LES DAMES DU PALAIS. — TON ET CONDUITE
cause de la chérusque ; les manches, s'il y en a, sont plates et serrées ; en grand habit, pour retenir la robe, à peine, à l'épaule, un bouffant léger qui ne cache pas la moitié de l'avant-bras, point de talons aux souliers ; des corsets qui sont des brassières ; rien qui dissimule les formes vicieuses, qui grandisse les petites tailles, qui comprime les embonpoints. Une femme laide l'est davantage ; une jolie femme l'est mieux, une femme vraiment belle triomphe. C'est ici, pour le physique des femmes, l'ère de la sincérité.
Si elles tiennent à cette mode et si, malgré l'incommode de certains ajustements, elles ne soutirent guère qu'on la change, c'est que ces femmes qui donnent le ton sont presque toutes jolies et jeunes, quelques-unes d'une beauté supérieure, rare et divine. Elles sont entre les êtres privilégiés dont la forme ne doit pas périr. C'est là le trait commun à cette Cour, le seul, peut-on dire ; car si les corps se montrent, les esprits se cachent. Rien ne transperce : lorsque, à la Restauration, l'on cherche 'a, pour salir quelques dames de l'Empire, les anecdotes courantes, l'on ne trouvera rien et l'on en sera réduit à démarquer les vieilles historiettes de Brantôme, de Béroalde de Verville et de Marguerite de Navarre, à mettre en prose les contes de La Fontaine, à rajeunir ce vieux fonds de fabliaux où, depuis des siècles, les amateurs trouvent d'inépuisables ressources de gaudriole. Le diable n'y perd rien, mais, d'apparence, on est sage, et l'on respecte les convenances. On sait
que l'Empereur a sa police, que, s'il y a scandale, il n'est point homme à reculer devant une algarade publique; que, au bal masqué, il est coutumier de leçons de morale et qu'il n'a même pas besoin du domino et du loup pour trouver ces occasions. On sait ce qu'il en coûte pour une fugue, et comme un enlèvement, même eût-on l'esprit de retour, vaut la définitive disgrâce. On sait que l'Empereur ne tolère point à sa cour les femmes divorcées et que c'est là, à ses yeux, une tare dont on ne se relève point. Il ne veut point de bruit ; il ne veut point qu'on parle mal des femmes qui entourent l'Impératrice : à tort ou à raison, on jase sur certaines femmes de ses grands officiers ; il court toute une légende qui sans doute est vraie sur Mme de Talleyrand ; on conte des histoires sur Mme Regnauld ; on en sait sur M*16 Yisconti. Selon les degrés, c'est l'expulsion totale, la disgrâce entière ou une froideur déglace. Qu'une femme ait un amant, il n'importe, mais qu'elle ne le montre point, qu'on n'en parle pas ; que le public n'en apprenne rien ! Aussi, s'il se passe quelque chose, c'est sans bruit, et même s'il s'agit du maître, à la Cour, on soupçonne, on devine, on surprend des traces, a.iis on se tait.
Pour l'Empereur, tout est bien si les choses se passent ainsi, dans ce silence et cette correction commandées, et, lui présent, elles sont telles ; mais, lui absent, les souris s'émancipent. Joséphine n'a point la main assez ferme pour mener ce troupeau composé d'espèces si diverses et si nouvellement agrégées:
LES DAMES DU PALAIS- - JOSÉPHINE l«t
des bandes se forment et des factions ; Joséphine encourage les unes, se trouve en butte aux autres, ne sait point faire exécuter ses ordres, reçoit des algarades et pleure. Elle a conservé des intimités particulières avec certaines de ses dames du Consulat qui se vantent de la mener et y réussissent sans doute ; elle affecte des airs maternels avec les anciennes compagnes d'Hortense ; elle tolère, par le fétichisme d'un imaginaire cousinage, les frasques de sa dame d'honneur ; « elle montre une déférence polie envers celles qui, par l'éclat de leur nom, ajoutent à sa cour un lustre nouveau » ; même, a-t-on dit, elle fait preuve d'une adresse infinie pour conserver la supériorité de son rang. Qu'a-t-elle donc besoin d'adresse, et n'est-ce pas là, de sa part, la faute sans palliatif et presque sans remède? Loin de s'imposer, elle s'excuse. Doutant d'elle-même, elle en fait douter : aux unes, elle va dire qu'elle est très malheureuse de rester assise lorsque des femmes qui naguère étaient ses égales ou même ses supérieures entrent chez elle, qu'on exige d'elle qu'elle se conforme à cette étiquette, mais que cela lui est impossible ; à d'autres, elle marque un contentement étrange, presque un étonnement de les avoir obtenues, cherchant pour s'en parer des parentés lointaines qui, à celles-là, ne doivent paraître que des mésalliances. D'où vient l'honneur? qui l'a sollicité? qui en bénéficie? N'est-ce point assez qu'elle soit la femme de l'Empereur pour qu'elle se trouve au-dessus de toutes les femmes, et, dès lors, laquelle ueut entrer en comparaison avec elle ? Mais elle ne se
sent point née du jour du Sacre, née, comme disait Napoléon, du Dix-huit brumaire ; il survit en elle du Tascher, du Beauharnais, du Bonaparte, et, non seulement elle ne commande point qu'on l'oublie, mais elle se plaît à le rappeler : un jour, à Saint-Gloud, elle traverse deux salons pour donner elle-même un ordre à un valet de chambre ; le Chevalier d'honneur accourt lui représenter l'inconvenance : « Eh ! Monsieur, dit-elle, cette étiquette est parfaite pour les princesses nées sur le trône et habituées à la gêne qu'elle impose, mais, moi qui ai eu le bonheur de vivre tant d'années en simple particulière , trouvez bon que je donne quelquefois mes ordres sans interprète. » Voilà le mot : il explique à soi seul que l'on trouve Joséphine aimable, qu'elle puisse être aimée, qu'elle ne soit jamais respectée. Il montre comme il a pu se produire que, à Mayence, durant la campagne de 1806, certaines de ses dames soient arrivées des tracasseries aux insolences ouvertes, sans qu'elle sentît en soi assez d'autorité pour imposer le respect d'elle-même, de l'Empereur et de l'armée.
A défaut du prestige personnel qui lui manquait, Joséphine n'eût pu être protégée contre les familiarités des unes et contre les méprisantes attaques des autres que par l'étiquette militairement exécutée. Au lieu d'y tenir résolument la main et de s'en couvrir constamment, elle voulut régner sur ses dames un peu comme une maîtresse de maison sur ses invitées, avec les formes qu'aurait prises dans son salon quel-
qu'un comme une Mrae de Mon tesson. L'exemple a dû sans doute se présenter plus d'une fois à sa mémoire, car c'a été là son modèle et son guide durant le Consulat. Et vraiment, on peut se demander si elle estimait ce qu'elle était devenue, ce que l'avait faite Napoléon, au niveau d'un mariage morganatique avec un duc d'Orléans. Jamais elle ne prit la notion de ce qu'il était, jamais elle ne participa à cet orgueil qui mettait ses pieds à lui au-dessus de chaque marche qu'il gravissait. Jamais elle ne sentit qu'un aigle l'avait portée à travers les espaces jusqu'au trône d'un dieu.
A ce point de vue, l'étude de la Maison de Joséphine n'est point indifférente, puisque tout son caractère s'y reflète et que l'on y trouve toutes les nuances de son esprit ; mais peut-être conviendrait-il de se borner aux dames du Palais, car, sur le choix des chambellans et des écuyers, son action semble avoir été beaucoup moins directe et son goût bien moins consulté. Néanmoins il est, çà et là, des points à relever.
L'on ne croirait pas, à voir les noms des chambellans, que, pour les trouver, l'on se soit d'abord heurte à bien des refus. « En 1804, a dit Philippe de Ségur, à fort peu d'exceptions près, portant sur plusieurs nobles obscurs, pauvres et ruinés et sur d'autres déjà engagés dans la fortune de Bonaparte, il fallut d'abord bien des négociations et des séductions ae
diverses natures pour attirer et décider quelques noms connus à entrer dans la première composition de la Cour. » Quels qu'aient été les moyens employés, la somme en noms connus des chambellans de l'Impératrice excède singulièrement celle des dames du Palais; l'élément Beauharnais a été exclu ; on n'a point eu déménagements à garder pour des positions acquise? et les anciens souvenirs ont été moins consultés.
C'est pourtant à ces influences et sans doute au désir manifesté par Joséphine que M. Champion de Nansouty a dû sa place de premier chambellan à 30 000 francs d'appointements. De famille, peu de chose ou rien : ces Champion, originaires d'Avallon, décrassés de roture vers la fin du xvne siècle par un secrétariat du roi, ayant eu, dès lors, pour honneurs deux maires d'Avallon, ne seraient point pour compter, s'ils n'avaient eu, semble-t-il, une alliance avec certains Minard dont s'est trouvée être la mère de Mrae de Montesson. Cela vaut déjà une part de la faveur de Joséphine. M. Champion, qui possédait un coin de terre à Nans-sous-Thil, et qui s'en était fait ce nom qui sonne en noblesse, avait été élevé à Brienne, reçu à l'Ecole militaire, renvoyé, mais, tout de même, en 1785, nommé sous-lieutenant dans Bourgogne-Infanterie ; dix ans après, il était général de brigade ; et, le Consulat survenant, en passe, par Mme de Montesson, d'obtenir beaucoup, mais il se procura encore déplus actifs protecteurs en épousant la propre sœur de Mme Rémusat et en unissant ainsi sa fortune à celle de cette personne. Tout de
suite, cela lui valut la troisième étoile, puis cette place ; mais, dès les premières cérémonies, il se trouva en lutte pour le pas avec le Premier écuyer et, la Maison s'augmentant, il ne vint plus qu'en troisième rang. Cela se pouvait-il supporter ? Il reçut, en échange (1er juin 1808), la place de Premier écuyer de l'Empereur, avec les mêmes émoluments, et l'exercice de l'office de Grand écuyer en l'absence, presque continuelle, de Caulaincourt. Et ce n'est point assez des gratifications continuelles, ce n'est pas assez que Napoléon l'ait fait grand-aigle, colonel général des dragons, comte de l'Empire avec 58 728 francs de dotation, qu'est cela pour un homme de ce mérite? En 1814, le premier avec Dessole des officiers généraux à adresser son adhésion au Gouvernement provisoire et à séparer sa fortune de celle de Napoléon, c'est ce Champion de Nansouty : Mme de Rémusat a passé par là.
Avec ce Champion, avaient été nommés MM. de Beaumont et d'Aubusson-la-Feuillade. Là. l'ascension était visible. Sans être de famille illustre, les Bonnin de la Bonninière de Beaumont étaient d'une famille connue comme noble dès le xiv° siècle, qui avait fourni plusieurs pages du roi et avait été admise aux honneurs de la Cour. M. André de Beaumont, après avoir passé aux pages, avait été major du régiment d'Anjou et avait épousé M118 de Miromesnil, nièce du Garde des sceaux. Brave homme, d'esprit un peu court, disposé à tout pour plaire, il eût fort bien fait en sa place s'il ne se fût un peu trop prêté à amuser
la maîtresse, ne se fût montré serviable au point d'en devenir le plastron de la Maison. Les Beaumont étaient la plupart ralliés : le frère d'André ayant épousé la sœur de Davout ; des autres, plusieurs servaient. Aussi n'avait-on point dû insister pour l'obtenir.
C'était Mme de la Rochefoucauld, disait-on, qui avait amené M. d'Aubusson ; on s'en parait et c'était, alors, ce qu'on avait de mieux. Pierre-Raymond-Hector d'Aubusson, marquis de Gastelnovel, de Saint- Paul, de Serre et de Melzéard, comte de la Feuillade, vicomte d'Aubusson , baron de la Borne et de Pérusse, ayant eu, dans sa maison qui remonte authentiquement au delà de l'an 800, la grande maîtrise de Saint-Jean, deux bâtons de maréchaux, au moins deux colliers de l'Ordre, était impossible à surpasser en noblesse, mais il n'avait point fait fortune sous l'ancien régime. Cadet à l'Ecole militaire en 1779, il arrivait à peine lieutenant-colonel à la Révolution, après avoir traversé toutes les armes : il fut, affirmet-il, nommé colonel trois jours avant le voyage de Varennes, mais n'eut point son brevet. Il émigra alors, mais d'une façon obscure et sans prendre de service, rentra aux premiers jours du Consulat et fréquenta dès lors un monde qui voisinait avec les amis du Château. 11 voulait ses biens et une place, s'empressa donc de passer par la Cour pour obtenir la légation de Toscane, puis l'ambassade de Naples, et, d'un poste comme de l'autre, fut un des plus hardis quémandeurs. Toute somme lui était bonne et il pre-
nait jusqu'à 6 000 francs. Au reste il ne se croyait point tenu à reconnaissance : « Vous savez mes services sous le dernier Gouvernement, écrivait-il à M. Talleyrand, le 18 août 4814 : J'en ai été très mal traité puisque je ri ai jamais eu que la simple croix de la Légion d'honneur. »
A la promotion du 12 pluviôse an XIII (1er février 1805), sans doute, les demandes étaient plus abondantes, les choix avaient pu être plus étendus, et M. d'Aubusson s'était employé pour recruter ou avait servi d'amorce. Ce fut lui qui romit la lettre par laquelle Très haut et Très puissant Seigneur, Messire Alexandre-Léon-Luce de Galard de Béarn, marquis de Brassac, comte de Béarn, baron de la Rochebeaucourt, sollicitait la clef de chambellan Or, étant données les idées de fusion, nul n'était désirable au degré de M. de Béarn. Par lui, la plus illustre famille de Guyenne, issue des comtes de Lomagne et, par eux, des ducs de Gascogne, la noblesse la plus pure et la moins contestable ; par sa femme, MUe Pauline de Tourzel, la noblesse de cour la plus réfractaire, la plus inféodée aux Bourbons, la plus approchée de leur personne, la plus intransigeante, la plus hostile aux ralliés, rentrait aux Tuileries. Gouvernante des enfants de France aux jours de l'extrême péril, Mme la marquise de Tourzel qui était Groy, dont la mère était Luxembourg, avait élevé cette dernière fille dans la religion de la monarchie. Pauline avait été la dernière compagne des jeux de Madame et du Dauphin. Avec sa mère, elle avait vu le voyage de Varennes, le Vingt
Juin, le Dix Août, elle avait vu Septembre et ne savait encore pourquoi elle avait échappé. Elles avaient, elles deux, pleuré avec l'orpheline du Temple et c'étaient elles qui lui avaient transmis les dernières instructions de son père. Gomment penser à rompre de tels liens et n'était-ce point un sacrilège? Mais M. de Béara était très gêné d'argent, étant donnés les procès qu'il avait soutenus pour la succession de son grand-père et, en se ralliant, il comptait qu'on lui rendrait ses biens, ceux de quelques parents, qu'il obtiendrait de menues faveurs ; il fit done la démarche décisive sans en avoir le moins du monde parlé à sa femme, qui, lorsqu'elle apprit la nomination, fut au désespoir, déclara que c'était une tyrannie sans exemple et qu'elle voulait que M. de Galard refusât. En conscience, le pjuvait-il? et si, lui, en tira quelque présidence de collège électoral, l'étoile de la Légion et le titre de comte, sa femme même ne dédaigna point à des moments de se servir de la clef de son mari pour s'ouvrir la porte du cabinet de l'Empereur : il est vrai que c'était pour demander des grâces en faveur de diverses personnes de sa famille. La fin justifiait les moyens.
M. de Galard-Béarn avait bien fait de se presser : il fut le dernier des chambellans à 12 000 francs. Ensuite, on ne les paya plus que moitié, 6 000, et l'on en trouva autant qu'on voulut et de bonne race.
Pourtant, quoique dran tienne maison et avec un marquisat de 1620, M. de Saint-Simon-Courtomer, dont la famille n'avait nul rapport avec les Rouvroy
de Saint-Simon, ne pouvait être mis sur le même pied que M. de Galard. Bien plus âgé que ses collègues, car, à son entrée à la Cour, il avait passé la cinquantaine, il porta aux Tuileries quelque chose du tour et du genre d'esprit qu'on avait à Versailles aux dernières années du Bien-aimé. Gela étonna. On le fit tout de même président de collège électoral, officier de la Légion, comte de l'Empire ; tant on était convaincu qu'il ne pouvait y avoir d'autre maison de Saint-Simon, que c'était ici la ducale — ou du moins qu'on en donnait l'illusion.
La grandeur de M. de Gavre était plus réelle, bien qu'elle ne fût pas française : Prince de Gavre par diplôme impérial de 1736, marquis d'Àiseau, comte du Saint-Empire, de Peer, de Frezin, de Beaurieux et de Castelnuovo, vicomte du Quesnoy, baron de Monceau, grand échanson héréditaire de Flandre, cela comptait et il le fit payer: douze jours après sa nomination, M. de Gavre obtint la levée du séquestre sur les biens du général major de Gavre, resté au service d'Autriche ; en 1806, il usa et abusa de son titre pour venir solliciter en Espagne un procès suiv; par sa famille depuis cent cinquante ans et qu'il ter mina à son bénéfice ; la même année, il conquit l'étoile de la Légion ; en 1808, il se fit donner le titre de comte sur promesse d'un majorât qu'il n'institua point; en 1810, — par quel hasard! — il lui plut d'entrer dans l'administration et on le nomma préfet de Seine-et-Oise : triste préfet que l'on maintint pourtant près de trois ans. C'était presque la fin lorsqu'on
s'avisa que M. de Gavre était d'une sottise dangereuse. Il retourna aux Pays-Bas où on le vit général major et grand maître des cérémonies.
En 1807 seulement, l'Empereur compléta en chambellans la Maison de l'Impératrice, et l'on est assez embarrassé de dire pourquoi il y ajouta, ce deux noms. L'un n'avait rien d'illustre: Du Val; c'était celui d'une famille normande divisée en deux branches : d'Epremesnil et du Manoir. Peut-être Joséphine, qui avait été des plus liées avec le d'Epremesnil, conseiller au Parlement, céda à ce souvenir en prenant ce cousin dans sa maison. Pour l'autre, nul plus grand, car c'était Montesquiou; mais Rodrigue-Charles-Eugène de Montesquiou, nommé en 1807 chambellan de l'Impératrice, était dès longtemps engagé au service et passionné pour le métier : quoiqu'il eût épousé Mlle d'Harcourt, il ne résida guère à Paris, et c'est au feu qu'il gagna le titre de chevalier, puis de baron de l'Empire, l'aigle d'or de la Légion, une dotation de 10 000 francs, l'aigrette de colonel du 13e chasseurs, — et tout cela pour mourir de maladie, à Giudad-Rodrigo, vers la fin de 1810. Ce Montesquiou était le petit-fils du Conquérant de la Savoie, le fils aîné de Elizabeth-Pierre, celui qui, ministre en Saxe de 1791 à 1792, émigré alors et fort mal accueilli par les Princes, venait de se rallier à l'Empire en assistant au couronnement comme président de canton et était entré au Corps législatif en 1805. En 1809, il remplaça le prince de Bénévent dans la charge de grand-chambellan, et en 1810, sa