SCÈNE
Salomé, seule.
SALOMÉ. — Et voilà, chuis encore toute seule ! Et pourquoi ? Parce que chuis Salomé la rousse. C’est pourtant une belle couleur, le rouge. Les plus belles fleurs, c’est les roses et les roses, c’est rouge. Ce qu’y a de plus beau dans la nature, c’est l’aurore et elle s’annonce par le plus beau rouge qui soit. Les nuages, c’est sûrement pas une belle invention. Eh bien même les nuages sont beaux, quand ils sont rouges comme le feu au soleil couchant. C’est pour ça que je dis : çui qu’aime pas le rouge, il sait pas ce qui est beau ! Mais à quoi bon tout ça, ‘toute façon, y a personne pour m’emmener à la kermesse... Je pourrais y aller toute seule. mais les filles vont encore se moquer de moi, rire et jacasser. Je retourne auprès de mes oies. Elles jacassent pas par méchanceté quand elles me voient et quand je leur donne à manger, elles regardent mes mains, pas ma tête.
Elle sort à l’avant-scène, à droite.