‹ Joseph Joubert et la révolutionChapitre 24 sur 36 · Voir Sainte-Beuve, Nouveaux lundis, t. XII, page · texte numérisé non relu

Voir Sainte-Beuve, Nouveaux lundis, t. XII, page

35. Milran put tenir de Prudhomme des renseignements relatifs à l'Histoire impartiale. Je crois qu'il le connaissait. Il fait de lui de grands éloges : « J'estime Prudhomme, qui ne veut point des membres de la Convention pour coopérateurs, parce qu'ils jugeraient, malgré eu.î, avec partialité l'œuvre de leurs mains. Cette pensée là n'est pas superficielle ; elle est digne d'un libraire, etc.. » [Petite histoire, t. I, page 153.) Notons-le, ce n'est pas le 21 février 1791, quand il écrit à Joubert, que Milran dit que la publication de l'Histoire impartiale ne s'est pas continuée, mais à l'automne de l'année suivante, quand il publie sa Petite histoire, « le deuxième mois de la république ».

36. La première livraison de l'Histoire impartiale n'est pas dans les livres qu'on a conservés de la bibliothèque de Joubert. Je l'ai inutilement cherchée dans les recueils composites de brochures de l'époque. Enfin, je me suis assuré que Prudhomme ne la pas insérée ensuite dans la quantité de ses publications aventureuses et tardives, telles que sa Chronique des événements politiques, civils, militaires, religieux, philosophiques et superstitieux, etc., de tous les peuples ; histoire impartiale et anecdotique depuis l'ère chrétienne Jusqu'en 18S3, ouvrage ou fatras qu'il publia en 1822, dix volumes in-8».

37. Plus tard, Restif, écrivant aux Fontaine, flétrira ce Milran qui l'a déçu : « homme douteux, patriote par crainte, aristocrate par secrète inclination » [Lettres inédites, page 32). Je ne sais si, en 1792, Milran, dans le profond secret de son àme, était aristocrate ; mais, à coup stir, s'il l'était, il ne s'en doutait pas.

38. A Paris, chez Garnery... Lan 1" de la république française.

39. Sur les Belges qui « vont reprendre leurs fers », il y a un

article dans le n" 73 des Révolutions de Paris. Je n'y trouve pas l'opinion que Milran prête à Joubert et ne vois aucune raison d'attribuer cet article à Joubert. A propos du duel de liarnave et de Lameth, il y a, dans le n^ 72 des Révolutions de Paris, une diatribe contre les duels : mais l'auteur dit qu'il est impossible de supprimer les duels par une loi. Peut-être Joubert avait-il joint une digression sur le duel à un passage dont nous n'avons qu'un fragment : « se percer à la manière des gladiateurs, aux aplaudissemens de cette multitude... » etc.

40. La comparaison de la sauvagerie et de l'antiquité est a^sez fréquente, au xviiie siècle, dans les récits des voyageurs et des missionnaires. Voir, notamment, l'ouvrage de Lalitau, Mœurs des Sauvages américains comparées aux mœurs des Premiers temps, Paris, 1724, deux volumes in-4''. Et, sur Lafitau, voir L'Amérique et le rêve exotique dans la littérature française au XVIP et au XVIIP siècles, par Gilbert Chinard, Paris, 1913 (page 313).

Page 1