‹ JoujouxChapitre 104 sur 111 · ACTE m, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE VI

MAURICE

Los femmes veulent toujours qu'on les loue de leurs trahisons.

Leurs trahisons ! Si je vous avais appartenu, Blanche en serait morte.

MAURICE

Blanche n'aurait rien su.

Blanche savait tout.

MAURICE

Blanche savait que je...

Tout ! tout ! tout !

MAURICE

Vous ne prétendrez pas qu'elle a connu...

Tout. Et maintenant, n'espérez plus une parole à ce sujet; vous m'avez contrainte à livrer un secret dont j'avais la garde, et je vous en veux.

MAURICK

Voyons, expliquez-moi, au moins...

lUO JOUJOU

Vous n'obtiendrez rien de plus. Si, un conseil, suivez-le, et mon infidélité aura servi Blanche : il faut être très tendre avec votre femme et vous n'aurez pas le temps, vivrait-elle vieille, de racheter tout ce qu'elle a subi.

MAURICE, se touchant le front.

Quel chaos vous faites régner là-dedans! (Un temps.) Eh bien, non, non, malgré tout, j'ai peine à vous croire.

J'ai donc bien l'air de mentir! Considérez mon existence, depuis notre séparation, j'ai vécu loin de Paris; à Paris, je risquais de vous rencontrer, et puis parmi tant de souvenirs, je me sentais plus près de mon chagrin... J'ai erré sans but, d'endroit en endroit, à peine avais-je essayé d'un séjour que je le prenais en haine, je pensais : « Ici, j'ai trop souffert, partons! » et je m'en allais ailleurs, mais ma souffrance me suivait à la trace... Telle a été ma vie; croyez-vous que je l'aie menée pour rendre mes mensonges plus vraisemblables?

MAURICE

Ainsi, vous m'avez aimé! Dire que je vous ai crue incapable d'amour!

Oh !

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