ROMANCE
A peine au sortir de Feufance,
Quatorze ans au plus je comptais;
Je suivis avec confiance
Des méchants frères que j'aimais.
Dans Sicliem, au gras pâturage,
Nous paissions de nombreux troupeaux ;
J'étais simple comme au jeune âge,
Timide comme mes agneaux.
Près de trois palmiers solitaires, J'adressais mes vœux au Seigneur; Tout à coup saisi par mes frères, 0 souvenir rempli d'horreur !
Au fond d'un sombre et froid abîme, Ils me plongent dans leurs fureurs, Quand je n'opposais à leur crime Que mon innocence et mes pleurs.
Hélas ! près de quitter la vie, Au jour enfin je fus rendu.
A des marchands de l'Arabie, Comme un esclave ils m'ont vendu.
Tandis que du prix de leur frère Ils comptent l'or qu'ils partageaient, Hélas! moi, je pleurais mon père Et les iugrats qui me vendaient.
UTOBAL.
Eh quoi! Seigneur, vous, ministre de Pharaon, vous dont la main s'étend sur l'univers, vous ne vous êtes point vengé de ces perfides ?
Utobal, ils sont mes frères.
UTOBAL.
Votre Dieu les a punis sans doute. La famine qui désole e monde entier...
4 JOSKPH
Non ! des émissaires envoyés secrètement ont ramené l'abondance dans le Chanaan!... Mais, Utobal, il faut que tu partes à l'instant pour la vallée d'iiébron ; il faut que tu voies Jacob, mon père, hélas ! s'il vit encore. 11 faut que tu lui dises qu'il vienne ici avec sa famille, ses serviteurs et ses troupeaux. De ton zèle dépend peut-être le bonheur de ma vie.