‹ Joséphine, impératrice et reine, 1804-1809Chapitre 60 sur 104 · PRÉSENTATIONS · texte numérisé non relu

PRÉSENTATIONS

choqué par des mots, des phrases, des attitudes ; il ne consent qu'à grand'peine à ce bal de 1806 ; il se refusera à tout autre. Au reste, ne fît-il pas mieux? La bourgeoisie a de telles façons de marquer sa gratitude aux souverains qui le plus souvent la firent ianser, qu'il est préférable d'économiser les violons.

Donc, plus va Napoléon, plus il se tient uniquement dans la société qu'il voit et qu'il laisse, voir à l'Impératrice, aux personnes présentées et la présentation est une cérémonie qui, chaque jour, prend une plus grande importance. Sans doute, ce n'est point ici comme dans l'ancienne Cour, il n'y peut être question de quartiers, mais on n'est que [dus strict pour les grades : Pour qu'une dame ait le droit d'être présentée, il faut que son mari occupe une place dans le service d'honneur de Leurs Majestés, des princes et princesses, qu'il soit ambassadeur ou ministre dans les cours étrangères, général, colonel, président de Collège électoral ou de Collège d'arrondissement, membre de Collège électoral de département, préfet, maire d'une des trente-six Bonnes villes, président ou procureur impérial près les Cours d'appel et de justice criminelle ou président de Consistoire. Les autres Françaises peuvent le demander, mais si elles ne tiennent point à l'ancien régime et ne sont point ci-devant titrées, il est rare qu'on le leur accorde. Quant aux étrangères, ce sont leurs ambassadeurs ou ministres qui répondent d'elles et il s'introduit en usage que celles-là seules qui, dans leur

pays, ont été présentées à leur souverain, le soient à l'Impératrice.

Le Grand chambellan prend, sur les présentations demandées, les ordres de l'Empereur et adresse à la dame du Palais qu'il choisit et qui doit assister la nouvelle présentée, une lettre dont la formule est imprimée :

Le Grand Chambellan a l'honneur de prévenir Madame que Madame

sera présentée à S. M. l'Empereur et Roi Dimanche prochain après la

messe, au Palais

Le Grand Chambellan prie Madame d'agréer ses respectueux hommages.

La dame, prévenue, fait ses visites à la Dame d'honneur ou à la dame du Palais, son introductrice, qui a soin de se renseigner des tenants et aboutissants de famille, afin de fournir, au besoin, quelques notes à l'Impératrice.

Au dimanche fixé, après la messe, la dame arrive seule, vêtue, selon l'étiquette, d'une robe de belle étoffe française, lamée, brodée, brochée d'or ou d' argent, sur laquelle est appliqué un bas de robe de velours à dentelle d'or ou d'argent, long de trois aunes. Sur la coiffure qu'on fait à son gré, il faut trois belles longues plumes blanches qui tombent sur le cou et les épaules; les diamants sont à discrétion.

Page 1