‹ Joies grises. Préf. de Georges RodenbachChapitre 30 sur 62 · GRELOTS D OR · texte numérisé non relu

GRELOTS D OR

Une longue rumeur s'envole du lointain; Les forets et les champs s'emplissent de murmures Et, fuyant a travers le rose du matin. Grêles et déroulant leur rosaire argentin, I D'agrestes carillons étreignent les ramures

Et baiiînent les buissons où rougissent les mures.

Le soleil est joyeux et les fraises sont mûres Et Tété va venir et l'hiver est lointain.

yS GRELOTS D'OR.

Et les oiseaux qui font l'amour dans les ramures, Et les chênes pensifs, et les vagues murmures Des roseaux se penchant au miroir argentin Des sources, chantent tous le radieux matin.

Puisque notre vie est encor à son matin,

Soyons en fleurs comme elle, allons cueillir les mûres,

Allons semer aux bois notre rire argentin,

Et l'on nous entendra courir par le lointain;

Pour nous s'épaissiront les fourrés; les ramures

Des arbres causeront avec de doux murmures :

« O jeunes fiancés, enfants dont les murmures « D'amour, frais et vermeils comme un dieu du matins « Font frémir les muguets et les grandes ramures, « Quand les frêles mûriers auront perdu leurs mûre,

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