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POCR REGISTRES DE BANQUE ET DOCUMENTS OFFICIELS

Canadian Linen Ledger

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L'industrie des gâteaux secs

S'il est une industrie qui doit prospérer au Canada, c'est certainement celle des gâteaux secs, accompagnement forcé de toute tasse de thé convenablement infusé, et l'on sait ce qu'il s'en consomme dans nos provinces canadiennes.

La fabrication de3 gâteaux secs est représentée à Joliette par L. Z. Magnan, né à Berthier le 17 avril 1840 ; Ce n'est qu'en 1876, à l'âge de 37 ans, que M. Magnan vient s'établir à Jo liette.

Installée sur les bords de l'A.ssonip tion, la fabrique de L. Z. Magnan est un superbe établissement qui occupe près de vingt cinq ouvriers, dirigés par M. B.tisvert, C.S.V., gérant de l'établissement.

A gauche en entrant, vous rencon trez la salle de paquetage, où une quinzaine d'enfants sont employés à garnir boîtes et tonneaux des divers produits de la manufacture.

A côté de la salle de paquetage, se trouve la salle de dépôt où sont empilées de nombreuses caisses, de nombreux tonneaux, prêts à partir dans toutes les directions.

A droite se trouve la manutention, où travaille une dizaine d'ouvriers.

Fort intéressante la fabrication de ces produits si appréciés de tous.

Une fois la pâte préparée, ce qui demande environ une heure et demie, vous n'avez que quelques minutes à attendre pour être à même d'apprécier les produits de L. Z. Magnan.

Il faut environ cinq minutes pour préparer la fournée et, au bout de cinq nouvelles minutes, elle sort du four et vous n'avez qu'à faire ce que vous dit l'aimable propriétaire, heureux de faire les honneurs de chez lui.

Mangez, goûtez, L. Z. Magnan ne redoute pas la critique.

Les produits de M. Magnan sont très appréciés, aussi n'est il pas besoin d'en faire ici l'éloge, on les trouve partout, dans le comté de Joliette, à Montréal, à Québec, en un mot dans tous les grands centres

L. Z. Magnan fabrique également les sucreries de toute nature et, détail curieux, il manufacture lui-même toutes les boîtes, cartonnées ou en bois, qui lui sont nécessaires.

Bien plus, M. Magnan cuit le pain nécessaire à son nombreux personnel ; il n'est pas, à son avis, de si petits bénéfices que doive négliger une grande maison.

M. Magnan fait aussi le commerce des vinaigres, dont il possède un stock important, ainsi que le commerce de la grocerie en général, gros et demigros.

En somme importante manufacture, très intéressante à visiter et que nous sommes très heureux de faire connaître aux nombreux lecteurs» de Joliette Illustré.

-Adieux aiix J^ectears.

Joliette Illustré est presque terminé ; encore quelques jours, il va commencer sa carrière et il va affronter les critiques du public.

Espérons que ces critiques seront bénévoles et que nos lecteurs, tous nos amis, nous tiendront compte des nombreuses difficultés que nous avons eu à vaincre et qu'ils voudront nous encourager jusqu'au bout, c'est-à-dire nous aider à propager Joliette Illustré.

Nous ne voulons pas les fatiguer en ressassant toujours la même chose,mais qu'ils se disent bien que si nous allons bientôt leur offrir une œuvre dîgne d'eux, cela n'a pas été sans déboires et sans que nous éprouvions ces mille ennuis, ces mille retards, inséparables de toute œuvre nouvelle et s'est notre ca«, puisque jamais semblable ouvrage n'est sorti des presses de l'Étoile du Nord.

Nous avons la conscience de n'avoir rien négligé pour faire de Joliette Illustré une œuvre de premier ordre, tant au point de vue littéraire qu'au point de vue de la composition et de l'impression.

Nous avons fait entrer dans un cadre, en somme assez restreint,tout ce qui est de nature à intéresser le lecteur,les curés de Joliette, ses députés, ses notabilités, ses officiers publics ; tous ont leur place dans Joliette Illustré et il en est de même pour les institutions religieuses, pour les manufactures, pour les plus importantes maisons de commerce, pour les monuments, pour les plus jolies résidences.

Nous le répétons donc, nous avons conscience d'avoir absolument fait tout ce qui dépendait de nous pour commémorer dignement le cinquantenaire de Joliette.

Mais que sera Joliette dans cinouante ans, nous demandera t-on ?

Que sera Joliette dans un demisiècle, alors que les années comptent double, alors que tout marche à l'électricité ?

C'est un mystère que Dieu seul connaît et que, cependant, nous allons essayer de vous faire pressentir, chers lecteurs.

Dans cinquante ans, Joliette au lieu de cinq mille habitants, en aura vingt mille ; de nouveaux établissements industriels auront utilisé la force motrice des eaux de l'Assomptîon, et, peu à peu, Joliette verra construire de nombreux et

élégants cottages sur les bords ravissants de cette Assomption, qui ne sont peut être pas appréciés à leur juste valeur.

Dire qu'il en est qui avouent ne pas être allés aux ruines du Vieux Moulin depuis de longues années.

Au point de vue artistique c'est un véritable crime.

Eh bien.le vieux moulin reprendra son ancienne splendeur,ilrede viendra ce qu'd était vers 1820 ; vous verrez dans ces sites admirables, nous parlons, bien entendu, de la jeune génération, vous verrez, disonsnous, des établissements industriels, vous verrez des hôtels destinés à recevoir, pendant les chaleurs de l'été, les nombreux sages qui viendront y chercher le repos au milieu du calme des champs et près des splendeurs abruptes des rives de l'Assomption.

Un tramway fera le service entre le centre de Joliette et le Vieux Moulin, devenu faubourg de la ville, vous voyez cela, le faubourg du Vieux Moulin, et pour quelques centins tout le monde pourra se rendre au Vieux Moulin, qui, aujourd'hui bien prè3 de la ville, en est cependant fort éloigné par suite de l'insuffisance des moyens de transport.

Ce n'est pas suffisant.

Si Joliette se développe du côté de l'Assomption, elle se développera du côté de la du Grand Nord.

Là encore vous trouverez un nouveau faubourg.

Vraisemblablement le chemin de fer de Lanoraie à Joliette n'existera plus seul, le Grand Nord, par la fréquence de ses trains et la régularité de son service, doanera satisfaction aux besoins de la ville.

Sous peu le Grand Nord va construire une gare au style moderne, où rien ne sera oublié ; (quel changement pour Joliette) dans cinquante ans cette gare, devenue insuffisante, sera reconstruite à nouveau.

Inutile de vous dire qu'on ne connaîtra plus la vapeur et que les machines seront mues par l'électricité, ou mieux encore par l'air comprimé.

Peut-être aura-t-on trouvé autre

chose.

Autour de cette gare se construiront des entrepôts, des résidenoes, des églises, des maisons de corn mer ce,

davantage enco nouvelle gare

/ Voilà ce que sera Joliette dans cinquante ans.

Voilà l'avanir doré, réservé à vos fils, habitants de Joliette la jolie, telle en France sur les bords de la Seine Mantes-la jolie, mais que dans leur prospérité, ils n'oublient pas de se répéter constamment que sans Dieu l'homme ne peut rien et que dans la main de Dieu il n'est qu'un instrument, parfait il est vrai, mais qu'il peut broyer de sa main puissante.

On commence dans ce beau pays à attaquer la religion ; quelques folliculaires aux abois essaient de se faire un piédestal de leur haine contre le clergé.

Ces attaques ne prévaudront pas et Joliette, comme le Canada, restera grande et forte, parce qu'elle saura garder et défendre la religion de ses pères.

Voilà ce qu'il faut tout particulièrement souhaiter à Joliette qui doit continuer à s'inspirer des magnifiques exemples qui lui ont été donnés depuis cinquante ans.

Joliette Illustré aura pour sa faible part contribué à ce résultat.

Nous vous faisons nos adieux, chers lecteurs, vous remerciant d'avance de votre bienveillance qui, nous le savons, nous est acquise dès maintenant et nous vous demandons de nous aider dans notre tâche.

Joliette Illustré va trouver sa place dans toutes les maisons, petites et grandes et vous qui l'aurez lu, encouragez vos voisins, vos amis, vos proches, à se le procurer à leur tour, ils y trouveront de salutaires exemples.

Nous ne croyons pas trop vous demander en réclamant votre appui, lecteurs et lectrices,et en vous disant adieu nous formons le souhait que dans cinquante ans, il se trouve un citoyen vraiment digne de ce nom qui fasse pour le centenaire de Joliette ce que A. Gervais a fait pour son cinquantenaire.

Cte G. V.

Août 1893.

Alimentation et Vins Canadiens

En M. Edouard Migué, nous trouvons encore un exemple de ces hommes qui doivent tout à eux-mêmes et, partis de rien, finissent par arriver à une haute situation.

Né au village de l'Industrie, en 1842, Ed. Migué, âgé de 19 ans, com mence à Joliette, en 1861, le commerce d'épiceries ; bien humble ce com-

merce au début, et certes il ne se doutait pas alors que plus tard il devait prendre la tête de sa partie à Joliette.

A Joliette, Ed. Migué tient le commerce de détail, mais il fait principalement le gros et le demi gros pour fournir le commerce des campagnes.

Son établissement est certainement le plus prospère en ce genre à Joliette ; plus haut, nous en donnons la photogravure.

C'est en 1892, que M. Ed. Migué a fait construire, sur la rue de Lanaudière, un bloc énorme, entièrement édifié pour les besoins de sou cemmerce ; en véritable travailleur, Ed. Migué, qui pourrait aujourd'hui se reposer et vivre des fruits de son travail, continue comme par le passé à y servir ses clients.

Exemple digne d'être cité à tous et sur lequel on ne saurait trop insister.

En face de la grocerie de Ed. Migué se trouve son entrepôt de farine et de grains.

Il fait un commerce considérable de farine et vend beaucoup aux boulangeries du comté, notamment aux boulangers des paroisses voisines, heureux de trouver des prix qu'ils ne sauraient rencontrer ailleurs.

Comme grains et céréales, il trouve son plus grand débit dans l'avoine et dans les pois ; néanmoins il tient tous les autres produits du pays.

Ed. Migué a également en entrepôt une grande quantité de liqueurs et d'alcools, vous y trouverez d'excellentes eaux de vie de Cognac, d'excellents vins de Bordeaux, tous portant la marque d'origine et qu'il importe directement lui-même.

Dans ces conditions, on peut s'en rapporter aux différentes marques qui garantissent la provenance.

Si Ed. Migué vend des vins importés, il vend également des vins canadiens et c'est particulièrement à ce point de vue que nous appelons l'attention du public sur cette importante maison.

Ed. Migué, en effet, s'est fait dans le comté de Joliette, et même dans la province de Québec, le vulgarisateur du vin canadien, ce produit national qui ne saurait être trop encouragé, appelé qu'il est à rendre d'immenses services, sans cependant nuire en rien à la consommation des vins français dont il diffère essentiellement.

Ed. Migué est pour Joliette et la région, l'agent d'une puissante société vinicole de la province d'Ontario, la société vinicole d'Ontario, qui possède à Ste-Catherine d'immenses vignobles, rappelant beaucoup, par la culture et les soins donnés aux ceps, les vignes de la vieille France.

La société vinicole d'Ontario possède une installation de premier ordre et les vins qui sortent de ses chais portent sa marque, c'est tout dire.

E. Migué possède trois types de ces vins ; il les vend de quatre vingt dix centins à deux piastres le gallon ; il espère même pouvoir en vendre bientôt à quatre vingt centins.

On ne saurait trop les recommander aux personnes délicates et particulièrement le vin canadien, dit vin d'Es pagne, qui,additionné de quinquina ou d'un autre adjuvant, devient pour les anémiques, ou pour les personnes atteintes de consomption, le reconstituant par excellence.

Signalé au corps médical de Joliette et des environs qui devrait prescrire ce vin en une infinité de cas.

Il faut donc encourager le vin canadien, au détriment du terrible whisky ; l'un est un fortifiant l'autre est un débilitant, l'un donne la santé, l'autre vous l'enlève.

Ed. Migué doit recevoir les félicitations de tous comme vulgarisateur de notre vin national et, à ce seul point de vue, il mérite les éloges et les encouragements de tout véritable canadien.

Erratum.

C'est par suite d'une erreur typographique que dans la biographie du Dr A. M. Bivard, page 22, on a imprimé 1860; c'est 1660 qu'il faut lire, époque de l'arrivée des ancêtres du docteur au Canada.

Amédée Manseau,

HOTEL DU PACIFIQUE, F* ii© TVotre-Oaine

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