BARTHELEMY JOLIETTE
Nous donnons ici une biographie complète de l'Honorable Barthélémy Joliette, ce qu'il nous a été impossible de faire au commencement de cette publication, par suite des exigences de la composition.
La famille Joliette est originaire de l'ancienne province de Brie, dans cette partie de la France, connue aujourd'hui sous le nom d'arrondissement d'Epernay.
Ce fut sous le gouvernement de M. de Montmagny, qu'au nombre de ces émigrants que la mère-patrie versait chaque année, d'une main avare, sur les rives lointaines du Canada, arrivait au pays Jean Jolliet, qui, le 9 octobre 1639, épousait, à Québec, Marie d'Abrancourt, de St-Varx, près de Soissons.
Le nouveau colon n'était ni de noble extraction, ni favorisé des biens de la fortune ; mais, comme tous nos pères, les anciens Canadiens, il avait de la foi, de l'intelligence et du cœur.
Un de ses enfants, le jeune Louis, dont les ER. PP. Jésuites découvrirent la haute intelligence, fut instruit par leur zèle et leur sollici-
tude ; il devait avoir une existence bien extraordinaire.
L'histoire nous a dit comment, en compagnie du Père Marquette et au prix de quels dangers, Louis Jolliet, après une excursion de deux mois dans les pays de l'Ouest, découvrit le fleuve Mississipi.
Ce fut en récompense de sa découverte et en considération de ses connaissances géographiques, qu'il fut nommé hydrographe du roi et qu'il reçut, à titre de fief, avec pouvoir de haute, basse et moyenne justice, la seigneurie de l'île d'Anticosti.
Plus tard, en l'année 1697, le roi joignit à ces domaines la seigneurie de Joliette, possédée aujourd'hui par quelques-uns de ses descendants.
Ce Louis Jolliet est mort en 1700.
A la quatrième génération de Louis Jolliet, qui découvrit le Mississipi, nous trouvons Antoine Jolliet, notaire, père de Barthélémy.
Qui l'eût cru ? Barthélémy Joliette, l'homme actif par excellence, devait tout d'abord, comme son père, se livrer au notariat.
La guerre de 1812 allait changer sa destinée.
Parmi les premiers volontaires figurait le jeune notaire.
Nommé enseigne et aide-major par sir James Craig, il obtint successivement les grades de capitaine et de major, sous le gouvernement de sir Georges Prévost.
C'est sous ce dernier titre qu'il servit en 1812 et en 1813, dans la division du lieutenant- colonel Fleury- Deschambault.
Dans l'intervalle qui sépara les deux campagnes de 1812 et de 1813, le brillant major, de retour dans ses foyers, conduisait à l'autel la noble demoiselle Marie Charlotte Tarieu Taillant de Lanaudière, qui devait plus tard lui apporter en dot une partie de la seigneurie de Lavaltrie. Le mariage fut célébré à Lavaltrie, le 27 septembre 1813.
Mais les événements se précipitaient et presqu'aussitôt le jeune officier dut repartir pour la frontière.
En 1817, l'Honorable B. Joliette entra dans la vie politique.
Son passage à la chambre d'assemblée fut marqué par l'adoption de plusieurs mesures protectrices de nos intérêts commerciaux et industriels. C'est lui qui en fut l'instigateur le plus zélé et le conseiller le plus éclairé.
Cependant la vie publique ne lui allait que médiocrement et, à l'expiration de son second mandat, il y renonça.
Chargé de l'administration de la seigneurie de Lanaudière, il ne fut pas long à se rendre compte des immenses avantages de la situation exceptionnelle où se trouve aujourd'hui Joliette.
Ceci se passait vers 1823.
En juin 1823, sur le lieu où est située la ville de Joliette, il construisit des moulins et manufactures de toutes sortes, afin de donner de l'emploi à la population qu'il se proposait d'établir dans son village.
En 1836, il bâtit un nouveau moulin, les premiers ne pouvant suffire aux besoins de la localité.
En 1837, 14 ans après son entrée dans la forêt, M. Joliette construisit un marché, afin d'attirer dans le village le commerce des localités environnantes.
En 1842, il éleva, à ses frais, l'église paroissiale, dont les trois cloches fuient données par la famille de Lanaudière.
En 1845, il fonda le collège Joliette.
En 1848, il construisit un chemin de fer du coût de $50,300,00, c'est le chemin de fer de l'Industrie.
En 1849, il fit don de son église et d'une grande étendue de terrain à l'évêché de Montréal et de son collège aux Clercs de St-Viateur.
Après une vie si bien remplie,M.
Barthélémy Joliette mourut âgé de 62 ans, le 21 juin 1850.
a été puissamson œuvre par
M. B. Joliette ment aidé dans
plusieurs membres de sa famille, tels que MM. DeLanaudière, Leodel, Leprohon, dont les descendants vivent encore à Joliette.
Il serait difficile de peindre la consternation que répandit, par tout le village, la funeste nouvelle de sa mort. Pendant les trois jours de son exposition, un morne silence régna sur l'Industrie.plongée dans le deuil.
Mais bientôt la désolation devait disparaître, il ne devait rester plus que l'admiration qu'inspire l'œuvre immense de ce grand citoyen, bienfaiteur de Joliette.
Enfants de Joliette soyons reconnaissants !