‹ Joliette illustreChapitre 1 sur 64 · PUBLIÉ PAR · texte numérisé non relu

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ALyBE)PvT OE)F(VAI$, UihtàiteAmp tuteur.

Lr'HON. B. JOLIETTE,

Membre du Conseil Législatif, Fondateur de la Ville de Joliette et du chemin de fer de l'Industrie

NÉ EN 1789, DÉCÉDÉ EN 1850. ' ff)

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Imp. de» Presses & Tapeur de l'Etoili t>v Noed, Joliette,

QiT(qliai\ ternaire.

Joliette, jolie ville, pense l'étranger en entendant ce nom et la vue de Joliette confirme cette impression.

Marseille, le grand port de commerce Français sur la Méditerranée, a son quai de la Joliette.

Le Canada, lui, a Joliette.

Joliette, de par Barthélémy Joliette, son fondateur, et déjà Joliette fête son cinquantenaire.

Que de chemin parcouru, que de résultats obtenus pendant cette courte période.

En 1843, il y a cinquante ans, les premiers établissements fondés par l'Honorable Barthélémy Joliette,sur les bords charmants de la Rivière l'Assomption, furent érigés en paroisse canonique sous le vocable de St-Charles Borromée.

Le Eévd M. Neyron en fut nommé curé.

11 ya donc cinquante ans que dans l'église construite par les soins et sous la conduite du dévoué fondateur, puissamment secondé par La générosité de la famille seigneuriale DeLanaudière et par le pieux dévouement def premiers habitants de cette localité, fut célébrée la première messe en présence d'une foule émue accourue des localités voisines.

Il y a cinquante ans, et la foi chrétienne, source de toute prospérité, est restée aussi vivace qu'aux premiers jours.

Appelons donc ce joyeux anniversaire les noces d'or de Joliette et de la paroisse de St-< îharles Borromée.

L'humble colonie de 184;! s'est rapidement développée, elle s'est agrandie, elle s'est transformée.

La colonie a fait place à la mission, la mission a été remplacée à son tour par la paroisse.

Plus tard au milieu de la paroisse surgit le village de l'Industrie, nom prédestiné faisant déjà deviner les destinées de Joliette qui parmi ses enfants compte tant de citoyens qui dans le clergé, les carrières libérales, l'industrie, le commerce, ont su marquer leur place.

A ce sujet, qu'il me soit permis, au risque de blesser sa modestie, de féliciter M. A. Gervaisde son initiative, de sa hardiesse, de son intelligence, de son patriotisme.

En faisant paraître Joliette Illustré, cette page commémorative () de cette première période de oin-

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quante ans, de cette première étape dans la voie du succès, M. A.

Gervais fait œuvre de bon citoyen.

Je dirai plus, il honore Joliette, il l'élève au point de vue industriel et tel grand imprimeur serait fier de voir sortir de ses presses une œuvre aussi essentiellement artistique.

Félicitons M. A. Gervais, félicitons M. J. U. Gervais, son frère, qui grâce à de constants efforts a vu se développer à ce point son commerce de tabac Canadien qu'il se voit aujourd'hui dans la nécessité de construire une manufacture, la deuxième de la ville. Il va contribuer à la prospérité de la ville a l'instar de " La Compagnie à bois de Joliette ", de la Fonderie, des Moulins à farine, de la Manufacture de biscuit, de la fabrique d'instruments aratoires, des carrières, et de la " Brasserie de Joliette, "

Le village de l'Industrie était créé.

Le reste; était facile et les idées de progrès que les exemples et le dévouement des fondateurs avaient inspirées à ses habitants devenus plus nombreux, plus riches et plus forts, les engagèrent à transformer le village en ville, et un acte du parlement provincial du Canada- Uni passé en 1863, incorporait l'entreprenant village sous le nom riant et coquet de la ville de Joliette.

Nom heureux, car il est plus qu'un titre, mot glorieux, car il esl à la fois une page de l'histoire de Joliette et l'épigraphe d'un monument.

Les événements qui se sont accomplis durant, ces cinquante années sont déjà loin de nous; il reste aujourd'hu bien peu de témoins des premiers commencements de notre paroisse et de notre ville.

Les hommes et les choses disparaissent rapidement et la faux destructive du temps efface tout, même les souvenirs qui devraient rester le plus profondément gravés dans notre mémoire.

Tout lasse, tout passe, tout casse, dit la maxime philosophique.

Est-il rien de plus vrai ?

Grâce à Joliette Illustré une lacune est comblée et la génération actuelle, qui ignore ou qui a oublié plusieurs de ces événements qui doivent l'intéresser, apprendra les noms de plusieurs personnages, qui, par leur zèle, leur dévouement à la cause commune, ont largement contribué à l'œuvre toute patriotique

de Barthélémy Joliette et de la famille DeLanaudière.

Chacun, dans la sphère d'action où la Providence l'avait placé, a vaillamment travaillé pour le développement de la paroisse, de la ville.

Qui peut avoir oublié le sage et regretté Messire Antoine Manseau, l'infatigable Père P. I). La joie, qui ne connaît le zélé Messire P.

Beaudry, ces dévoués curés qui ont été successivement les pasteurs de cette paroisse, hommes de devoir au plus haut degré qui n'ont cessé de travailler non seulement au bien moral, mais encore; au bien être social de leurs paroissiens.

D'autres, dans l'ordre purement civil, ont laissé à la ville et à la paroisse des exemples tout-à-fait précieux de désintéressement, d'amour du pays, d'esprit d'entreprise, d'idées de progrès, prêchant la bonne

entente, l'union de toutes les lionnes volontés mises au service de la chose publique.

Qui n'a entendu parler des bons citoyens dont Joliette s'honore à bon droit, de M. Gaspard de Lanaudière, des docteurs Leodel B. H.

Leprohon, Antoine Voyer ; de MM.

Edouard Scallon, Chs. H. Panneton, J. 0. Leblanc, L. P. H. Turgeon, et de tant d'autres enlevés trop tôt à l'admiration de leurs concitoyens.

L'œuvre de M. A. Gervais doit donc intéresser et les habitants de Joliette et le publie du district entier.

Cet album souvenir, un simple précis historique de la localité, outre des détails intéressants sur tout événement important de ce laps de temps, contient les portraits des principaux citoyens de Joliette qui, à un titre quelconque, ont su conquérir l'estime de leurs concitoyens.

Désormais le jeune homme pourra connaître et admirer ces hommes, gloires de Joliette, qui furent les compagnons de son père.

U pourra s'inspirer de leur exemple et à son tour marcher dans la voie si noblement tracée.

Le vieillard en parcourant ces pages se rappellera avec émotion les travaux de son enfance, les diverses phases par lesquelles Joliette a passé, il reverra ceux qui comme lui, ont participé au déve oppement de cette ville et avec fierté il pourra dire aux siens, "et moi aussi j'en étais."

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Quelle félicité avant de s'endormir de l'éternel sommeil.

Juliette Illustré permettra à tous de connaître les pasteurs qui ont dirigé cette paroisse, les juges qui ont administré la justice en ce district, les députés qui ont représenté cette division électorale, soit qu'elle fit partie du comté de Berthier, soit depuis qu'elle porte elle aussi le nom de Joliette.

On aimera à connaître les protonotaires, les régistrateurs, les shérifs, les géôliers et autres officiers publics de Joliette, presque tous enfants du pays.

Joliette Illustré sera un véritable musée chez soi et pour retrouver le souvenir des maires, des conseillers de cette ville, des députés, des officiers de certaines associations philantropiques ou de bienfaisance, ami lecteur, à tes moments de loisir tu seras heureux de feuilleter cet album où tu es sûr de retrouver quelqu'un des tiens.

D'ailleurs les vieux souvenirs ne nous sont-ils pas tou jours chers ?

L'ancienne chapelle de Bonsecours par exemple, l'antique église paroissiale, le vieux collège, l'ancienne station des pompes, les chutes d'eau du Vieux Moulin, qui nous rappelle tant de souvenirs, et tant d'édifices qui se sont transformés ou ont disparu trouvent leur place dans cet album et mettent le lecteur à même de juger des changements opérés.

Joliette Illustré montre également ce qu'a été le mouvement intellectuel grâce à cette puissance qu'on nomme "La Presse".

Institut des Clercs de St- Viateur

Nous avons vu la rapidité avec laquelle se développait le village de l'Industrie.

Une église venait d'être livrée au culte catholique ; En septembre 1846 le Collège Joliette ouvrait ses portes à la jeunesse désireuse de s'instruire.

M. Joliette avait dû nécessairement recourir à Mgr Bourget, deuxième évêque de Montréal, pour lui demander un directeur et des professeurs.

Les tentatives faites au Canada ne réussirent pas.

Le Saint Prélat porta alors ses

Il y a trente ans Joliette voyait paraître sa première gazette qui avait pour titre le joli nom de Messager de Joliette, fondée par M.

Norbert Lussier, de St-Hyacinthe.

Il fut publié de 1863 jusqu'à la fin de 1865, et eut pour premier rédacteur M. G. Languedoc, aujourd'hui Conseil de la Reine à Québec, et pour second rédacteur, M. Paul de Cazes, aujourd'hui Secrétaire du Surintendant de l'Instruction Publiqu :.

En 1366, la Gazette de Joliette succéda au Messager et a continué sa publication jusqu'au mois de juillet 1893.

Joliette a compté plusieurs autres journaux, dont plusieurs ont cessé de paraître : L'Industrie, L'Observateur, La Rive Nord, Le Courrier de Joliette, La Voix de l'Ecolier.

Il compte encore L'Etudiant devenu le Bon Combat, Le Couvent, La Famille, qui ne manquent pas d'intérêl et sont pleins de vie.

Faut-il parler de l'Etoile du Nord que vous lisez tous et qui entre dans sa dixième année ?

N'est-ce pas un joli succès de Presse locale ?

Le développement de Joliette sera constant ; ce qu'elle est actuellement fait prévoir ce qu'elle sera dans cinquante ans.

Que ne peut-on faire eu effet dans un pays où l'on arrive par les seules forces de l'intelligence et d'un travail persévérant ?

Certes, le capital n'est pas une quantité négligeable et bien heureux ceux qui le possèdent, mais il

regards vers la France, cette terre bénie de tous les dévouements.

MgrBourget partit pour l'Europe ; il en revint accompagné de trois frères de la congrégation alors naissante des Clercs de St- Viateur.

Le 28 mai 1847 les frères Etienne Champagneur, Louis Chrétien et Augustin Fayard étaient reçus avec enthousiasme par la population de l'Industrie.

Le 31 juillet de la même année le noviciat était inauguré et les trois frères entraient en retraite avec sept jeunes postulants.

A la même époque deux prêtres du même institut le Père Lahaie et le Père A. Thibaudier arrivèrent

n'est pas une condition Sine qua non de succès.

De nombreux commerçants de Joliette le prouvent et tous avec fierté peuvent se dire les fils de leurs œuvres.

Le livre édité par M. A. Gervais leur rend pleine et entière justice.

Ce souvenir doit entrer partout, dans les maisons les plus riches, comme dans les plus humbles, la modicité du prix en facilite l'achat à tous et permet ainsi de rendre justice à l'homme dévoué qui laisse un souvenir durable des premières années de Joliette.

Puisse-t-il dans cinquante ans, se trouver un citoyen qui fasse le même travail ?

Nous l'espérons de tout cœur.

Nous souhaitons aussi autre chose, autre chose qui manque à Joliette et qui ne doit pas lui manquer plus longtemps, nous parlons d'un monument élevé en l'honneur de Barthélémy Joliette.

On en parle depuis longtemps, mais qu'est-ce que les paroles sans les actes ?

Et n'est-ce pas la vraie manière de fêter le cinquantenaire de Joliette que d'élever un monument à celui qui l'a si bien mérité.

Nous aimons à croire, et nous les y encouragons beaucoup, que les habitants de Joliette, ne laisseront pas passer le cinquantenaire de leur ville sans rendre à Barthélémy Joliette l'hommage qu'il est en droit d'attendre de ceux qu'il a tant aimés.

Cte G. V.

Août 1893.

de France pour partager les travaux de leurs frères.

Il ne devait plus en venir d'autres et ces cinq hommes allaient désormais porter tout le fardeau de l'œuvre naissante au Canada.

Les deux Pères et le frère Chrétien restèrent au Collège.

Le Frère Fayard s'installait à l'école du village et le frère Champagneur, directeur de la petite communauté, prit la direction du Noviciat.

Les commencements furent durs.

La maison du Noviciat, en bois, enduite dg mortier, mesurait qxiarante pieds de longueur sur trente de largeur.

Elle se divisait en quatre pièces

qui durent suffire pour la chapelle, la salle des conférences, la salle d'étude et de récréation, le réfectoire et la cuisine.

Détail touchant et certainement peu connu.

Le chef des novices fut obligé de coucher à l'extrémité du corridor dans une chambre de huit pieds carrés.

Pour lit deux bancs ; un volet de contrevent appuyé contre le mur servait de bureau, un billot de siège.

Les novices couchaient sous le toit.

Tout cela était primitif, mais la petite communauté comptait sur Dieu, il ne devait pas l'abandonner.

Muets, des écoles commerciales et des écoles modèles.

A la suite de tant de travaux le Père Champagneur sentait ses forces diminuer, il demanda un successeur.

Un des sept novices de 1847, le R. P. Lajoie, était tout désigné pour continuer l'œuvre du fondateur et en 1870 il revint du chapitre avec le titre de supérieur des clercs de St-Viateur au Canada.

Le Père Champagneur rentra en France en 1874 ; il y dirigea quelque temps le noviciat de la maison mère et le 17 janvier 1882 il s'éteignit doucement allant recevoir la récompense de ses travaux et de son dévouement dans la paix du Seigneur

u Le 14 septembre 1849 le supérieur de la communauté fut ordonné prêtre.

Nous sommes obligés d'être brefs; disons cependant que le supérieur de la jeune congrégation se vit successivement obligé de transférer le noviciat dans la sacristie de la paroisse, au Collège Joliette, au Mile End.

Malgré bien des déboires, malgré bien des traverses, la petite communauté s'imposait par les services rendus, et en 1860 le Père Champagneur recevait ses religieux dans le noviciat actuel ; En 1871 il inaugurait la seconde construction.

Dieu accomplissait son œuvre et déjà l'Institut des Clercs de St-Viateur dirigeait trois collèges classiques, une institution de Sourds-

Le R. P. Lajoie, si( connu, si aimé de tous continua les pacifiques conquêtes des frères de St-Viateur.

La voix du progrès lui était ouverte, il y marcha hardiment, les établissements prirent plus d'importance, l'administration centrale se fortifia, les études devinrent plus fortes.

Les vocations étaient nombreuses et solides, là était la force du nouvel Institut.

En 1880 la congrégation apprit qu'elle allait perdre leR. P. Lajoie, nommé par le chapitre vicaire de l'Institut.

Le E. P. Lajoie était destiné à de plus hautes charges et en 1890 il fut nommé supérieur général de l'Institut.

C'est en cette qualité qu'il visite

actuellement sa chère province canadienne et la bonne petite ville de Joliette qu'il n'oubliera jamais et dont il ne sera jamais oublié.

Au départ du pére Lajoie, la direction fut confiée au pieux, et zélé Père C. Beaudry, si universellement vénéré.

Les progrès de l'Institut ne devaient pas se ralentir sous sa direction.

En 1885 les clercs de St-Viateur du Canada avaient établi une mission à Bourbonnais (Illinois).

De simple école modèle cet établissement devait bientôt devenir un collège classique, puis une université délivrant des degrés.

Aujourd'hui cet établissement forme une province autonome.

Il ne faut pas s'étonner de ces résultats étonnants ; Pour y arriver l'Institut ne recule devant rien, il n'hésite pas à envoyer en Europe, ses principaux professeurs suivre les cours des grandes universités.

Entre temps est fondé à Joliette un juvenat dont l'utilité est incontestable.

Ces œuvres admirables ont occasionné des dépenses énormes.

La congrégation ne dispose que de ressources modestes et pour réaliser ses projets, elle a dû, avec l'approbation des autorités ecclésiastiques, fonder l'œuvre du Noviciat destinée à recueillir des souscriptions pour subvenir à ses nombreuses charges.

Terminons en mettant sous les yeux de nos lecteurs le mouvement progressif de la communauté.

En 1847 elle compte 5 membres " 1850 " " 21

" 1890 " " 242 Dans ce dernier chiffre ne sont pas compris les religieux de l'Ulinois.

En 1847 les Clercs de St-Viateur instruisaient cinquante élèves au collège Joliette, aujourd'hui ils en instruisent cinq mille dans vingttrois établissements répartis dans la province de Québec et aux Etats- Unis.

Ces chiffres ont leur éloquence et nous devons faire remarquez que nous avons dans les Clercs de St-Viateur une communauté indigène et bien canadienne.

Fondateurs de la communauté des Clercs de St-Viateur vous pouvez être fiers de votre œuvre !

Paroisse St-Charles Borromée.

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