ACTE PREM[ER, SCÈNE III
MAURICE
La vôtre suffit... Alors, c'est un marJjre, votre amie?
GERMAINE
Un marbre!
MAURICE
Dame! a-t-elle été amoureuse de son mari?
BLANCHE
Ce pauvre Meyran!... Il ne faut pas demander 1" impossible!...
MAURICE
Meyran était un homme des plus estimables.
Oh! Mauwce, tu ne pouvais pas le souffrir!
GERMAINE
Il est inouï, ma chère!... Il vous soutiendrait mordicus des choses... Et vous, notre oncle, vous êtes là et vous ne dites rien, défendez Joujou, voyons!
LE CERTIER
Mes chers amis, voulez-vous mon avis? Je ne trouve pas votre conversation très... très chic.
MAURICE
Et pourquoi?
LE CERTIEK
Oh 1 elle n"a rien de criminel, mais enfin Joujou est notre amie très chère, elle nous tient pour ses très chers amis, et certainement elle compte qu'en son absence nous ne la discutons pas, nous ne l'épluchons pas, comme s'il s'agissait de Madame Trois Etoiles.
BLANCHE
Hubert a mille fois raison.
MAURICE
Hubert tourne au vieux raseur.
LE CERTIER
n est possible que je sois un raseur, mais, alors, je l'ai toujours été, car mes opinions n'ont pas varié sur ce point-là. Du reste, à quoi bon tout ceci? Nous sommes très convaincus, toi le premier, que l'existence de Joujou est pure comme cristal et...
Mais je n'en suis pas convaincu du tout 1
LE CERTIER, nerveux.
Eh bien, tu es un imbécile!
BLANCHE
Oh! oh! notre oncle!..