DE LA VIE RURALE A LA CANDIDATURE ACADÉMIQUE
Les amis d'Autran. — La rivalité des Félibres. — Autran et Laprade. — Valenline Autran, d'après les EpUres rustiques- — Le Poème des Beaux Jours.
Le recueil des EpUres rustiques, véritable inspiration horacienne, mêlée d'effusions et de satire, de l'année 1861, nous le montre dans son cortège habituel d'amis, Brizeux, Laprade, Reboul, De Flotte, Pontmartin, Dumas fils, Texier, Mérimée, sans compter les peintres, Ricard de Marseille, Imer de Vaucluse ^
Pontmartin gérait la critique à Paris, et, près d'Avignon, la mairie des Angles, — mairie fortunée, comme l'estime Autran^. L'affection était sincère
1. Il a fréquenté aussi Delacro'w (Poè?nes de lamer, p. 321 sqq.)»
2. Epitres rustiques, II, o. Voir la lettre à Pontmartin du 21 juillet 1852, aux piècesjustificatives.
entre les deux hommes, malgré la verve un peu excessive et fatigante du premier. Pontmartin, sans arrièrepensée, appelait comiquement 1' « impôt Autran* » le tribut d'éloges, parfois tempérés de réserves, qu'il lui payait consciencieusement dans ses feuilletons divers (dix au moins). Par contre, tout en rendant à Sainte-Beuve la justice que sa grande intelligence lui méritait, Autran en lui n'aimait pas l'homme, pas plus qu'il n'appréciait le poète, du reste assez proche de lui par quelques côtés-.
Dumas fils le retenait toujours sous un prestige fait de tendresse autant que d'admiration. Il aurait voulu le fixer près de lui, aux champs; il s'y emploie, sans paraître, au surplus, se faire d'illusions sur la possibilité de provincialiser ce Parisien pur ^
Il goûtait infiniment l'admirable et sobre Mérimée. Il se désole, frappant à sa porte un hiver à Paris, d'apprendre qu'il est parti pour là où lui-même devrait être, le Midi et le soleil *.
Avec Edmond Texier, le spirituel chroniqueur du
1. D'après M. R...., qui a connu personnellement l'un et l'autre.
2. Le Lac de Corne, XLII. Voir son épitaphe, très méchante, Sonnets capricieux, p. 323.