Epîtres rustiques, I, ii : A un Critique
appeler un avenir meilleur, comment parler de ce qui n'apparaît pas encore? Permets, en attendant (car,
ici, il faut le citer tout entier), j
Permets, en attendant, qu'assis au pied d'un hêtre,
Je suive en ses travaux, qui son aussi les miens, j L'homme soumis encore au poids des jours anciens.
Laisse-moi l'admirer dans sa pauvreté sobre, '
Soit qu'ouvrant les sillons, au tiède vent d'octobre, i
Il y sème le grain qui mûrira pour nous; '
Soit qu'au flanc des coteaux, berger tranquille et doux, i
Il veille à son bétail dans les herbes voisines, \
Et qu'il regarde l'heure au cadran des collines! » ]
Apologie d'ailleurs inutile. La vraie raison pour- j quoi Autran n'a pas fait de politique, c'est que jamais i il ne l'a aimée. Il avait des préférences, mais c'était \ tout le contraire d'un combatif. Son Jreize Février, \ n'a pas eu de lendemain. i
Victoire Atihier, la mère méconnue par un fils trop diplômé, le Baptême du Marquis, le Médecin du \ Luberon, le Poème des Laboureurs^ ont été conçus à ; Pradine et en portent la marque. Le Médecin du i Luberon est l'apothéose d'un mort tout récent, le ; docteur Ailhaud du Gastelet, victime de son dévoue- !
ment, et dpnt les obsèques, par suite de l'inclémence
du temps, furent presque solitaires.
JOSEIMI AUÏIIAN, SA VIE ET SES (flCUVIlES. 99
Laboureurs et Soldais parurent eu 1854. On reconnut le poète de MUUuiah avec un enrichissement de sa veine. Cette môme année, le gouvernement le décora'. De sa retraite de La Malle, pendant l'été, il pouvait entendre le canon du camp d'Arbois où s'instruisaient les recrues pour la relève de Crimée-. Dans cette guerre, pour laquelle il retrouva sa lyre militaire {Ode à l'armée d'Orient), il perdit un ami, le général de Pontevès, enlevé jeune encore, en iSoo^ Nous savons que, la môme année, au printemps, une maladie le retint à Nice K
Il va sans dire que les voyages à Paris deviennent plus fréquents à partir de 1852. Il descendait 172, rue de Rivoli, et, plus tard, hôtel Saint-James, rue Saint- Honoré. A cette époque la Revue des Deux Mondes, longtemps inhospitalière à son égard lui ouvrit ses colonnes. Le Médecin du LuOeron y parut en 1853 (!*''' décembre), les Soldats le 15 février suivant, et trois autres études jusqu'en 1859.
Le volume des Laboureurs avait été écoulé en