‹ Joséphine, impératrice et reine, 1804-1809Chapitre 26 sur 104 · LE PROFESSEUR D'HISTOIRE- — LE MÉDECIN 7T · texte numérisé non relu

LE PROFESSEUR D'HISTOIRE- — LE MÉDECIN 7T

se retire satisfait ; l'on dit ensuite, et c'est vrai, qu'elle en sait plus que les princesses d'ancien régime ; et tout ce que les pointus trouvent à lui reprocher, comme un peu parvenu, c'est presque d'en trop savoir. Gela ne vaut-il pas mieux?

Avant de sortir de son Appartement intérieur, José phine recevait encore la visite de son médecin : ellt n'en avait point qui lui fût régulièrement attitré dam le Service de santé de l'Empereur, mais M. Leclerc er remplissait ordinairement les fonctions: c'était son intimité avec Gorvisart qui l'avait fait désigner, plutôt que ses titres de docteur régent de la faculté de Paris, de médecin du Ghàtelet et de l'hôpital de Saint-Cyr, de professeur à la Faculté et de médecin en chef de Saint- Antoine. Au surplus, homme fort distingué, praticien remarquable et passionné pour son art. Lorsqu'il mourut, en janvier 1808, d'une piqûre anatomique, il eut pour successeur le docteur Horeau, élève de Gorvisart, dont il a même rédigé des Leçons sur les maladies de cœur. Horeau ne quitta point l'Impératrice, l'assista dans sa dernière maladie et, plus tard, abandonnant la carrière médicale, devint sous- préfet de Pontoise.

Bien que Joséphine eût une santé de fer, qu'elle soutint la fatigue et les intempéries avec cette incroyable résistance qu'ont les femmes, elle se croyait toujours malade, sollicitait sans cesse des remèdes, abusait des purgations et parvenait à force de petits soins à déranger son économie. Lorsque Leclerc ou Horeau ne savaient plus comment refuser

des médicaments inutiles, ils appelaient Corvisart qui arrivait à la consultation et, avec son sérieux souriant, ordonnait des pilules. Elles étaient de mie de pain, l'Impératrice s'en trouvait immédiatement soulagée et s'empressait de faire au Premier médecin quelque beau présent, comme cette tabatière d'écaillé ornée d'un camée antique d'Esculape qu'on voit au Musée de Gluny. Le pis qu'elle eût étaient des migraines, mais encore assez rares, étant donné son genre de vie, et point si violentes qu'elles l'arrêtassent lorsqu'elle avait quelque chose à faire avec l'Empereur

Précisément à onze heures, car elle portait aux acte.* de son existence extérieure une ponctuelle et ran exactitude, l'Impératrice, en cette toilette presque de dehors, sortait de son Appartement intérieur, tenant de sa main gantée un mouchoir de dentelles. Il n'y avait point de poches aux robes, et ce ne fut que vers 1812 qu'on reprit, des femmes du Directoire, l'usage des réticules, mais en les chargeant cette fois, selon le nouveau goût, d'orfèvrerie et de pierres au fermoir.

Accompagnée de la dame du Palais de jour, qui, le plus souvent, avait assisté à la fin de sa toilette, elle entrait dans le Salon jaune où l'on introduisait les femmes qu'elle avait fait inviter à déjeuner. Au moins depuis l'Empire, Napoléon déjeunait seul dans ses appartements, sur un guéridon volant et le plus rapidement possible. Joséphine, au contraire, avait gardé l'habitude de recevoir des femmes à déjeuner et,

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