
quand je puis le serrer dans mes bras, il faut que je me sépare de lui ! eh bien ! oui ; ta vie m’est trop précieuse , mon cher enfant, mon unique bonheur, pour que je te permette de l’exposer imprudemment. C’est pour cela que je veux que tu partes à l’instant même. J’ai le droit d’ordonner; tu le sais maintenant; j’ai fait chercher Van Broust... il te rejoindra... il veillera sur toi.
ÉDOUARD
Mais pourquoi ce départ précipité?
LA COMTESSE
Pour te mettre à l’abri de la colère du comte.
ÉDOUARD
Je vous devine, ma mère; dès que je serai parti , vous avouerez tout pour me justifier, vous attirerez sur vous la vengeance de l’amiral... Vous seriez prête à vous dévouer pour moi... Jamais, ma mère, jamais!