‹ Joies grises. Préf. de Georges RodenbachChapitre 55 sur 62 · LES CYGNES BLANCS · texte numérisé non relu

LES CYGNES BLANCS

Pour Albreclit Meiidcls&ohn-liartlioldy.

Les cygnes blancs s'en vont sur Tonde claire, Deux a deux, comme les vierges aux Fèies-Dieu. Et les bambous géants contient au fleuve bleu :

« Ils se sont faits beaux pour nous plaire. »

Les nymphéas, pleins d'une jalouse colère.

Ont frissonne dans l'ombre en s'entr'ouvrant un peu

Les cygnes blancs s'en vont sur l'onde claire. Deux a deux, comme les vieryes aux Fèies-Dieu.

i56 LES CYGNES BLANCS.

Et dans le tronc moussu de l'aune séculaire On croirait entendre un mélancolique aveu D'amour... Le soleil sombre en une mer de feu, Et deux à deux, dans la brume crépusculaire,

Les cygnes blancs s'en vont sur l'onde claire.

Rheinfelden, 1890.

NOCTURNK

Le parc exhale sa mer-ancolie

Au clair de lune indolent et charmeur ;

Le vent de nuit e'iargit sa rumeur

Sous les grands pins où tremble l'ancolie

Et de sa voix mvstique et qui supplie Egrenant un lent rosaire endormeur.

Le parc exhale sa mer-ancolie Au clair de lune indolent et charmeur.

i58 NOCTURNE.

Dans l'étang pâle d'opale polie Le jet d'eau sanglote en un ton mineur, — Plainte d'un ancien amour qui se meurt, Et plein d'aveux que le vent multiplie Le parc exhale sa mer-ancolie.

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