II. Le Sol
Salure : Impressions de route à Trinidad, à la Jamaïque, à la Guadeloupe,
aux Seychelles, à Anjouan, à Zanzibar. Les expériences de Madagascar. — Fertilité,
Considérations diverses. Les cocoteries de l'embouchure du Zambèze (Roixot). — Terrains
coralliens. Pourquoi il n'y a pas de cocoteries à la Barbade. — Sables. Humus. Calcaire. — Comparaison
des sables riches de la Trinidad avec les sables pauvres de l'Est de Madagascar : Fertilité relative
des sables de la bande littorale, comprise eulre la mer et la lagune. — Terrains
volcaniques et granitiques. — Couclusions plus particulièrement
au point de vue des sols de Madagascar.
Par M. A. Faucuère.
tlBKARY NEW VORK aOTANfC-.L
UAROeW,
Tous les auteurs s'accordenl pour recon- dessus de la mer; il ne semble pas cepen-
naître au cocotier des tendances lialophytes dant que ce sahle soit salé, car il porte
très marquées, et un grand nombre d'entre aussi de fort belles plantations île cannes h
eux avancent qu'il préière les sols sau- sucre (1).
maires des bords de la mer à tous les Du reste, l'action du sel marin el de
autres. l'eau de mer sur le cocotier parait ètie
Il est indiscutable que le voisinage de la beaucoup moins grande qu'on ne l'a prémer lui est favorable ; il est également cer- lendu. INous sommes à peu près certain que tain que l'eau de mer n'a aucune influence ceux qui donnent du sel marin comme
fâcheuse sur lui, quand elle est en contact avec ses racines; nous avons vu aux Antilles des cocotiers baignés régulièrement par le flot à marée haute qui se portaient fort bien.
Toutefois, il semble excessif de conclure
engrais à leurs cocotiers perdent leur temps et leur argent.
A la cocoterie de Vohidatra et à la station d'essai de l'Ivoloina, près de-Tamatave, nous avons conduit pendant trois années consécutives des expériences qui
qu'il préfère les sols saumàtres. Pour notre nous autorisent à émettre cet avis. part nous l'avons observé dans plusieurs De jeunes cocotiers ont reçu régulièrepays, à la Trinidad, à la Jamaïque, à la ment, au commencement de chaque tri- Guadeloupe, aux Seychelles, à Zanzibar, à mestre, 3 kilogrammes de sel marin, on ne Anjouan; dans aucune de ces contrées il remarque aucune différence entre leur ne croit sur des sols réellement imprégnés végétation et celle des témoins, d'eau de mer. L'eau de mer ne semble pas non plus avoir C'est à la Trinidad que nous avons vu d'influence marquée. Depuis trois ans, à la les plantations situées aux plus basses cocoterie de Yohidotra, on ariose chaque altitudes. Dans le district de Cedros, les matin dix cocotiers à l'eau de mer; dix
cocoteries sont installées, pour la plupart,
sur un banc de sable très peu élevé au-
— (1) Voir « J. d'A. T. », n» 60, p. 67.
(1) La canne à sucre n'est pas absolument incompatible avec le salant. V. « J. d'A. T. », et. surtout, les récentes publications de M. Prinsex Geeiiligs i,Java) et de la station dllùnolulu.
lut)
JOURNAL DAGRICL'LTL'UE TROPICALE
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palmiers voisins rcroivont une ('■gale ration dcau douce. Ces vingt |)almiers se comportent absolument de la nu'nn- manière et ni" paraissent sensibles qu'aux arrosaires réguliers; en saison sèclie ils sont, les uns et les autres, beaucoup plus verts que leurs voisins non arrosc's.
Jadis, il s'était accrédité à Madagascar une opinion très fausse. On disait couramment que le cocotier n'est pas difficile et qu'il peut se contenter des sables les plus pauvres.
Cette opinion erronée a entraîné quelques mécomptes sur la côte Est et on parait maintenant être revenu à une appréciation plus juste des exigences de cet arbre.
En réalité, bien qu'il soit capable de prospérer dans des terrains qui conviendraient mal i\ d'autres cultures, — à cause de leur proximité de la mer, — c'est un arbre assez difficile sous le rapport du sol.
Il ne parait pas possible diudiquer le terrain idéal qui lui convient. .Nous l'avons vu pousser et prospérer dans des terres bien diverses. A la Triiiidad, les plus belles plantations sont établies sur un banc de sable f'nimé par dos alluvions marines; à la Jamaïque, dans la région de Port- Antonio, le sol des cocoteries paraît être d'origine corallienne, comme à Zanzibar ; aux Seycbellcs, il semble bien que les terrains plantés en cocotiers aux environs de Mabé sont dus à la désagrégation des roclies primitives, gneiss et granit; à Anjouan, où ce palmier prospère parfaitement sur les collines des bords de la nier, le sol est d'origine franeiiemenl xolcaiiique.
11 nous est bien diflicile d'indiquer lequel, parmi ces terrains si divers, convient le mieux au cocotier.
Seules des études comparatives faites dans ces différents pays permettraient d'émettre un avis ferme à ce sujet.
Ces études, nous ne les avons mallieureusemenl pas laites et nous ne pouvons pas nous permettre de nous (irononcer en faveur de; telle ou telle terre.
Coatentons-nous de constater que dans
liius les pays énumérés plus baul la culture de cet arbre est léiiiuiK-ralrice.
Si. à uotre avis, on ne peut pas indiquer le sul (|ui convient le mieux à ce |)almier, il est |)liu leurs points sur lesquels ou peut donner des indications précises.
On sait parfaitement qu'il a des préférences calcicoles très marquées, et la présence du calcaire dans le sol est un lieureux indice de réussite pour les plantations. Encore faut-il remarquer cependant qu'il prospère sur des terres dans les(juelles l'analyse chimique ne décèle que des traces de chaux.
Les terres fortes ne lui conviennent pas du tout. Il demande des terres légères, meubles et profondes.
Les alluvions déposées par les rivières ([ui descendent des montagnes granitiques semblent de même lui être favorables.
Nous connaissons dans plusieurs vallées de la côte est de Madagascar, sur des terres de celte nature, de beaux cocotiers qui fructifient d'une façon très satisfaisante.
M. RoLLOT a fait à ce propos des observations très intéressantes pendant son voyage à la côte orientale d'Afrique. 11 a vu, à l'embouchure du Zambèze. dans l'île il(> Sanibo, dont le soi est une ailuvion très riche en mica noir, de jeunes plantations de cocotiers ayant pris un développement vraiment extraordinaire, il rapporte que des arbres de quatre ans portent déjà des régimes de plusieurs noix. Un tel résultat est surprenant, car dans les meilleures situations à la 'l'i inidad, le cocotier n'arrive à ce développement que sept ans après la phyilaliou.
Les terrains formés par des débris de coraux mélangés d'algues marines et de squelettes d'animaux marins, paraissent également être pour lui des sols de prédilection. On sait, en elTel, qu'il prospère aduiiiablement dans les atolls du Pacifique. 11 constitue à peu près l'unique richesse de plusieurs des îles de nos élablissements d'Océauie.
Ces îles singulières sont au plus élevées de 2"", 50 à 3 mètres au-dessus du niveau
Avril 1907
de la mer, de sorte que les orbres trouvent toujours dans la terrela quantité d'eau qui leur est nécessaire. Cette condition paraît ètie, pour les terrains de cette nature, un des facteurs les plus importants de la réussite, et il est très probable que si ces mêmes sols coralliens se trouvaient beaucoup plus élevés au-dessus de la mer, le cocotier ne pourrait vivre dessus.
Personnellement nous avons fait en visilant la Barbade des conslalatioiis qui méritent de prendre place ici.
Cette ile anglaise est indiscutablement d'origine corallienne et elle a certainement été produite par un soulèvement marin.
Son sol semblerait devoir convenir au cocotier tout aussi bien que celui des atolls du Pacifique. L'altitude maximum de cette île est de 70 mètres, son étendue est si minime que les vents de mer s'y font sentir partout. On serait tenté de voir là les conditions idéales de réussite du cocotier; cependant ce palmier est excessivement rare à la Barbade ; il ne nous souvient pas d'en avoir vu un seul dans l'intérieur de
nie.
Cette constatation est d'autant plus frappante que toutes les îles des Antilles en possèdent de grandes quantités et, en la faisant, on est amené à rechercber la cause pour laquelle les cocotiers sont si rares à la Barbade.
Cette cause ne réside pas dans la sécheresse du climat; les tables météorologiques de l'île accusent pour vingt années une bauteur moyenne annuelle de pluie voisine de 1",60. Cette quantité d'eau est répartie sur tous les mois de l'année, il n'y a pour ainsi dire pas de saison sèche à la Barbade.
Il faut donc attribuer la pauvreté en cocotiers de cette île à des conditions spéciales du sol. En elTet, ce sol qui paraît bien réunir toutes les qiuilités du sol corallien des atolls de l'Océanie, présente deux graves défauts : il est peu profond et ne retient pas du tout l'eau. Le sous-sol, qui est formé de blocs de coraux encore en parfait état de conservation, ne se prête
pas du tout à la capillarité et ne peut en aucune façon nudlro à la disposition dos arbres la quantité d'bumidilé que réclament leurs racines.
Ainsi, d'après nous, les sols formés de débris grossiers de coraux ne peuvent con^ venir à la plante qui nous occupe qu'à la condition de reposer sur une nappe d'eau peu profonde, dans laquelle ses racines trouveront l'humidité qui lui estnéeessaire.
La môme observation semble s'appliquer aux sols sableux, comme ceux (jui portent les belles cocoterics de Trinidad. A la plantation « Constance », que nous avons plus spécialement étudiée, le plan d'eau se trouve à 2°', 30 environ.
Nous avons lu quelque part que le défaut d'humus dans les terres n'est pas un obstacle à la culture du cocotier; tel n'est pas notre avis, il paraît au contraire que la matière organique est pour lui, comme du reste pour toutes les plantes, un élément indispensable, et les sables qui en sont dépourvus ne se prêtent pas du tout à sa culture.
A la Trinidad, les sables des cocoteries contiennent, mélangés à toute leur masse, beaucoup de débris organiques, en même temps qu'une grande quantité de coquillages, source de calcaire.
11 est inutile d'insister ici sur la différence très apparente qui existe entre ces terres sableuses et celles de la côte est de Madagascar, dont on a voulu, bien à tort, semblet-il, faire des terres à cocotiers.
Les premiôr-es, celles de Trinidad, sont à peu près semblables à elles-mêmes dans toute leur épaisseur; elles contiennent des détritus organiques, des coquillages, des débris de coraux mélangés à toute leur masse.
Tout, en un mot, décèle dans les terres une origine marine et par suite une grande richesse en calcaire. Les détritus organiques qu'elles contiennent viennent de ce qu'elles reçoivent une partie des limons jetés à la mer par les bouches de l'Orénoque.
Les secondes, celles de Madagascar, présentent à leur surface une couche d'humus
JÛI liNAI. |i.\(iKlCULTL"l(l-; THOIMCALK
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dY^|iiiissfiir variable, d<5passant rarcmonl 30 cenliinètres.
Cet humus est particulier, et ressemble beaucoup à celui des n terres de bruyères » caracliTisliques des bandes granitiques d'Europe.
Au-dessous de lui on observe une couche de sable rougeâtro prcsenlani sur plusieurs mètres de prol'ondeur une uniformité remarquable. Ce sable ne renferme aucune trace (le ib'bris organi<|ues, non plus que de coquillages ou de coraux.
11 nous semble bien qu'il soit totalement dépourvu de calcaire.
E. (lAUTHiER, dans son bel ouvrage : Essai (le ffcot/rap/iic physlqui- de Madagascar, s'exprime ainsi au sujet des sols sableux du littoral de la côte Est : » Ce sol n'a pas seuleaientl'originalilé'd'èlre sablonneux ; la proximité des bancs de coraux, éternellement triturés par l'océan, laisse à supposer qu"il contient une assez forte proportion de calcaire. »
Les observations pratiques que nous avons exposées plus luiul paraissent être en contradiction avec celte opinion d'un aulcursi aulorisé.En réalité, elles ne le sont pas. 11 existe sur la côle esl de ^Madagascar deux zones de sable; l'une, très étroite, qui s'étend le long du littoral entre la lagune et la mer; l'autre, beaucoup plus importante, qui s'étend entre la lagune et les marais la séparant de la première ligne des collines.
Les observations de M. E. Gaithier sont parfaitement justes pour la première bande de sable; et il semble que les nôtres s'appli(|iient à la seconde.
.Vjoulonscjue la dill'érence entre ces deux zones est très marquée par la végétation qui s'y développe spontanément après qu'elles ont été déboisées.
Sur la bande qui s'étend entre la mer et la lagune on rencontre très raiemcnl une grande fougère, sorte de Pleris, très analogue au P/rris (ii/iilliii/i, des châtaigniers de France, qui ])ousscnt au contraire en abondance, souvent en compagnie <rune bruyère sui- Il MIS les sables de la deuxième zone.
Les terres volcaniques, avons-nous dit, peuvent porlerde belles plantations île cocotiers; les résultats dbleiuis à Anjuuan et aux Comores autorisent à émettre cette opinion.
Les terres granilii|iies elles-mêmes peuvent dans certaines situations être cultivées avantageusement; les excellents résultats obtenus par les agriculteurs des Seyclielles en sont une preuve.
Mais il est une opinion en-oni'e très répandue, à savoir (]ue le cocotier |)rélère les sols très sableux à tous les autres. En réalité, les sables qui se lenconirent souvent le long du littoral ne lui peuvent convenir que s'ils contiennent des matières organiques et du calcaire. On juge sans difliculté la fertilité de ces sortes de sols à la végétation spontané'e ([ui les recouvre; s'ils ne portent qu nue maigre végétation arbuslive à lacjuelle se mêlent les fougères calçifnges et les bruyères, on peut être certain (|uils ne peuvent se prêter à la culture du cocoli(>i'.
l'inlin, dans tous les cas, on doit se rappeler que le cocotier est un arbre qui ne supporte pas du tout les siii> marécageux, il lui faut des terrains sains.
I']n somme, si nous clierrhons à résumer ce qui précède, nous ui>u> troUNdus tort embarrassé pour indiquer en quelipies lignes les conditions de sol à rechercher quand on désire installer une cocoterie.
Si on arrive dans un pays neuf, où le cocotier n'existe pas, il semble bien que seuls des essais préalables seront de nature à fournir des indications précises sur les- (|uelles s'ap])uyer pour se-fornier un jugement sain.
Les observations tirées de la végétation spontanée peuvent également guider dans une certaine mesure. Il est bien évident, à moins de se trouver en présence de sols spéciaux comme ceux des atolls qui ne ]inrlent |ias de végétation. (|u'une abondante végi'lalion forestière esl un indice sûr de fertilité. Les planleurs de Trinidad attachent une très grande importance à la ju-ésence de la forêt, même lorsqu'il
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s'agit des sols sableux dont nous avons parle plus haut.
Pour la culture de cet arbre, plus peutêtre encore que pour n'importe quelle autre culture, le choix du sol présente une extrême importance.
S'il est bien choisi, s'il convient bien aux palmiers, ceux-ci commenceront à fructifier vers sept ou huit ans et auront atteint la période de pleine production vers douze ans.
Au coniraire, s'il ne répond pas exactement à leurs exigences, la première récolte pourra se faire attendre jusqu'à douze et quatorze ans et la pleine production n'arriver que vers la vingtième année.
Enfin, si le sol est par trop mauvais la plantation ne réussira pas du tout, quoi qu'on puisse faire.
Nous avons entendu soutenir l'opinion qu'avec des engrais appropriés on pouvait établir des plantations sur des sols très pauvres et en obtenir des résultats satisfaisants.
Ceci est peut-être vrai pour les cultures annuelles; mais il semble que ce soit un non-sens quand il s'agit de plantations arbuslives ou arborescentes laissant attendre très longtemps la première production.
Dehérain' a écrit dans son remarquable Traité de chimie agricole une phrase que nous reproduisons ici et que nous invitons tous les futurs planteurs à méditer : " // eut très clanijereiix d'entrer en lutte avec une mauvaise terre, elle ne rembourse pas les avances ([u'elle a reçues. »
En ce qui concerne plus spécialement Madagascar, il a été écrit beaucoup et depuis longtemps déjà sur l'avenir que cette île réserve à la culture du cocotier.
La côte Est fit naître de grandes espérances, rien jusqu'à ce jour n'est venu les confirmer.
On parle maintenant beaucoup du cocotier pour l'ouest de Madagascar. Il semble que ce versant de l'île présente de meilleures conditions de réussite que le versant Est; mais il serait très prématuré actuellement de se prononcer sur l'importance que la culture de ce palmier est appelée à y prendre.
Des tentatives sérieuses sont faites en ce moment sur plusieurs points, dans le nordouest de l'ile, il faut en attendre les résultats pour se faire une opinion sûre.
A. Falcuère.
Tamatîve, le 17 décembre 1900.
Sur le Marché des Riz en Europe et les Conditions de Production en Indo=Chine
Une petite enquèle sur la place de Marseille : Exigences dos rizeries
et du public. — Les reproclies que l'on fait aux riz des colonies françaises. — Conditions
d'embarquement et de bonne conservation. — Brisures. — Nécessité de syndicats locaux de producteurs,
leur objet : établissement de bonnes races uniformes; d'usines jour la décortication
sommaire du paddy; assistance commerciale.
Par M. F. Main.
Nous avons exposé dans le n° 35 du « .1. d'A. T. », quelques idées personnelles sur le travail du riz sur la plantation, envisageant comme conséquence de cette organisation la possibilité pour les producteurs de s'adresser directement aux marchés métropolitains. Le grand nombre de lettres que nous avons reçues à la suite de cet article nous ayant montré l'intérêt qui
s'attache à cette question, nous croyons devoir exposer ici les résultats d'une petite enquête sur le même sujet, que nous avons menée loi's d'un récent voyage à Marseille.
Cette enquête, disons-le tout de suite, n'a pas été entièrement favorable à nos idées, auxquelles elle a apporté des modifications assez importantes.
En ce qui concerne la production destinée
lUi
.lOLRNAL D'AGRICULTUUE TdOPlfALE
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à l;i rniiMamiialinu lucalc, nous n'avuiis rien ù iijduler h ti' i|Uo nous avons dit in janvier dernier, et nous conlirnioiis vnluntiers nos a[)pi'écialions sur le travail local du riz, léconomiedu transport des déeliels, la valcui' des matières fertilisantes restant sur la plantation, etc. Mais pour Texportation, les conditions sont eomplètomenl différentes.
Marseille travaille des riz de diverses provenances, et, en particulier, une grande quantité de riz d'Indo-Ciiine (dans mw usine en particulier les riz dlndo-Cliine constituent les 2'i de la production totale). Ces riz, ou plutôt les riz des Colonies Françaises en général, sont considérés par les usiniers comme les plus mauvais; cela peut tenir à leur nature et à l'irrégularilé des mélanges envoyés en France; nous avons souvent insisté ici sur la nécessité de la sélection des riz de nos colonies, et nous croyons savoir que plusieurs colons sont entrés résolument ilans cette voie; l'industrie leur fournissant aujourd'hui sous forme de trieurs mécani(|ues parfaitement adaptés au travail ilu paddy, les moyens d'éluMir scientili(|iieinent les liases de cette sélection. Quant au niélaiiue des variétés après récolte il semble plus dillicile à éviter, d'abord parce (jue chacjiie type produit par un planteur n'est pas assez abondant encore pour donner lieu à un travail à lui spécial suffisamment important; ensuite et surtout, parce qu'avec les procédés d'achat en cours, il sera bien difficile au producteur de ([uantités moyennes d'empêcher le Chinois (I) de léunir dans son sampan la production de plusieurs planteurs, et peut-être môme d'améliorer des lots inférieurs en les diffusant dans de meilleures lécoltcs; il y a là toute une éducation à faire : nos lecteurs d'Extrême- Orient seuls seront à même de donner un avis sur sa possibilité.
Les pri.Y obtenus par les riz d'Indo-Chine oscillent autour de 21 francs, alors que cer-
'1,. Dans cet article, nous faisons plus spécialement allusion à nos colimies d'.Vsie. comme étant les plus importants producteurs de riz.
laines [irovenances obtiennent plus du double; certains ri/ île Java sont [»ayés jus(|u'à 'i.'i francs. 11 est juste tic dire (jue ces dillérences de prix ne tiennent pas uniquement à des din'éreuces de qualité, mais que les conditions du transport, assurant leur parfaite conservation, entrent en ligne de compte. Certaines expéditions garanties contre l'échaullement ou la moisissure sont embarquées dans des cales ventilées à grands fr;»is, ce qui naturelleinriil ilniiui' lieu à une |dus-value dans la valeur de la marchandise.
Les chillros ci-dessus ont une conséquence assez inattendue sur Timporlance des brisures : le prix est en eiïet de 18 à 20 francs |)our les brisures des riz valant de •22 à 23 francs, et de 22 à 22 fr. ."iO pour les brisures des riz de grande valeiii'; il s'ensuit que, dans l'état actuel de notre production, l'augmenlation de la proportion des bi'isures n'a qu'une importance relative. Pour lixer les idées, signalons que 10 ° o est considéré industriellement comme une proportion assez faible, qu'il n'y a pas iulérèl à it'duire beaucoup.
Au poicit de vue de rex|)i'ditiiin liirccte en France |>ar les producteurs cidoniaux, il \- a lieu de considérer la l'acun dunt se font les expéditions et les réceptions. Le riz est expédié non pas en vrac, mais en sacs, contenant un mélange de 80 "/„ de riz décortiqué et 20 ° '„ de paddy, la présence de ce dernier étant destinée à empêcher les échaulTements et fermentations CM cours de route. iJe plus les expéditions sont toujours fort impnrlanles, en général 3 à i.UOO tonnes à la fois. Les expéililions sont faites en général par des usines locales ([ui centralisent la production d'une région plus ou moins étendue, et l'envoient apri'S avoir fait subir au paddy un traitement moins parfait à coup sur (juc celui qui serait fait dans des usines françaises, mais assurément moins coûteux. Il ne sauiait donc être question pour les planteurs, comme nous l'avions supposé, d(> pi'oduire du riz blanc, glacé ou non, et de l'envoyer sur les marchés métropolitains; l'envoi du
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iOo
ri/ (Ml niosses, sans paddy conservateur, présenterait des risques capables de comprometlre l'ensemble de la cargaison. Nous croyons de plus avoir compris que le travail du paddy, commencé dans les pays de production, puis achevé en Europe, ollVaitdes avantages au point de vue du prix de revient.
D'un autre côté, nous ne nous arrêterons pas à une observation d'un de nos interlocuteurs sur la conformité des cargaisons et des échantillons <( Qui nous garantirait cette conformité, nous a-t-on dit : un producteur dont l'éloignement ne nous permettrait aucun recours contre lui en cas de désaccord ».
Cette objection ne pourra tenir devant un examen sérieux de la question. S'il peut dans certains cas n'y avoir pas de recours contre un producteur peu scrupuleux, il faut admettre que ce sera l'exception, et d'ailleurs toute opération commerciale ne comporte-t-elle pas de risques? Mais, quatrevingt-dix-neuf fois sur cent, le ou les planteurs soucieux d'établir entre eux et un usinier français un courant d'affaires sérieux trouveront nécessaire h leurs intérêts d'envoyer toujours des marchandises rigou ■ reusement conformes à leurs dires ou écliantilloas, et d'assurer leur expédition dans les meilleures conditions possibles, pour ne pas s'exposer à voir cesser des transactions avantageuses, et à se voir refuser à l'arrivée une importante cargaison, qui nécessairement serait vendue à vil prix au port de débarquement. Ceci est encore plus vrai s'il s'agit d'un syndicat de planteurs opérant sur des quantités beaucoup plus importantes qu'un particulier. Quoi qu'il en soit, nous croyons utile de signaler aux intéressés cet état d'esprit des acheteurs, afin qu'ils en tiennent compte le jour où ils seront en mesure de placer 'sur le marché d'une manière suivie des quantités importantes de paddy d'une qualité soutenue.
Les diverses considérations ci-dessus nous amènent à une conclusion diflerente de celle que nous avions formulée Tan dernier ; nous avions songé à la livraison
par les planteurs du riz décortiqué à de> usines finisseuses indépendantes installées dans les ports d'embarquement et travaillant pour l'exportation soit à leur propre compte soit pour le compte des planteurs. Mous cioyons plus conforme aux conditions commerciales actuellement existantes de préconiser la création entre planteurs de syndicats de production dont le premier soin serait de sélectionner rigouieusetaent leurs variétés. Comme forcément ces syndicats engloberaient les plantations d'une même région, l'obtention d'un type unique serait grandement facilité. L'installation d'une petite usine de décortication, complétée ou non par des magasins, silos ou élévateurs, suivant l'importance de la production des syndiqués et la capacité des décortiqueurs, s'imposerait ensuite; cela ne nécessiterait pas une grosse mise de fonds de la part des adhérents, car il ne faudrait que des appareils de nettoyage et de décortication pour enlever environ 80 7û des balles, le polissage, le brossage et le glaçage ne devant pas être effectués sur place. L'usine, établie au port d'embarquement, pourrait se charger de toutes les opérations d'expédition et surveiller le chargement. Les sous-produits seraient répartis entre les adhérents au prorata de leurs apports respectifs, ou vendus par la direction de l'usine : mais celle-ci ne devrait pas constituer un intermédiaire entre le planteur et l'usinier européen. Il seiait nécessaire que ceux-ci fussent en rapports directs. Nous ne croyons pas que ces relations soient impossibles à établir, le jour où chaque partie sentira en face d'elle un négociant sérieux et consciencieux. Rien ne s'opposerait d'ailleurs, si ce système était répandu, à ce que les usiniers envoient sur les lieux de production des inspecteurs à leur solde, chargés de vérifier l'état des cultures; cela se fait couramment pour dés produits dont l'importance est loin d'atteindre celle du riz.
F. Main,
Ingciiieur-agrououie
Paris. 1:3 janvier 1907.
JOURNAL DAURICLLTUKE TROPICALE
AxitiL 1907
Le Cocotier à nie Api, NouvelIes=Hébrides
La culture inlrrcalaire du mais. — L'n coléoptère phyllophage. Note de M. Ancelin.
Nous avons déjà publii'' dans notre journal une note fort inti^ressaiite de M. Vkzi*, sur la culturi' et l'exploitation du cocoliei' dans un autre coin du même archipel. La communication que nous donnons aujourd'hui vient du « Syndicat agrico'e et commercial de l'île l'Api ». Nous avons demandé à notre correspondant de nous envoyer quelques spécimens du fâcheux coléopti're et lâcherons de le faire di'lerminer, ce qui permettra alors — mais alors seulement — de chercher dans la hibliographie s'il a jamais étù appliqué conire lui quelque remède avec succès, en un pays quelconque. — N. D. L. R.
C'est bien le mais qui nous aide à créer nos plantations de cocotiers, ^'oici comment nous procédons :
Le terrain débronssé, brillé et nettoyé, on jalonne et on fait les trous; espacement : X mètres sur 8 mètres ou 9 mètres sur 9 mètres, suivant les terrains. On plante le maïs et, quand il a environ ."iO centimèli'es de liant, on plante le.s noix t;ermées; de celte façon, l'ombrage léger du maïs |)rolège les jeunes pousses du cocotier conire les rayons solaires et facilite la reprise.
La culture du maïs se continue deux ans ; après cette époque, le cocolier est robuste et de belle venue, car il a profité de la culture, et il peut être abandonné à Inimôme; il sul'iit de le visiter (juebiuel'ois dans l'année.
11 est atteint ici jiar un l'oléoptère d'environ i ou .") mm. de long : tète et corselet rouge, partie postérieure noire; il attaque le cœur des jeunes plants, et les feuilles en arbres foi ts. Il perce la feuille, fait des galeries dans l'épaisseur même de la feuille et y dépose ses œufs, qui donnent naissance à des vers blancs, qui se promènent ensuite dans toutes les parties de la feuille.
La cliloni|)liyl!e verte disparaît, les feuilles tombent; un cocotier ainsi atteint a l'aspect gris cendré.
Ces symptômes se reproduisent pendant un an ou deux et disparaissent: le cocolier reprend vigueur, mais il a été l'elaidé dans sa végétation.
J'ai essayé la nicotine, l'eau de savon et le pétrole, mais je n'ai réussi que médiocrement.
Nous serions ici désireux d'avoir des renseignements à ce sujet; car le cocotier a une grande imjiortance pour nous : pour (|uelques exploitations françaises à .\pi, nous aviins tui ensemble d'environ (iiiatrevingt mille arbres de idanté-s, et nous arriverons à un chillVr bien jilus ('■lexc'.
Ancelin.
Ile d'Api, 24 octobre 1906.
Trois ennemis du Cacaoyer à San=Thomé
Extrait d'un rapport spécial, sur la propriété de M. H.-J. Montkiro he .Me.ndonça, l!oa Lnlrada
Saii-Thomé.
Par M. .Mairice Montet.
Rats ET Tkhmites. — Le cacaoyer compte considérables estimées pour Inuir l'Ile h
ici quelques ennemis dont les plusacbar- ruvimn 10 niillinns de francs par an.
nés sont les rats, (|ui commettent de non:- (Jue faire contre eux'.' .hisiju'ici les
breux dégâts, occasionnent des purtes cliiens et les pièges, sans cependant sulïire,
N° 70 — Avril 1907
lOURXAL D'AGRICULTURE TRUPICALE
sont les moyens de lutte les plus efficaces. Boa Extrada possède une cinquantaine de chiens sans race, aussi laids que bruyants, mais assez bons destructeurs de rats. Des fox-terriers les aident dans leur besogne exterminatrice de toute leur impétueuse haine héréditaire.
Les nègres, au cours des travaux, détruisent aussi nombre de rongeurs, et, bon an mal an, 20.000 rais expient ainsi leurs déprédations. Chaque rat tué et rapporté par les nègres leur est payé à raison de 20 reis (soit 10 centimes), cela sans préjudice de la perte subie à la vente sur le « cacao dos ratos », c'est-à-dire des fèves tombées de la cabosse, et recueillies à terre par les femmes et les enfants. Les rats en effet n'apprécient que la pulpe rose et parfumée du fruit et abandonnent les graines.
Destruction en grand. — Quant aux moyens de destruction en grand, leur application présentera, si cette question prend à nouveau une forme précise, de réelles difficultés. Jusqu'ici il est deux méthodes préconisées : celle du virus et celle de la mangouste.
Virus. — La première méthode fut essayée infructueusement il y a quelques années. Le virus i|ui avait donné d'excellents résultats en France contre les campagnols, fut absolument inefficace à San- Thomé contre la variété du genre Mus {Mus ratus et Mus decumanus), qui en est le fléau.
Doit-on s'arrêter là et désespérer? Ce serait jeter le manche après la cognée. Or, l'ennemi contre lequel il faut lutter mérite plus de persévérance. Les bénéfices qu'on retirera d'un succès, long, difficile et coûteux sans nul doute à atteindre, valent d'être pris en considération.
A mon avis, si l'on désire atteindre ce résultat par l'action d'un virus, il faut créer celui-ci sur place. Ce nest certes pas le travail d'un jour ; l'installation du laboratoire nécessaire présentera des difficultés; les tâtonnements et les surprises seront nombreux. 11 ne faudra pas oublier
que les conditions climatériques accroissent dans une très grande proportion la difficulté d'un travail délicat, en vue d'obtenir un produit essentiellement mobile dans sa composition.
La chimie analytique, la bactériologie, toutes les sciences demandant les conditions normales au sein desquelles elles sont nées et ont progressé, sont-elles donc à jamais bannies des climats équatoriaux? Je suis loin de le penser; mais de deux choses l'une : ou l'on parviendra dans la mesure où il sera nécessaire à modifier les conditions de milieu, à atténuer ou à annihiler leur influence, ce qui est possible avec des capitaux, ou, peu à peu, avec l'expérience, on aura modifié, adapté, changé les méthodes d'analyse ou de culture bactériologiques, ce qui est réalisable avec le temps.
Dans le cas d'urgence, le capital devra prévaloir sur le temps, car le préjudice causé par l'attente, les études, les atermoiements, reviendrait plus cher.
En ce qui concerne San-Thomé, y a-t-il urgence? C'est aux planteurs à se prononcer. Préféreront-ils supporter une peite annuelle de 10 millions ou dépenser 100 ou 200.000 francs s'il le faut pour atteindre le but souhaité?
Un essai n'a pas pour conséquence inéluctable un succès. Cependant, qu'on n'oublie jamais que ce qui est exact, pratique, exécutable en Europe l'est rarement en région équatoriale, quel que soit le but qu'on se propose, mais on n'en doit pas fatalement conclure à l'impossibilité.
Mangouste. — La destruction des rai-; par la mangouste a donné d'excellents résultats à la Martinique. Là on a bien atteint le but, on l'a même dépassé, et maintenant on cherche un destructeur de mangoustes. Les roceiros de San-Thomé, instruits par l'expérience d'autrui, se refusent non sans raison à l'importât^ n de la mangouste dans l'île.
M. Aljiada de Negreiros, notre excellent ami et collaborateur, a proposé de trancher la question d'une façon tout au moins
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oripinalo et qui peut se résumer ainsi :
Dans l'île des Clicvrcs, située au nonlcsl (le San-Thmné, on élèverait sous la surveillance et garantie Jii gouvernement Je nojiibreuses i'aniilles de inangousles. Seuls les mâles seraient livrés aux propriétaires pour accomplir leur œuvre de carnage. Les femelles seraient impitoyablement retenues sur le roc escarpé de l'île des Chèvres. Ainsi, la genl mangouste serait dans l'impossibilité absolue de se multiplier île façon désastreuse sur la grande île sœur.
Mais qui charger de la direction de ce haras étrangp? Quel Européen réunissant les qualités et les connaissances zootechniques voulues, car c'est bien une sorte d'élevage dont il s'agit, consentirait à s'isoler sur ces mamelons rocailleux ?
Admettons qu'on l'ait trouvé. 11 ne pourra faire tout par lui-même, car il faudra élever, sélectionner non pas une centaine de mangoustes, mais bien des milliers pour suffire aux demandes. Des aides nombreux et stylés dans ce sens seront nécessaires, et je doute que l'on puisse recruter parmi les noirs le personnel sérieux indispensable.
Knfin, comment se nourrirait, en attendant les hécatombes prochaines, la multiple rativore? L'île des Chèvres ne produit rien et ne peut économiquement rien produire.
En tout état de cause, le Gouvernement et les particuliers seraient-ils disposés à faire les sacrifices nécessaires?
Tkumites. — Les rats ne sont |»as les seuls ennemis des planteurs de San-Thomé. Les termites, les « saloles », comme on les nomme ici, leur causent un piM'judice non moins grand, bien qu'il soit moins apparent.
Leurs travaux de cheminement sur les troncs des cacaoyers, ces longs tunnels entre-croisés qu'ils construisent avec une surprenante rapidité, ont pour inconvénient de diminuer singulièrement l'espace sur lequel peuvent naître les lleurs, ce qui est déjà grave. Mais lorscpie ces travaux d'approche atteignent leur but, c'est-à-dire
quelque plaie metlaul à nu les tissus internes de l'arbre, le mal est plus grand encore, car les termites vont alors puiser là la sève, la vie de la plante.
Leur destruction est encore un problème délicat. On a conseillé d'enduire de coaltar le tninc des cacaoyers ou de l'enrouler avec des bandes de toile qui en seraient imprégnées. J'ai tentérexpérience,netloyantcons ciencieusemcntquidques arbres, faisant dis paraître les moindres vesligi-s des travaux de terrassement des sabiles. Quelques jours après, les tiiniuN itaient reconstruits. La seule diiï'i''rence lut ijue les ouvriers arrivaient jiar en liant an lieu de venir directement de la surlaïf du sol. Des arbres voisins, cacaoyers ou autres, non enduits de coaltar, leur servaient de ponts par le contact des branches.
D'autre part, l'essai serait-il concluant, la méthode applicable sur (]uel(]ues centaines de pieds, ne l'est plus en pratiquée! économi(iiicnii'nl sur des domaines (|\ii en comptent plus d'un million.
La destruction des nids est un palliatil d'utilité incontestable, mais non un remède absolu. Dans la plantation de Boa Entrada, au plus loin des routes et des sentiers (|u'on puisse pénétrer, on n'en rencontre pas, et cependant, sur la plus grande partie du territoire de la IJoca, cacaoyers et aulres arbres sont sillonnés à la sui'face par les travaux d'art des termites.
Ceci fient à ce (jm», si l'on détruit les nids sur le domaine, les propriétaires limitrophes n'en ont aucun souci pour la i)lu- |)ar(. Kniin, il ne faut pas oublier que le termite est inseete ailé et qu'il abusei'a malgré fous les elforls île ce privilège.
Pour la desfruelion des nids, le feu me parait être l'agi^nt le |)lus prafi(|ue, mais jj faudrait ([ue fous les |)ropriéfaires voulus seul bien comprendre la nécessité de celte miïsure.
Les'asphyxiants, sulfui'e de carbone, -a/, j Claylon, sont d'un emploi malaisé, dange- ^ reux et coùleiix. Il e>| donc ])référable de di'hnir'e le |dus de nids possible, et de même les arbres proroudément atteints, dans les
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tissus desquels s'est installée une colonie de saloles, devraient être brûlés.
Enfin peut-être existe-t-ilun autre insecte grand ennemi du termite, comme il existe un « kelep » pour combattre et anéantir l'anf honome des cotonniers américains. L'étude ou le hasard le découvriront sans doute quelque jour, c'est à souhaiter. Mais qu'on n'oublie point ce qu'il advint de la mangouste.
BoRER. — Parmi les animaux ennemis du cacaoyer, je crains que la larve du « borer » ne commette de sérieux ravages plus tard, dans les plantations neuves, si les mesures ne sont pas prises au plus tôt.
Ne serait-il pas possible de charger de temps à autre quelques serviteurs de gratter au « machim » le sol au pied des arbres, à une profondeur d'environ 6 à 8 centimètres? Les larves rencontrées seraient apportées à la dépendance. Mais ce travail doit être fait consciencieusement, et il me paraît
que kl meilleure manière serait d'adopter ainsi qu'on le fait pour les rats, la méthode des primes.
D'autre part, le chaulage énergique du terrain serait doublement efficace, en ce qu'il détruirait le borer et porterait en môme temps au sol le calcaire qui lui t'ait défaut, modifiant ainsi heureusement ses propriétés physiques et chimiques.
Ce chaulage, d'une application peu facile dans les terrains déjà complantés, peut être exécuté comme préventif lorsqu'il est procédé au creusement des fosses destinées à recevoir les jeunes plants, en ayant soin, toutefois, longtemps avant la mise en place de ces derniers, de mélanger la chaux à la terre qui devra les recouvrir. Le mélange aura été ainsi plus intime et les réactions qu'il entraine auront perdu toute leur violence, à laquelle sont généralement sensibles les jeunes planles, principalement le cacaoyer. M. Montet.
Le Castilloa à Tacotalpa
Conduite et rendement d'une plantation de Castilloa porte-ombre dans l'Etat de Tabasco. — Les deux formes : à latex jaune fluide; à latex blanc épais. — L'enquête de M.-J. Ludevig.
Analyse d'un article de MM. Conde frères. — Observations de la Rédaction'.
Les plantations de Castilloa ayant atteint l'âge de la production et régulièrement exploitées, sont toujours encore très rares. C'est donc avec le plus vif intérêt que nous avons lu, dans la partie espagnole du « Modem Mexico » de janvier I90o, p. 48, la communication dont les données les plus importantes sont résumées ci-après.
Nous avons déjà publié précédemment (« J. d'A. T. .) 190.1, p. 245) la traduction d'une première communication des mêmes auteurs ; rappelons que MM. Conde frères (CoNDE iiERMANOs) cultiveut Ic Castilloa à Tacotalpa, dans l'Etat de Tabasco, depuis dix-huit ans environ, l'employant comme porte-ombre dans leurs plantations de cacao. Le document que nous analysons aujourd'hui, ne fait point double emploi
avec celui que nous avons publié en 1905 et qui est à relire.
MM. CoNDE commencent par constater qu'à f état naturel le Castilloa met bien des années à atteindre les dimensions qui permettent de le soigner ; son exploitation est, du reste, de courte durée; car, dans l'ombre humide de la forêt vierge, des larves tarodeuses ne tardent pas à infester le tronc, à la faveur des blessures causées par les incisions et tuent l'arbre en peu de temps.
L'arbre semé lleurit vers l'âge de six ou sept ans. Après avoir décrit longuement le semis, les soins en pépinière, la plantation et la culture proprement dite, MM. Conde racontent qu'ils commencent la saignée vers l'âge de sept ans et tirent de chaque
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arbre, pnr >ix incisions dont trois sur le eôtc droit ot autant sur le côté gauche du tronc, une moyenne de 150 à 200 irrammcs de caoutciioue. Les arbres ainsi saii^nés sont alors laissés au repos pendant uni" année el donnent ensuite déjà davantage : 300 à 400 grammes en moyenne. A partir de ce moment, on peut saigner tous les ans.
« Psotre méthode de saignée, écrivent MM. CoNDE, est fort mauvaise; nous estimons que le tiers du caoutchouc se perd par suite de linsulfisance de nos procédés. Sinon, un arbre de douze ans devrait donner une moyenne de 600 à 700 grammes de caoutchouc. »
A|)iès douze à quinze années d'exploitation continue, nos auteurs recommandent de laisser reposer les arbres pendant quatre à cinq années; par suite des saignées brutales, l'écorce en arrive, du reste, à être couturée de cicatrices vicieuses qui rendraient quand même le travail impossible.
Les quatre ou cinq ans de repos permettent il l'arbre de l'aire peau neuve; on peut les considérer alors comme des arbres vierges et, lorsqu'on les reprend en exploitation, ils donnent 'S kilogrammes de caoutchouc environ.
L'époque la plus avantageuse pour les saignées va de décembre à avril.
Nous avons insisté à maintes reprises, dans ce journal, — et déjà avant, dans notre édition annotée des Pla/iies à caoutchouc de Warburg, — sur la présence de plusieurs formes économiquement différentes, appartenant les unes et les autres à l'espèce Castilloa claslica, ou tout au moins confondues avec elle. MM. Conde confirment le fait, voici exactement ce qu'ils en disent :
« Nous connaissons deux sortes de buir, le blanc et le jaune (« amarillento »): il est impossible, avant l'incision, de deviner auquel des deux on a alfaire. Le hule jaune a le latex plus lluidc; il coule le long des canaux obliques pratiqués sur le tronc de
droite à gauche, e^^t recueilli en bas et coagulé sous forme de « planchas o. Celles-ci sont débitées après coup en <f liras », pour cette raison que les ■■ planchas » sont moins cotées sur le marché.
Le hule blanc a b' latex plus épais; il ne coule pas le long du tronc, mais se fige dans les canaux mêmes et en est retiré ensuite par les huleros ; ce qui constitue la < barucha » ou « grcna ■.
M.M. CoNDi; Iciminent par un chilTre intéressant touchant le rendement des vieux Castilloa spontant's de la région :
" Lorsijue, racontent-ils, nous achetâmes nohr linca de Tacotalpa, nous trouvâmes dans le bois inculte quelques sujets aux- (juels des voisins, établis depuis longtemps dans le pays, donnaient cinquante ans; ils avaient, à la base, 2 mètres de circonférence. Saignés la premièie fois, ils fournirent (chacun ?l presque une boite à pétrole pleine (le lali'x, lequel, dùnienl tiavaillé, nous laissait "j kilogrammes de caoutchouc. » Il est certain qu'on a déjà obtenu plus que ça de vieux Castilloa, jamais saignés.
Dans un prochain numéro, nous donnerons quelques extraits d'un document de première importance, sur le Castilloa : le compte rendu d'une tournée d études de .M. II. Jlan Lldevig, agronome du Ministère de Fomento de Mexico, dans les plantations de caoutchouc, — la plupart allemandes, — du département de Palenque. Etat de Chiapas; il a paru dans l'excellente revue de I5erlin, <> Der Tropen- [illanzer d de novembre 190t).
Dès à présent, nous pouvons indiquer une opinion recueillie par M. LuuEvir, : dans la forêt, les arbres à latex fluide se transformeraient en sujets à latex épais, si les troncs restent exposés pendant longtemps aux rayons directs du soleil, par exemple à la suite d'un déboisement partiel de la véiiétatiou environnante.
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Avril 1907
Un Atlas colonial Allemand
Une publication instructive: des cartes parlantes. — L'œuvre du Kolonial Wirfschatfiiches
Komiter; la carte des missions et expéditions. Les cartes agricoles et cotonnières de l'Afrique allemande.
Concentration et dissémination des diverses cultures.
Nous avons signalé dans notre numéro 61», par une courte notice bibliographique (n° 1325 pages bleues), la publication de IWtlas du Kolonial Wirtschaftliches Komitee, en nous réservant de revenir plus en détail sur cet ouvrage. Il nous semble, en effet, conçu sur un plan fort intéressant, à la fois simple et complet, et peut servir aussi bien au savant, qui complèlera ou confirmera avec lui des données incertaines, qu'au profane auquel il donnera une excellente idée de l'œuvre coloniale allemande.
Luxueusement édité chez Dietbich Rei- MER , à Berlin, sous la surveillance du Comité, cet Atlas comprend 10 pages de texte et autant de cartes. Le texte crmtient des renseignements de propagande pour le Comité, des statistiques et des énoncés de travaux. Les cartes, très nettes, comportent une série de signes conventionnels de sept couleurs différentes et de formes diverses, sans compter les lettres et les hachures. Le choix judicieux de ces signes permet une ju-xtaposilion étroite sans entraîner de confusion, et pour peu que le lecteur puisse faire abstraction de ce qu'il veut momentanément laisser de côté, il lui est facile de se rendre compte, d'un rapide coup d'œil, de l'étendue de telle ou telle culture.
Le premier chapitre de l'Atlas porte sur l'œuvre du Comité : œuvre scientifique d'abord, puis travaux pratiquement utilisables pour le commerce et l'industrie allemande. Vient ensuite l'énumération des Missions à l'élranger et des entreprises patronnées par le Comité dans les colonies allemandes.
L'exposé des résultats occupe une grande page ; il est d'ailleurs un peu aride, se bor-
nant à signaler les chiffres de consommation de l'Allemagne en produits coloniaux et les chitTres correspondants de produits exportés par les colonies allemandes dans la métropole.
Dans la liste des membres honoraires, correspondants, etc., si beaucoup de Chambres de Commerce et d'Ecoles sont mentionnées, nous avons constaté que le nombre de commerçants et industriels inscrits est excessivement faible. Ce fait semble contraire à l'exubérance de l'expansion commerciale allemande ; les industriels auraient-ils flairé les grosses difficultés que traversent justement à l'heure actuelle certaines de leurs colonies?
Suivent quelques pages de statislique, ayant tout d'abord trait aux chemins de fer. Nous avons constaté avec plaisir que la France n'est pas, en ce qui concerne le nombre de kilomètres de voie achevée ou en construction, en trop mauvaise posture vis-à-vis des autres nations, ou tout au moins plus avancée qu'on ne le croit généralement; nous ne parlons pas, bien entendu, des considérations économiques qui ont guidé plus ou moins heureusement le tracé, cela nous entraînerait trop loin de noire sujet. Les statistiques se continuent par des chiffres d'exportation et d'importation ; si le Cameroun et l'Est Africain Allemand exportent tous deux pour une valeur à peu près égale de produits du sol (9 millions de marks), cette dernière colonie importe beaucoup plus de produits bruts ou manufacturés que le Cameroun (18 millions de marks au lieu de 13 millions); nos lecteurs savent d'ailleurs que les efforts de nos voisins se sont très énergiquement portés sur l'Est Africain depuis trois ou quatre ans, et que diverses personnalités
JOUIiNAL D'AHRICULTritE TfUJPICALK
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y ont éli' onvoyécs (.'ii mission junir éludier principaliMiicnt le coton, lo caoutchouc, l'agavo ol la sansevièrc.
Si celle piemièrc partie, accessoire d'ailleurs, (le l'Atlas a f'orcémcnl l'aridilé de toute ('■numération de mots ou de cliill'res, les cartes donnent, au contraire, une impression de vie qui rend le conlraste saisissant.
I. La Carte des Em reprises nu Iv. W. Iv. 18110, 1906 indique sur une projection de Mercator les points du globe sur lesquels se sont portés les ellorts du Comité dans ces dix dernières années ; nous y avons retrouvé les noms bien connus de Preuss, Zlmmerma.nn, ^VouLTMA^^, etc. ; nos lecteurs ont ét(' tonus au courant de leurs travaux, dont quelques-uns sont devenus classiques.
II. La Carte des Chemins de eer d'Afriqie ne présente, à notre point de vue agricole, rien de saillant; mais sa présence sinipnsait dans un .\llas colonial.
III. Avec la Carte dc To(;o, nous abordons la série des cartes agricoles. La forêt d'Eheis y ligure avec vnu^ étendue en profondeur beaucoup moins considérable qu'elle ne l'est au Dahomey; elle s'arrête aux premières ondulations de terrain, et, entre ces hauteurs et la côle, est nettement coupée en deux parties, assez éloignées l'une de l'autre.
IV. A celte carte générale succède uno Carte coio.nniérk du Toco. signalant seulement deux entreprises européennes, lune à la côte, l'autre 100 kilomètres plus haut. On sait que la culture directe du coton par les Européens a souvent donné lieu à des échanges de viies 1res inipoi'lauts, dont il semble résulter en définitive que celle culture directe ne sera réellement [lossible el réuuiui'i'alrice que lorsqu ou [lourra employer la charrue, c'est-à-dire disj)oser d'animaux de traction venus du \ord ([u'on aura pu acclinuiler et surtout nourrir. La carte révèle Texislencc de 10 stations d'cgrenage, dont 8 dans des centres de production exclusivement indigène.
Y. Ce (lui nous a pai-liculièrement frappé
h l'inspeclion de la Carte i>r Cameuoi .s, c'est la prolongation des peuplements de (Cocotiers jusqu'à 100 kilomètres envinni de la côte, dans les hauteurs confinant à la Nigérie anglaise d'une part, el d'autre part sur les bords de la Sanaga. Sauf dans l'Extrême Sud de la colonie, il ne paraît pas y avoir de |)euplenienls très près de la nier. Quelques cacaoyères ont été établies dans celle région; nos lecteurs se rappelleront que la question du séchage des fèves, dans cette contrée humide, a été plusieurs fois étudiée dans nos colonnes. — Nous n'avons pas besoin d'ajouter que le caoutchouc est largement représenté au Cameroun, ainsi que l'Ela-is, celui-ci surtout dans le Sud-Ouest de la colonie; le coton est surtout concentré dans les parages du lac Tchad, où 1 liumidilé atmosphérique commence à diminuer.
VL La Carte de Sid-Ouest Africain .Vi.LEMAND présente moins d'intérêt pour nous. La latitude s'élevanl, nous voyons le bétail augmenter d'ini|iorlauce, en même temps (jiK' disparaissenl les productions vi'gélales des climats |dus cliauds, cocotier, caoutchouc, etc. La présence normale du cheval est indiquée à partir du 22° de latiludc. Les Acacias à gomme sont signalés dans toute la partie nord de la colonie. VIL La Carte de l'Est Africain Allemand est celle qui présente le plus de variétés (le ciillures : le cocotier abonde à la côle, l'arachide occupe une ])lace importante dans lo Centre et dans l'Ouest. Assez, disséminé, le riz semble pourtant devoir s'étendre un peu partout. Le café domine dans ri'sambara, et la canne à sucre se cultive dans tout l'est do la colonie. Le tabac, le sésame et la vanille complètent C(,'t ensemble.
Nous avons pouilaiil elé surpris de voir que deux textiles importants sont à peine représentés : les sansevières no sont indiquées que comme petits peuplements dans le nord de l'Usambara, el l'agave ne figure qu'aux environs d'.Vmani ; il en existe cependant aillour<. ol nous avons encore pr(''senle à l'esprit la rolalionde M. L. Kindt
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sur les conditions de végétation comparées de l"agave dans le nord et dans le sud de cette colonie. (Voir « J. d'A. T. », n" 69, page 74.) La plantation de Bushiruiof, dans le Nord, est bien indiquée, mais il n'est pas question de celle de Lindi.
VIII. Le Coton dans l'Est .Vfricain ayant fait l'objet d'études spéciales de la part du K. W. K., a les honneurs d'une carte séparée, et son importance le justilie. Autour de trois centres de cultures intensives, se sont établies des cultures plus étendues, deux à proximité de la côte, la troisième près du lac Victoria. — D'après les statistiques même de l'Atlas, l'exportation du coton de cette région vers l'Allemagne aurait atteint 191.000 marks en 1905. Huit stations d'égrenage sont réparties dans les divers centres cotonniers.
IX. Les Possessions Allemandes de l'Océanie n'offrent guère que du Cocotier, dont la seule exploitation suffirait d'ailleurs à donner à ces îles une importance
économique considérable. — Un peu de caoutchouc à Samoa et aux îles Carolines, de la gutta en Nouvelle-Guinée, très peu de café, de vanille et de kapok sont les seules diversions au précieux palmier qui fait vivre une partie de l'Océanie.
X. Les Possessions Allemandes en Chine font l'objet de la dixième et dernière carte, qui ne nous retiendra pas, étant donné le caractère plus politique et commercial qu'agricole de ce point d'appui de l'influence germanique.
Xous serions heureux que ces quelques lignes puissent inspirer à un géographe économiste le désir de consulter cet Atlas; il ne pourrait qu'y puiser le désir de lui donner un équivalent pour l'Empire Colonial de la France. En ce siècle d'enseignement par l'image, nul doute qu'il n'obtienne un réel succès, et qu'en intéressant à la fois savants, agriculteurs et commerçants, il ne rende un important service à la cause que nous défendons tous. F. M.
Les formes d'Hevea à Ceyian
A.spect et couleur Je l'i-corce.
Dimension des feuilles.
D'après M. Hunt.
Au cours d'une discussion très importante sur l'Hevea qui eut lieu à Kegale (Ceyian) le 9 juin 1906, et k laquelle nous avons eu l'occasion de nous référer dans le " J. d'A. T. », des indications fort intéressantes ont été données sur les variétés — ou formes, si l'on aime mieux — observées par les planteurs de caoutchouc de l'île ('< Tropical Agriculturist », juillet 1906, p. 12). Le sujet a fait l'objet de divers articles et notes dans le « J. d'A. T. », nos lecteurs feront bien de les relire pour mieux apprécier les témoignages qui suivent :
M. Hunt signale que les uns des Hevea ont l'écorce lisse, polie et rosée, tandis que d'autres l'ont grisâtre, comme saupoudrée de sciure, très rugueuse. 11 semble que
l'écorce rose, quoique plus mince, soit plus riche en latex.
Dans cette même propriété de M. Hunt, les Hevea se distinguent, paraît-il, par la petitesse de leurs feuilles, comparées à celles que l'on voit dans les autres plantations de l'île; ce ne serait pas une question d'âge ; mais bien une caractéristique de la forme particulière des arbres de la propriété? Leur rendement est absolument satisfaisant.
Cela nous rappelle que des observations du même ordre — et beaucoup plus précises — ont été publiées à Java; ainsi que sur la grosseur des graines qui diffère aussi, sensiblement. M. Herbert Wright, le distingué sous-directeur des jardins botaniques do Ceyian, la grande autorité du jour, ne semble pas s'être encore occupé spécialement de l'étude des formes et variations individuelles de l'Hevea cultivé, — à en juger par ses réponses aux questions de M. Hunt.
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