ACTE III, SCÈNE M
rière d'amant, à Theiire où les passions sont fortes et inoubliables. Et vous, vous étiez la femme prédestinée, celle dont le souvenir fait de nos autres conquêtes des passe-temps ou des variantes.
Je ne vous crois pas, vous mentez !
Celle dont le désir vit au fond de notre être et ne meurt qu'avec nous-mêmes.
Menteur! menteur!
MAURICE
Vous savez bien Joujou, que je ne vous mens pas.
En tout cas, moi, je ne vous aime plus.
MAURICE
Vous ne m'aimez plus? Aucune parole entre toutes n'est aussi loin de votre pensée.
Mon cher, vous devenez fat.
MAURICE
Vous faites effort pour trouver ces mots-lù I
Je jure que je ne vous aime plus.
MAURICE
Je jure que vous m'aimez encore! (Un silence.) Pourquoi vous débattre ainsi?
Et si c'était vrai, si j'étais une pauvre femme stupide. si j'avais cette faiblesse, cette folie de vous aimer encore 1
Le sort nous doit une revanche, il y a trois ans, un soir comme celui-ci, nous balbutiâmes la première page, reprenons le beau livre délaissé, et jurons cette fois de lire plus avant !
Mon pauvre ami, voilà ce que vous avez trouvé!... Alors, j'aurais le jour caché mes larmes, la nuit étouffé mes cris, j'aurais soutenu toutes les luttes, souffert tous les déchirements pour tomber dans vos bras à la première rencontre! Y pensez-vous?
MAURICE
Ne soyons pas logiques, soyons heureux.