‹ Joseph de Longueil, sa vie, son œuvreChapitre 12 sur 172 · VUE DU DÉCINTREMENT DU PONT DE NEUILLY · texte numérisé non relu

VUE DU DÉCINTREMENT DU PONT DE NEUILLY

Larg. 0,775; Haut. 0,443.

38. — Sur un mur est encastré un vaste tableau dans un très riche encadrement. Un terre-plein occupe la moitié de l’estampe, il s'étend vers la gauche dont l’extrémité est occupée par une tente de restaurant. Une grande foule s’y presse; les uns causent debout, d’autres assis dînent, tous admirent l'éclat de la fête présidée par le roi Louis XV, la dauphine Marie-Antoinette et madame Dubarry. A l’extrémité droite de cette île, auprès d’un bateau où sont quelques personnages, un artiste assis dessine le beau spectacle qui s'offre à sa vue, et près de lui se tient debout un élève qui porte un carton sous son bras; à leurs pieds coule la Seine entraînant dans ses eaux de nombreuses pièces de bois provenant du décintrement des arches. Le pont occupe le

second plan dans toute la largeur de l’estampe ; il n’est pas

encore terminé et cependant il est couvert de monde ; une tente en occupe chaque extrémité ; sur la droite, on re-

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marque aussi un vaste bâtiment au toit orné d'un campanile ; par l'ouverture des arches du pont, on voit les rives du fleuve ornées de tribunes remplies de spectateurs et dans le fond la montagne du mont Valérien; au milieu, sur une île devant une tente, le roi Louis XV et la Dauphine de France, debout et entourés de toute la cour, président la cérémonie.

Un cadre très large entoure cette composition, et par sa belle ordonnance lui donne un grand éclat ; il est formé d'une large moulure chargée de fleurs de lys dans des médaillons et ornée aux angles de mufles de lions. Autour de cette moulure s’enroule une épaisse guirlande de fleurs accompagnant à la partie supérieure un cartouche entouré du collier de l’ordre de Saint-Michel, surmonté d’une couronne de comte portant les armes de M. Peyronnet, ingénieur, constructeur du pont: «d’or au compas de queules sur un pont au naturel, posé en fasce baignant dans une rivière de sinople. »

Au-dessus de ce cartouche on lit sur une banderolle posée en manière de devise : Vue du déceintrement du pont de Neuilly fait en présence du Roy le 22 septembre 1712. Au centre inférieur sur un cartouche carré, imitant une plaque de marbre retenue au cadre par deux larges boutons et entourée de fleurs et de palmes on lit :

Dédié à Monsieur Perronet,

Chevalier de l'Ordre du Roi, Premier Ingénieur des Ponts et Chaussées et Ports maritimes de Commerce de France des Académies Royales des Sciences et d'Architecture et de celles de Stokolm,Rouen,Metz

par son très Respectueux Serviteur et Élève Eustache de Saint-Far le 1er janvier 1116. Au-dessous de ce cartouche et se distinguant assez mal sur les tailles noires du mur on lit :

Dans l'hommage que je vous rends, Qui fera passer d'âge en âge, Reconnaissez ce Pont, ce merveilleux ouvrage, Votre Nom, votre Éloge et vos rares talens.

Cette estampe, la plus grande de celles gravées par de Longueil, est peut-être aussi la plus remarquable, On y voit un nombre

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infini de personnages minuscules tous traités avec le plus grand soin et la plus extrême finesse. La belle bordure qui entoure le sujet principal est traitée avec un talent égal et ajoute encore au mérite de cet ouvrage. Cette estampe fut plus tard diminuée, afin de se conformer aux exigences du format in-folio du savant ouvrage publié quelques années après par Peyronnet sur la construction de plusieurs ponts exécutés sous sa direction.

LES MODELES, d’après Lreprince.

Larg. 0,527; Haut. 0,425.

1er Érar. Eau-forte.

2e Érar. Avec le nom des artistes seuls ; la banderolle des armoiries est blanche.

3° Érar. Avec le nom des artistes et le titre.

4° Érar. Celui décrit.

5e Érar. Avec l'adresse du graveur.

6e Érar. Avec l'adresse de Basan.

&. — Dans le très riche salon d’un artiste nous voyons sur la gauche un seigneur vêtu d’un ample manteau doublé de fourrures rejeté sur l'épaule, debout derrière le fauteuil où est assis un peintre enveloppé dans une robe de chambre et la tête couverte d’un foulard. Le noble visiteur regarde attentivement les deux femmes nues qui posent sur un escabeau à droite, tandis que l'artiste esquisse son œuvre. L'un des modèles, vu de dos, tient de son bras droit, suspendu à une corde de position, une draperie qu'elle soulève légèrement ; son bras gauche repose sur l'épaule de sa compagne. Celle-ci, vue de face, tient une épaisse guirlande de fleurs qui vient rouler à ses pieds. Ce groupe se détache

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