‹ Joies du plein airChapitre 19 sur 22 · V. — HYGIÈNE DU TERRAIN · texte numérisé non relu

V. — HYGIÈNE DU TERRAIN

Jadis on se battait au petit jour, ce qui exposait les combattants à tomber de sommeil sur le terrain; comme la chute ne produisait ordinairement pas de lésions assez graves pour satisfaire l’honneur, on a renoncé à cette coutume aussi barbare qu'inutile, et les duels ont généralement lieu l’après-midi.

Déjeuner sobrement, mais d’une façon substantielle : éviter l’abus des alcools ainsi que celui des larineux, qui pourraient donner lieu à des écarts de tenue déplorables.

En montant dans le landau, remettre gravement un pli cacheté au premier témoin en lui disant d’une voix forte : « Ceci est mon testament! » Ne considérez pas comme indispensable

que le testament s’ÿ trouve réellement, — on a si peu de temps ù soi, — mais cela donne toujours une haute idée de vos habitudes d’ordre, et il peut quelquefois en résulter un beau mariage.

Quand vous mettez bas la redingote et le gilet, abstenez-vous d'en retirer votre portefeuille et votre montre pour les donner à l’iin de vos

témoins en jetant un regard de méfiance sur ceux de votre adversaire; ce jeu de physionomie serait du plus mauvais goût.

Il est horriblement rococo d’obliger les combattants il quitter leur chemise, surtout pour une rencontre au pistolet ; l’absence de ce léger voile les expose au rhume de cerveau, voire au ridicule, si par hasard ils ont îles tatouages indécents sur le creux de l'estomac.

Les adversaires doivent dire placés ■ a égale distance I un de l'autre n, comme l’a dit un romancier célèbre; le signal des hostilités est donné par le commandement : « Allez, messieurs! • Dès cet instant l’alfairc rentre dam les conditions ordinaires de l'escrime des salles d’arme», jusqu'il la minute suprême od jaillit la goutte de sang indispensable il la satisfaction de l'honneur.

Dans un duel au premier sang, le saignement de nez peut il la rigueur être considéré comme une satisfaction suffisante. Il en est de même du coup de sang.

Les mlvcrsaircs ont le devoir d’obéir immédiatement aux injonctions du témoin chargé de diriger le combat; en aucun cas, ils ne doivent se servir de leurs armes contre lui.

Quand il n’est pas fait mention des corps ii corps au procès-verbal de rencontre, le directeur du combat apprécie seul l’opportunité de les tolé- |

rer; s il se produit que l’ardeur de la lutte amène les combattants nez a nez, ceux-ci feraient preuve d'un goût douteux en cherchant à se le manger.

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