‹ Jordano BrunoChapitre 6 sur 45 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

respecte lui-même peint et juge tout avec fidélité, avec intégrité; il cesserait d'être historien, s'il désobéissait un instant a cette loi fondamentale. .Quant au p^losophe du XIX'' siècle , il ne saurait non plus ressembler au philosophe du XVP. Celui-ci combattait Axistote et s'attaquait parfois au christianisme. Où, de nos jours, se trouve le philosophe digne de ce titre, qui n'honore et ne consulte Aristote, qui ne révère et ne chérisse le christianisme ?

U est néanmoins un point sur lequel j'ai peutêtre manqué d'impartialité : c'est l'admiration que Bruno ressentait pour la gloire littéraire de sa nation. Je dois l'avouer, c'est la un sentiment que je partage avec le Nolain. Il me semble que les annales modernes n'offrent ni une région, ni une époque plus riche en grands hommes et en sociétés savantes, que ne le fut l'Italie du XVP siècle. Aussi ai-je tenté , plus d'une fois , de montrer a quella hauteur s'y est élevé l'art de penser, au milieu du réveil général des arts. Je m'estimerais heureux si j'avais réussi à prouver que l'esprit italien se plie aux méditations philosophiques avec la même souplesse qu'aux fictions de la

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