‹ Joséphine, impératrice et reine, 1804-1809Chapitre 17 sur 104 · LES DÉPENSES. — LES BIJOUTIERS · texte numérisé non relu

LES DÉPENSES. — LES BIJOUTIERS

per la considération de M. Leroy que l'Impératrice double au moins, et c'est ce qu'elle fait : elle abandonne ses beaux projets d'économie, elle oublie le petit maximum et c'est à 143 314 fr. 10 que monte sa facture de l'année.

Comment suffit-elle à cela et quelles sont donc ses ressources normales ? De fait, sa pension de Toilette est fixée à 360 000 francs ; ce n'est qu'en 1809 qu'elle atteint 450 000 francs, mais, au moyen de prélèvements sur la Cassette, de suppléments alloués en diverses occasions, et de ses revenus personnels, elle a posé en recette, pour cet article, de 1804 à 1809, 3 444 623 fr. 57, soit près de 600 000 francs par an ; cela ne fait pourtant que la moitié de ce qu'elle dépense réellement, car, chaque année, les dettes s'accumulent et, presque chaque année, l'Empereur est obligé de combler l'arriéré : il paye, en l'an XIII, 701 873 francs ; en 1806, 650 000 francs; en 1807, 391 090 francs ; en 1809, 60 000 francs ; en 1810, pour terminer, 1 400 000 francs : au total 3 202 957 francs, ce qui porte la dépense générale, presque uniquement de toilette à 6 647 580 fr. 57 : onze cent mille francs par an.

Ce chiffre serait inexplicable, même avec la prodigalité la plus folle, si les bijoutiers ne figuraient pas dans le compte de la Toilette : les bijoux achetés représentent, dans les dépenses acquittées par Joséphine, 1 625 664 fr. 60 — près de la mc.tié — et

autant dans les dettes payées par l'Empereur. Tous les grands bijoutiers et orfèvres de Paris — et même d'ailleurs — ont cette étonnante cliente : Biennais, Depresle, Friese, Marguerite, Foncier, Fister, Nitot, Pitaux, Cablat, Belhate, Perret, Tourner, Messin, les frères Marx, Conrado, Hollander, Lelong, Meller, Mellerio-Meller, et les horlogers Bréguet, Lépine et Mugnier, et Capperone et Theibaker, marchands de camées, et Oliva et Scotto, marchands de coraux !

De ces bijoutiers, un surtout, Foncier, a la confiance de Joséphine et presque son intimité. Elle lui remet ses diamants au moment où le bruit court de la mort de Bonaparte en Egypte, où elle prétend se mettre à l'abri des revendications de ses créanciers et de celles aussi de la famille Bonaparte; elle reçoit de sa main des femmes de chambre ; elle lui accorde sa puissante protection pour obtenir, du ministre des Finances, une charge d'agent de change pour un de ses gendres; elle marie son autre fille au colonel Defrance, écuyer cavalcadour de l'Empereur ; c'est un familier qu'elle prend pour conseil en ses achat % trafics et échanges et qui n'y cherche point trop son intérêt.

Foncier retiré, Nitot a la grosse pratique : en 1805, il avait été chargé de porter à Rome la tiare que l'Empereur offrait au Pape et qui figure encore dans les trésors du Vatican à l'honneur de l'orfèvrerie française ; il eut soin d'emporter une pacotille de bijoux, passa par Milan où l'on sacrait le roi d'Italie, fit de bonnes affaires avec la reine, reçut à la suite le

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