‹ JoujouxChapitre 72 sur 111 · ACTE II, SCENE V 12f · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE V 12f

BLANCHE

Si lu l'ignores, moi, je le sais.

Eh bien, je ne te crois pas, lu calomnies, ta souffrance t'a rendue méchante 1 Cette petite t'aime tendrement...

BLANCHE

C'est vrai, elle m'aime bien. Qu'esl-ce que cela prouve? Tu peux me croire, Germaine comme les autres. J'ai suivi les phases, je l'ai vue provocante, puis amoureuse, puis triomphante, puis angoissée, et puis, des mois durant je ne l'ai plus entendue rire et les gens lui ont trouvé mauvaise mine... Joujou, je te le dis, les femmes' qui aiment un homme pareil sont punies! Fatalement, une heure vient pour elles d'être laides et désespérées.

JOUJOU, fondant en larmes.

Oh! Blanche, Blanche, c'est atroce!

BLANCHE

N'est-ce pas?

JOUJOU, qui s'est laissé glisser du canapé et qui a la tête appuyée sur les genoux de Blanche.

Blanche, je te plains de toute mon âme! (Eiiepieuw*

éperdument.)

130 JULJUL

BLANCDE

Pleure, malheureuse Joujou, tu crois pleurer sur ton amie Blanche et c'est sur toi-même que tu pleures.. . Va, je les reconnais ces sanglots, combien de fois ils ont animé ma solitude!

Blanche, pardonne-moi !

BLANCHE

Chut !

Je t'en supplie, pardonne-moi!

BLANCnE

Tais-toi, tais-toi!

Ne me refuse pas ton pardon, [tu peux encore me l'accorder; je t'en fais le serment sur toi, sur nous...

BLANCHE

Tais-toi, Joujou, Dieu merci je n'ai rien à te pardonner!

Oh si ! oh si !

BLANCHE

Rien, je le sais (Un temps.) Joujou, il faut te relever et sécher tes yeux (Un temps.) L'heure de ton départ approche, Maurice peut revenir d'un moment à l'autre.

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