PRIÈRE DE L'HEURE TRISTE
Frôleurs qui berceront Son âme à l'heure triste.
Très triste où dans l'àme du Poète persiste
Le nostalgique ennui de l'amour qui le grise. —
O Femmes qu'à genoux jadis il supplia, Fleurs de rêve, pour dissiper Sa brume grise, Pour embaumer Ses vers, O DATE LILIA, Des Lys.
ENVOI
.4 M. André 'Ihcurict en lui envovant Fleurs- Je Nciffe.
O poète charmeur des tièdes bucoliques, Vous nous avez chanté les forêts endeuillées Et l'attendrissement juvénile des feuillées Qui palpitent sur les amants mélancoliques.
Et vous avez tressé vos strophes en vers simples. Clairs et souples, marchant a des allures franches. Sans fard ni pourpre, avec le rire de dents blanches Des fillettes qui vont au bois cueillir les simples.
48 ENVOI
Or je viens, moi, le renégat de la nature Dont l'air de soleil et d'ivresse nous sature, Non repentant, vous confesser mon sacrilège.
Soyez bon, Maître^ et parcourez sans amertume Ce coin de parc où mes stériles « Fleurs de Neige » Fresques indécises se profilent dans la brume.
LES RKPENTAxNCES
A mon sang j'ai verse les ivresses charnelles; J'ai laissé dans mon cœur croître les Fleurs du M:il Et quand je m'éveillai de leur songe aromal, L'abyine m'englouiii qui se trouvait en Elles.
Tout éperdu du fauve éclat de leurs prunelles, .l'ai roulé dans l'oubli du plaisir animal. — l>e temps a lui. Voici venir l'hiver brumal : .le me meurs d'avoir cru les Femmes éternelles.
5o LES REPENTANCES.
11 ne me reste plus que les ardents regrets De mes folles amours et de l'heur que j'aurais Si J'avais épousé la Beauté sans vieillesse.
Et maintenant, pécheur soumis et repentant, Comme aux jours d'autrefois devant vous je m'abaisse Souvenez-vous, Seigneur, des prières d'antan.