‹ Joies grises. Préf. de Georges RodenbachChapitre 33 sur 62 · LYS D'AUTOMNE · texte numérisé non relu

LYS D'AUTOMNE

Jette son jour blafard sous les rideaux mi-clos, Et qu'en l'obscurité brillent les bibelots; C'est un livre froissé par une main mignonne, C'est le feu qui poursuit sa chanson monotone.

Et pendant qu'au dehors la rue est monotone,

On écoute les mots sur vos lèvres éclos,

On songe aux yeux profonds d'une ondine mignonne,

On sent revivre en soi tous les amours d'automne.

Et jetant des regards vagues aux bibelots

On rêve d'un grand Lvs et d'un grand Lys mi-clos.

Je le révais croissant dans un jardin mi-clos Par des rosiers lointains en ligne monotone, Et des anges comme on en voit en bibelots, Penchés, cueillaient des fleurs aux massifs frais éclos ;

LYS n'AUTOMNK. 83

Ils avaient la douceur qu'a la première automne. Et portaient l'auréole à leur tête mignonne.

Toute blanche, la Fleur sur sa tige mignonne

Abandonnait au vent ses pe'tales mi-clos.

Et parfumait TEden plein de senteurs d'automne

Avec sa chasteté divine et monotone...

Puis tout a fui, le Lys et les rosiers cclos;

Mon rêve s'est perdu parmi les bibelots.

— Une calme lueur frôle les bibelots

Du boudoir, la lueur de la lampe mignonne.

Ils sont vite fanés, tous mes désirs éclos;

Malgré la lueur rose et les volets mi-clos.

.Te me souviens combien la Vie est monotone.

Et mon cceur s'est empli des tristesses d'automne.

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