XIV PRÉFACE
site des extraits textuels , c'est qu'on ne sait guère aujourd'hui ce qu'était le XVI' siècle. Plus d'une trace de cette ignorance parait dans la dernière biographie de Bruno/ publiée en Allemagne, ïly 3i quelques mois. Cette notice , due a la plume d'un penseur . aimable, a été lue dans une séance solennelle de l'Académie de Berlin, le jour où cette illustre compagnie a coutume de fêter la naissance de son fondateur. Les mânes de Leibnitz étaient confiés à entendre l'éloge de celui qui passe pour un des aïeux de Leibnitz. Quelque vénération qu'on professe pour le noble St^eflens,' on ne peut se défendre de penser que ce Discours chaleureux
1 Ueber dot Lehen dei Jordanui Brunut, dans : Naehg$lasmne Sehrift^n van U. Steffbns. Mil einem Vorwortevon Schelung, Berlin, 1846. Combien, cependant, ce mémoire est sapérieur au roman qui vient de paraître à Hambourg, sous ce titre : Giordano Bruno, vonFERD. Falkson (in-ia, p. 31S). Cette dernière production prouve surabondamment que Tbistoire est presque toujours plus romantique que les romans Jiistoriques, surtout lorsque le romancier sait médiocrement l'histoire. La délicatesse et la pureté du goût, la grandeur et la fécondité de l'imagination sont choses rares et précieuses en tout pays ; et sous ce rapport, Touvrage de M. Falkson n'enrichira point ki littérature allemande. Nous en sommes persuadé, le philosophe italien ne reconnaîtrait pas ses doctrines dans le grossier panthéisme que lui prête son panégyriste de Kœnigsberg, et que celui-ci place hardinn^nt sous la protection de Gœtbe, Tauteur de ces vers :
Natur hat weder Kern, noch Schale ,
Ailes ist aie mit einem Maie.
€ La nature n*a ni sève ni écorce; elle est et fait tout à la fois. »