‹ Journal d'agriculture tropicale: agricole, scientifique et commercialChapitre 55 sur 94 · G.0OO . . 30.0U · texte numérisé non relu

G.0OO . . 30.0U

Fiji

Mexique. . . .

Tahiti

Totaux

Dans ce tableau, les chiff"res de 1902-1903 ne sont, bien entendu, que des estimations, des prévisions; car la dernière récolte commence à peine à s'annoncer sur les marchés consommateurs.

Il en résulte néanmoins que la récolte 1902-1903 va être, très vraisemblablement, inférieure, comme quantité, à la précédente.

Cacao. — Le marché est terne, sans changement; mais on s'attend à uneamélioration prochaine: 8.000 sacs de cacaos Guayaquil ont été livrés, en effet, dont 6.000 s. à destination d'Amsterdam, et le reste pour la con-

N" 25 — Juillet i9o3 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 211

sommation locale. La tendance se raffermit i9o3 84.727 sacs

aussi sur le marché de Lisbonne dont les '902 G5.409 «

iqoi q3.5i4 »

offres d'Africains a vil prix avaient contri- ^ 87.076 »

bué à déprimer le marché anglais malgré 1899 109.237 »

l'insignifiance des stocks, du moins de ceux ^898 '^,^-^94 ■'

en première main. jggô 560.014 »

En effet, les stocks, bien que notablement ^^ ^^ .^.^^^^^ ^^ ^^^^^ ,^^.^ descendu à

supérieurs à ceux de l'année dernière, ne ^^.^So sacs; à la même date de 1902, il avait

sont cependant guère lourds, comme on peut ^^^ ^^ -0.324 sacs.

s'en assurer par le tableau suivant, arrêté au Harold Hamel Smith.

3o juin (stocks à Londres): Londres, 21 juillet 1903.

Le chanvre de Ma^nille et \à situation générale

a^ux Philippines

D'après M. de Bkrard.

Le succès de notre abonné M. Van der Ploeg à Ponowareng, Java (v. « J. d'A. T. », n° i5 et n» 22), a démontré la possibilité de l'exploiiaiion pratique du chanvre de Manille {Musa textilis) en dehors des îles Philippines qui en avaient jusqu'ici le monopole absolu ; depuis cette constatation, il devient particulièrement intéressant, pour les agriculteurs des climats analogues, de suivre de près la marche de la production aux Philippines, car c'est cette production qui règle les prix.

L'article intéresse à la fois les personnes qui songeraient à exporter des fibres de bananiers comestibles. Ce problème est à l'étude dans plusieurs colonies, et a déjà reçu un commencement de solution, simultanément à Java (v. les n°» indiqués du « J. d'A. T. ))) et dans l'Inde anglaise (nous publierons prochainement des détails concernant ce pays). Or, les fibres des bananiers comestibles, plus ou moins bonnes, selon la race ou variété exploitée, se comparent en général aux qualités moyennes et inférieures du chanvre de Manille et auront toujours à compter avec cette concurrence.

Enfin, la situation à Manille exerce un contrecoup, inévitable, sur le marché international des fibres d'agaves et similaires : chanvre de Sisal, chanvre de Maurice, aloès de Bombay et d'Algérie, Sansevières. etc..

C'est donc à l'intention des producteurs de toutes ces fibres que nous reproduisons ci-après quelques passages de l'éloquent rapport de M. G. DK Berard, consul de France, sur la Situation des lies Philippines à la fin de l'année igo2 (In-80, 27 pp., prix : -20 centimes; publié comme

supplément au « Mon. off. du Commerce » du 9 juillet 1903).

Rappelons que M. de Berard est très au courant de tout ce qui a trait au chanvre de Manille et a publié, il y a environ deux ans, une monographie de ce produit. Ce qu'il dit des machines sera comparé utilement avec la note très substantielle, sur la même question, publiée dans notre n° 14. — N. D. L. R.

« L'année 1902 prend fin, et avec elle la quatrième année de domination des Etats- Unis sur les îles Philippines. Quelle est la situation de cetteancienne colonie espagnole, maintenant que dix-huit mois se sont écoulés depuis que le gouvernement fédéral, jugeant la pacification de l'archipel philippin suffisamment assurée, y a remplacé le gouvernement militaire par un gouvernement civil?

<( ..J'ai successivementexposé,danslecours des années suivantes, les désillusions qu'ont éprouvées d'abord les Américains venus aux Philippines, après l'occupation par les troupes fédérales; puis les capitalistes de l'Union, qui avaient eu, un instant, l'idée de jeter sur ces nouvelles possessions américaines une partie de leur or pour étendre leur cercle d'action et qui aujourd'hui se refusent à toute tentative.

« Personne n'avait compté avec les Philip-

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pins, dont l'esprit insurrectionnel est venu récolter ce produit merveilleux, car il a

renverser tous les plans qui avaient été pré- enrichi bien des Philippins, sans grand

parés avec tant d'enthousiasme à Manille et effort. C'est là qu'est l'explication du main-

au delà du Pacifique. tien de la production d'abaca aux chiffres

« L'année 1902 s'achève au milieu de com- élevés qui suivent. Cette production a été, plications. Tout semble arrêté dans ce pays, en piculs (de 63 kg 262) : et l'explication de cet arrêt est facile à trou- 1896... 1.766.000 1899... 985.502 ver. L'insurrection a été réprimée dans toutes 1897... 1.750.866 1900... t.88o.i52 les lies de l'archipel, mais il est resté de 1898... 1.484.408 1901... 1.546. 146 l'armée révolutionnaire des bandes de pil- «... Si les quantités se sont maintenues, la lards, et l'on signale chaque jour leurs hauts qualité a changé au grand détriment des faits sur tous les points des provinces. Les producteurs et des exportateurs. J'ai signalé, habitants tranquilles craignent les attaques à diverses reprises, la préparation défecde ces débris de l'insurrection et ils s'abs- tueuse de l'abaca par les indigènes, qui nétiennent de tout effort pour relever l'agricul- gligeaient leurs propres intérêts, en n'apporture presque abandonnée dans les provinces, tant aucun soin à la division des fibres ; les depuis quatre ou cinq ans, c'est-à-dire que la préoccupations de toutes sortes qui emplisculture des champs si fertiles de ces îles est sent le cerveau des Philippins ont encore à peine suffisante pour répondre aux besoins plus nui à une industrie qui a constitué la de la consommation locale... fortune de ces îles.

« Les camps de « reconcentracion », orga- « Le jour n'est pas venu où l'abaca sera pré-

nisés dans l'Ile de Luçon comme à Cuba, paré au moyen de machines perfectionnées,

ont encore contribué à retirer des bras à qui rendront à ce produit de l'industrie phi-

l'agriculture. Puis, enfin, l'épidémie violente îippine la renommée qu'il avait acquise sur

de choléra, qui sévit dans tout l'archipel les marchés d'Europe et des Etats-Unis. Les

depuis le 20 mars dernier, a enlevé 100.000 Américains, si portés à remplacer l'ouvrier

individus, principalementdanslapopulation par la machine, n'ont pas donné suite à tous

indigène. les projets qu'ils semblaient avoir faits pour

« C'est par un prodige d'équilibre que les l'amélioration des procédés de préparation

anciennes raisons sociales de cette place, de l'abaca.

qu'elles soient philippines, espagnoles ou « ... Lesrelevésstatistiquesn'ontpasencore

étrangères, résistent aux conséquences de la été publics pour l'année 1 902 ; je ne puis, en

situation défavorable du pays : elles perdent conséquence, établir de comparaisons entre

de l'argent, vivent sur leurs anciens béné- les chiffres de cette année et ceux des précé-

fices ou végètent. dentés; cependant, il ressort des données

« ... L'abaca ou chanvre de Manille est le approximatives que je trouve dans les jourseul produit des îles Philippines qui n'ait naux de Manille, que le mouvement des pas été gravement frappé par le bouleverse- exportations se modifie de plus en plus en ment des conditions agricoles de cette con- faveur des Etats-Unis. L'accentuation de ce trée ; et cette atténuation relative du dom- changement d'orientation pour l'écoulement mage causé à toutes les branches de l'agri- de certains produitsdes îles Philippines sera culture par les maux qui se sont succédés encore plus marquée, si le Congrès se décide provient, comme je l'ai dit, de la facilité à voter une réduction des droits de douane avec laquelle est cultivée la variété de bana- à l'entrée de ceux-ci aux Etats-Unis. C'est le niers dont on tire ce textile. Les provinces vœu exprimé par les exportateurs de l'archioù viennent les meilleures qualités d'abaca pel.

ont été parcourues et pillées par les bandes « En attendant la modification souhaitée,

d'insurgés ; mais les plants continuaient à on peut toujours noter que les expéditions

croître de toute part, et les cultivateurs n'a- d'abaca pour les ports de l'Union ont aug-

vaient qu'à profiter d'une accalmie pour menié dans des proportions notables depuis

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quatre ans, tandis que les quantités de ce textile employées en Angleterre présentent un total inférieur à celui des années antérieures. Est-ce là le présage d'un changement définitif ou l'abondance sur les marchés de Londres et de Liverpool des stocks d'abaca réunis dans ces derniers temps n'occasionne-t-elle pas un arrêt momentané d'exportation vers ces ports ? De toute manière, les opérations des maisons de commerce anglaises de Manille, dont la touiepuissance reposait solidement zar la supériorité incontestable de leurs approvisionnements, sont évidemment contrariées par l'apparition des maisons américaines qui se sont établies sur cette place et qui détournent à leur profit une partie des transactions auxquelles donne lieu l'abaca.

« La lutte seraintéressante entre les exportateurs anglais et américains; mais les premiers conservent des avantages précieux : la connaissance du pays et des représentants fixés dans les provinces, qui les tiennent au courant des affaires à traiter avec les producteurs.

« Les quantités d'abaca qu'utilisent les fabricants français leur sont, en général, adres-

sées de Manille par l'intermédiaire des maisons anglaises de cette place, après entente avec les négociants de Liverpool, puisque les achats de ce produit ne peuvent, comme je l'ai souvent dit, être faits d'une façon plus avantageuse. Le commerce français doit, pour ce motif, s'intéresser à l'issue de la lutte engagée, depuis quatre ans, entre les Anglais, etles Américains, dans ces îles, pour l'accaparement du commerce de l'abaca.

« Les industriels français ont besoin de certaines quantités d'abaca, et je reçois assez fréquemment des demandes de ceux d'entre eux qui voudraient s'affranchir de l'obligation de s'adresser à Liverpool ou à Barcelone, pour obtenir les milliers de piculs d'abaca qu'ils reçoivent de Manille. Ces demandes sont toujours ainsi formulées : indiquer des correspondants sur la place, pour l'achat direct de l'abaca. Et cependant je répète chaque année, que ce système d'achats directs est impraticable, attendu que l'exportation de l'abaca est accaparée, à Manille, parles maisons étrangères: et que ces indications ont été données dans des notes spéciales également publiées ».

JlCTUflLITÉS

Une prétendue cause de stérilité des bananiers.

Lettres

de M'"''J.d'Argollo Verrao et de M. C. Roux.

Mme JuLL\ d'Argollo Verrao adresse de Bahia (Brésil), par la voie du Journal, un renseignement extrêmement intéressant, à notre collaborateur M. Van der Ploeg :

« Ayant lu dans le « Journal d'Agriculture Tropicale », n° 22, que vous désirez savoir pourquoi les bananiers de votre plantation à Java ne fructifient pas, je viens vous faire savoir ce qu'on dit ici dans mon pays, où les bananiers poussent sans aucun soin et donnent des fruits excellents. Il ne faut jamais planter les pousses d'un bananier qui n'a pas encore porté de fruits ; si on les

plante, ils demeurent stériles. Est-ce votre cas? »

M. le prof. Van Romburgh, que nous citions à ce propos dans notre n° i5 (p. 263), avait déjà émis la même hypothèse, en s'appuyant sur la croyance identique des Javanais.

Les stations agronomiques des pays chauds devraient bien entreprendre directement l'étude de cette question et fixer définitivement les idées du public; le sujet en vaut la peine, il est même de toute première importance pratique, comme on a pu le voir encore dernièrement par les échecs de M. Van dkr Ploeg, à Java et de M. Baillaud, en Guinée.

En attendant que la question soit mise à l'étude par les institutions visées ci-dessus, nous avons essayé une petite enquête par nos propres moyens.

JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N° 25 —Juillet 1903

Avant communiqué une épreuve de la note qui précède, à M. Hollier, le grand négociant en bananes, propriétaire d'importantes bananeries à l'île Madère, nous avons reçu de lui un petit mot où, sans entrer dans les détails, il se prononce, pour sa part, contre l'explication de Mme d'Argollo. En même temps, il nous faisait parvenir cette réplique, très nette, de M. Roux, le jeune colon dont le succès à Konakry a été signalé dans notre n° 24, à l'occasion du concours de fruits tropicaux à l'Exposition d'Horticulture de Paris:

« M. Hollier m'a parlé de la question que vous lui avez posée au sujet de la reproduction du bananier par œilletons :

« Je puis vous assurer avoir œilletonné sur des souches n'ayant pas encore fructifié, et avoir eu de beaux régimes des rejets ainsi obtenus.

« J'ai vu maintes fois le même fait se produire au Jardin d'Essais de Konakry.

« Un exemple probant :

« Quand j'ai fait ma plantation, j'eus, parmi les plants achetés, un certain nombre de vieilles souches, que je mis sur couches afin de faire produire rapidement à chacune d'elles une dizaine de rejets. Ces rejets, âgés d'un mois environ, ont été replantés et six mois après m'ont donné des régimes; mais avant même qu'ils aient fructifié, je leur avais pris à eux-mêmes leurs rejets, qui étaient à fruit à mon départ de Konakry, c'est-à-dire, à leur tour, à six mois de plantation. »

Exporte-t-on de la pulpe et des noyaux d'Elaeis ?

Lettres de MM. A. Breschin et E. Poisson.

« Dans le numéro de juin de votre Journal, que je reçois par les soins de la Société de Géographie, je trouve le résumé d'une lettre par laquelle M. Le Testu critique certainesassertions émises par moi dans une note sur VElœis giiineensis.

« Mon travail concernant l'Afrique tropicale entière, je n'avais pas à considérer telle

ni la pulpe, ni les noyaux du palmier à huile du Dahomey! Sur ce point comme sur les autres, je n'ai rien écrit que je ne puisse appuyer du témoignage de personnalités auxquelles un long séjour en Afrique, autant que leurs études et leurs fonctions, donnent une autorité incontestable.

« Procédons par ordre, j'ai dit :

1° « UElœis ne produit qu'au bout de cinq ans et son rendement varie de trois à quatorze régimes par an. — Il n'est pas besoin d'être grand clerc en agriculture pour savoir qu'en général la production des arbres ne commence pas toujours exactement la même année et que le nombre de fruits varie beaucoup, même pourdes sujets semés ou plantés simultanément;

« Pourquoi s'étonner que l'Elœis offre ce caractèresi répandu ? Leprincipal était d'indiquer qu'il ne produisait pas avant cinq ans et donnait un rendement fort variable.

« M. E. Laurent, professeur à l'Institut agricole de Gembloux, dit: « Il est rare que l'indigène plante spontanément un arbre qui ne rapportera que dans un temps éloigné. Le palmier Elœis est dans ce cas et ne produit qu'au bout de cinq années. » {Flore de VEtat Indépendant du Congo, in Guide à VExposition de Bruxelles-Tervueren, p. 382. — Bruxelles, 1897 : imp. Vve Monnom.)

« Dans une autre source, je lis : « Le palmier à huile produit, les bonnes années, de 12 à 14 régimes « [Notice sur le Dahomey, par J. Fonssagrives, Administrateur des Colonies, p. 353. — Paris, 1900: imp. Alcan- Lévy).

2° « J'ai dit encore : La pulpe est mise de côté pour être livrée aux factoreries qui l'expédient en Europe où l'on extrait de son poids 3o à 35 % d'huile.

« M. Le Testu conteste cette affirmation et déclare qu'il n'a jamais eu connaissance de cette pratique. Je cite encore mon auteur, Fonssagrives :

« Après avoir enlevé l'huile pour la soumettre à l'action de la chaleur, on retire des premiers récipients la pulpe que les indi-

ou telle région en particulier mais bien l'en- gènes utilisent pour la cuisson de leurs ali-

semble. ments. Sur la Côte d'or anglaise, on en expé-

« M. Le Testu soutient qu'on n'exporte die de grandes quantités en Europe où elles

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sont soumises à une action chimique qui leur fait rendre de 3o à 35 0/0 d'huile de palme. « [loc. cit.^ p. 354).

3° « J'ai dit que le noyau est exporté tel quel sous le nom de palmiste. M. Le Testu prétend que ce qu'on nomme « palmiste » n'est pas autre chose que l'amande elle-même et qu'il ne serait d'aucune utilité d'expédier en Europe un produit lourd et encombrant qu'on ne sait même pas décortiquer industriellement.

« En dépit de son argumentation, je maintiens mon dire : aussi bien que Thuile et la pulpe, le noyau du fruit de VEœis est l'objet d'un commerce important et qui s'augmentera par la création de voies ferrées. Il est évident que pour ne pas se charger d'un poids inutile et accablant les traitants qui achètent les noyaux loin de la côte, exigent qu'ils soient brisés et n'acceptent que l'amande qui, sous ie nom d' « amande de palme » figure dans toutes les statistiques douanières à côté de l'huile de palme.

« Il n'en est pas moins vrai que « le noyau est exporté tel quel sous le nom de palmiste. Il contient une amande qui, triturée en Europe, fournit une huile industrielle appelée huile de palmiste. Bien que le produit soit pauvre on ne saurait trop engager les indigènes à le récolter car les palmistes apportent un contingent important de fret à la navigation. » Ce renseignement a été puisé par nous dans la brochure d'une Compagnie dont les navires commercent depuis plus d'un quart de siècle surla côteafricaine et qui a passé depuis longtemps la période des essais. Elle ne dit point par quel procédé se fait dans ses usines la séparation des coques et des amandes, cela est son secret ; mais elle veut bien nous apprendre l'utilité de ce transport de noyaux : « On ne remplit pas les vapeurs avec du caoutchouc, de l'or, de l'ivoire; tandis qu'on les charge avec des arachides et des palmistes. C'est là le fret de retour vers la métropole, indispensable pour que le fret de sortie soit bon marché, et le fret de sortie bon marché est une des conditions économiques les plus nécessaires à la création de la richesse dans les colonies. » Notice de la Compagnie Française de V Afri-

que Occidentale. Exposition universelle de igoo. — Levallois-Perret, 1900. Imp. Crété de l'Arbre). »

« Agréez, etc.

A. Breschin.

« Je crois être assez renseigné sur les colonies de l'Afrique Occidentale, mais je n'ai jamais eu connaissance 'qu'au Dahomey, au Lagos ou au Togo, il ait été exporté de la pulpe de fruits du palmier Elœis, dans un but industriel d'extraction (ou plutôt d'épuisement) de l'huile que contient encore cette pulpe après le travail indigène.

« Cependant une quantité d'environ 5o tonnes de pulpe a été expédiée du Dahomey à Marseille, à titre d'échantillon, par lamaison Mante frères et Borelli de Régis aîné, il y a de cela 1 2 ou i 5 ans. M. Deiss, de Marseille, a procédé, sur cette matière, à un essai d'extraction par épuisement au moyen du sulfure de carbone et les rendements obtenus ont variés de 10 à 20 % du poids de la pulpe traitée. Une seule fois, je crois, il a été obtenu un peu plus de 20 % . Ces résultats variables sont dûs à l'état plus ou moins sec de la pulpe.

« Ces essais ayant démontré qu'un résultat rémunérateur ne pouvait être possible qu'en traitant la pulpe dans le paysd'origine, l'expédition en Europe de la pulpe a été arrêtée.

« C'est peut-être cet envoi qui a suggéré à M. Fonssagrives le passage que vous indiquez, dans sa notice sur le Dahomey.

« En ce qui concerne l'amande de palme, appelée « palmiste », je ne crois pas qu'il en aitété exporté de lacôte occidentale d'Afrique avec la coque, c'est-à-dire le noyau débarrassé de la pulpe; sauf peut-être à titre d'échantillon, pour essai de concassage mécanique ou pour tout autre objet analogue. L'opinion que je vous donne est celle d'un très gros importateur d'huile et d'amandes de palme de Marseille.

« Je ne vois pas pourquoi les négociants expédieraient à grands frais les noyaux de palme dont l'amande seule peut servir.

« Agréez, etc.

EuG. Poisson.

JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N» 25 —Juillet 1903

Conserves tropicales et Acide salicylique.

Notice bibliographique

H. Pellet. — • Vacide salicylique : Propriétés, recherches et dosages. — De la présence normale de l'Acide salicylique dans le règne végétal. — La question des vins portugais. — In-8°, 180 pp. Paris, igoS. En vente aux bureaux de la « Sucrerie indigène et coloniale », 143, boulevard Magenta.

Le but de cet ouvrage est suffisamment défini par son titre ; rappelons que son auteur est Fun des hommes les plus compétents en la matière.

Ayant pris parti ici même (n^ 21, p. 71, Vin d'ananas) dans la question de l'emploi de l'acide salicylique en tant qu'agent conservateur, nous enregistrerons tout spécialement, comme venant à l'appui de notre manière de voir, et comme pouvant intéresser bien des planteurs, la dernière conclusion du travail de M. Pellet, qui est ainsi formulée :

« Il serait intéressant de revenir sur la question de l'emploi de l'acide salicylique pour la conservation des substances alimentaires, basé sur une réglementation facile à surveiller avec les procédés de dosage rapides et exacts que l'on possède ; étant donné que bien des faits, d'après lesquels la circulaire ministérielle prohibitive du 7 février 1881 a été prise, ont été reconnus, sinon absolument inexacts, du moins très exagérés, et que de nouvelles expériences ont précisé le rôle de l'acide salicylique comme agent antiseptique, comme médicament doué de propriétés multiples et remarquables et sans action nuisible sur la santé. »

A propos du vin d'ananas

Par M. H. Neuville

L'étude que j'ai consacrée, dans le n° 2 i du « J. d'A. T. », à la préparation du vin d'ananas, a provoqué un échange d'observa-

M. Alfredo Salles, de Sao-Paulo (Brésil), dont l'étude a servi de point de départ à cet échange de vues, m'a informé, par une lettre du 10 mai dernier, qu'il se rallie entièrement à mes conclusions. L'emploi d'agents conservateurs, judicieusement choisis et dosés, lui paraît recommandable; mais, au Brésil comme ailleurs, une législation reposant sur des données imparfaitement établies, frappe d'ostracisme l'emploi de ces agents.

Peut-être les nouvelles recherches de M. Pellet, dont nous parlons dans ce numéro même aideront-elles à faire établir à ce sujet, une législation plus conforme aux données scientifiques de la dernière heure, surtout en ce qui concerne l'acide salicylique.

La revue de la « Sociedad agricola Mexicana », ainsi que la « Revista agricola de Sao-Paulo », où avait paru l'article de M. A. Salles, ont reproduit in extenso l'étude que j'ai publiée dans ces mêmes colonnes. Attendons maintenant le résultat des essais qui pourront être tentés dans le sens que j'indiquais; je suis particulièrement heureux d'apprendre qu'il va en être fait en Floride, sur les plantations appartenant à M"^^ Chapin.

Il y a tout lieu d'espérer que la diffusion des données rationnelles relatives à la fabrication d'un vin d'ananas pourra permettre d'éviter ces « difficultés d'ordre technique », sur lesquelles M. Clodulfo Pedroso attirait l'attention dans le n° 22 du « J. d'A. T. », et qui ont entraîné, à Cuba, l'abandon de cette industrie. Ces difficultés, que je signalais par avance dans mon article du n° 21, sont loin d'être insurmontables.

H. Neuville.

Le cotonnier Gallini.

Lettre de M. Victor Mosséri Un de nos abonnés, qui habite l'Abyssinie et voudrait y essayer la culture des cotons d'Egypte, nous demandait récemment s'il était vrai qu'une variété nouvelle, nommée « Gallini » et douée de qualités exceptionnelles, serait en train de se substituer aux variétés traditionnelles de ce pays. Nous avons transmis la question à l'homme compétent, notre abonné, M. Victor Mosséri, et voici

tions et de remarques prouvant l'intérêt que ^e qu'il nous répond du Caire, à la date du pourrait avoir une industrie de cette nature. 26 juin :

N° 25 — Juillet 1903 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE

• « Le coton « Gallini » n'est autre chose qu'une sous-variété du coton « Sea-Island ». Gomme ce dernier, il a été cultivé jadis en Egypte pendant plus de 3o ou 40 ans; aujourd'hui il est complètement abandonné et a fait place, comme le Sea-Island d'ailleurs, aux « Suit-Afifi », « Abbassi » et « Jannovich », etc.

« Le Gallini, qui tire son nom du village de Gallin, provincede Gharbieh (Basse-Egypte), vient mieux que les autres sur les terres salantes. Sa fibre est très fine et très appréciée. Elle vaut celle du meilleur Sea-Island. Néanmoins, à cause de son rendement peu élevé, de sa tardivité et de son faible rendement à l'égrenage, il fut abandonné en même temps que le Sea-Island qui lui a donné naissance.

« L'égrenage du Gallini présente aussi quelques difficultés à cause de la longueur de sa fibre et de la ténuité de cette dernière.

« Les variétés sus-mentionnées et le « Ashmouni » sont celles qu'on cultive aujourd'hui presque exclusivement en Egypte. »

Le problème des machines pour tresser la paille de riz.

Lettre de M. F. Main.

Une maison de commission parisienne qui a de gros intérêts aux Antilles, nous écrivait dernièrement :

A l'Office Colonial, où nous nous étions adressés pour demander conseil, on nous donne obligeamment l'adresse du « Journal d'Agriculture Tropicale » pensant que vous pourriez nous procurer le renseignement suivant :

« Pourriez-vous nous indiquer un fabricant faisant une machine pour tresser la paille de riz ou toutes autres pailles exoliciues? Ce serait surtout pour la fabrication de chapeaux. »

Nous nous sommes empressés de signaler à nos correspondants les constructeurs qui font de la publicité dans le Journal et qui nous paraissaient capables de répondre au problème posé. D'autre part, nous demandions l'avis de M. F. Main ; voici ce qu'il nous écrit après être allé aux renseignements :

« Mon cher Directeur, En réponse à la question que vous m'avez posée, jedois vous dire qu'il n'existe pas de machines à tresser la paille; la raison est qu'il faudrait sans cesse faire des ligatures, ce qui n'est possible qu'à la main et arrêterait le travail du métier. Toutes les pailles sont tressées à la main: dans ces conditions, l'ouvrière insère le nouveau brin de paille dans la tresse sans faire de nœuds et sans qu'on puisse voir la jonction une fois le travail terminé.

« D'ailleurs, déjà pour les tresses et nattes de soie ou de cordonnet, les métiers sont très compliqués; avec le souci d'introduire de nouveaux brins à tout moment, ils devien. draient absolument impraticables pour la paille. »

Veuillez agréer, etc.

F. Main.

Serpes à cacao

Un avantage du modèle de J. H. Hart.

Dans une note de notre 21, sur les Serpes à cacao, nous mettions en cause M. Dulieu, de Sainte-Lucie (Antilles britanniques) en lui demandant de bien vouloir nous dire les avantages du modèle préconisé par M. Hart, directeur du Jardin botanique de Trinidad. M. Dulieu nous répond :

« C'est par erreu r ?q ue vous ai dit que je me sers de la serpe de M. Hart. Je me sers de la serpe .4 (modèle courant de Trinidad) de votre n° 21. Le seul avantage que je reconnaisse à la serpe E (modèle Hart), c'est que si l'outil n'est pas suffisamment affilé, la forme E glissera sur le pédoncule du fruit, tandis que l'outil .4 arrachera le fruit en emportant un morceau de l'écorce de l'arbre. Or, comme les fleurs du cacaoyer sortent directement sur l'écorce, la partie écorchée reste très longtemps avant d'en produire de nouvelles. »

H. Dulieu

JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N''25— Juillet 1903

Bons et mauvais Castilloas, au Costa- Rica et à Java.

Une lettre de M. Koschny, Dans une lettre datée du commencement de cette année et dont la publication s'est trouvée retardée par des circonstances for-

au sujet du Tunu, n'a pas ébranlé sa conviction.

LeTuNU des Indiens Mosquitos ne fournirait qu'une résine dure, peu plastique. Le Castilloa Markhamiana Markh. (nous laissons à M. KosGHNY la responsabilité entière

tuites, M. Koschny, de San Carlos, Costa- '^^ "°"^^ scientifiques qu'il emploie !) four- Rica, revient sur une question dont il nous "^^^^^ uniquement de la glu.

avait entretenu déjà dans de précédents numéros de ce Journal (voir n°s i, 4, 6, 7, 8; consulter aussi les n°' 2, 9, 10; le dernier contient à la page 124 une récapitulation des principaux faits en discussion).

Il s'agit des variétés de Castilloa elastica Cerv., l'arbre à caoutchouc par excellence de l'Amérique centrale. On sait que plusieurs auteurs ont signalé l'existence côte à côte, dans la même forêt ou plantation, de sujets dont l'exploitation est avantageuse, et d'autres de valeur nulle ou insignifiante. Toutefois, on ne s'entend guère sur les caractères botaniques qui permettraient de distinguer les bons arbres des mauvais. M. Koschny avait envoyé à Berlin des matériaux de détermination, malheureusement incomplets et qui n'ont pas permis, à ces messieurs du Musée botanique, de se prononcer ; pour sa part, il maintient son idée, qu'il s'agit de variétés parfaitement définies. Comme nous l'avons déjà expliqué dans le N° I du « J. d'A. T », il en distingue trois, qu'il désigne sous les noms de blanche [alba], noire [nigra] et rouge (riibra); la variété blanche se prêterait seule à l'exploitation en plantations régulières. La variété noire aurait le défaut de s'épuiser trop rapidement, sa saignée étant difficile à arrêter, et par conséquent à régler; cependant, M. Koschny admet qu'on puisse s'en trouver bien dans une plantation très surveillée ; le rendement et la qualité du produit ne laissent, dit-il, rien à désirer. La variété rouge rend peu de chose, et est en outre difficile à soigner proprement, à cause de la fragilité de son écorce, qui se brise et éclate au lieu de se laisser couper.

Le Castilloa elastica, représenté par ces trois variétés, fournit seul, d'après M. Koschny, du caoutchouc de bonne qualité. La polémique qui s'est déroulée ici même

Le Castilloa costaricana LiEBM.,qui pousse au Sud du 10" de latitude Nord, entre i.ooo et 3.000 pieds d'altitude, fournirait, d'ailleurs en fort petite quantité, une matière peu élastique et prenant avec le temps une odeur répugnante; elle pourrait toutefois servir à certains mélanges.

M. Koschny ayant envoyé à Java quelques spécialistes indigènes, sur la demande d'une grande Compagnie néerlandaise, ces hommes lui ont écrit que le Castilloa trouvé par eux dans les plantations dont ils étaient appelés à organiser l'exploitation, ne répondait à aucune des formes connues d'eux au Costa-Rica.

M. Koschny ajoute qu'ils n'ont jamais eu l'occasion de travailler le Castilloa costaricana dans sa patrie ; les échantillons de caoutchouc envoyés par eux de Java, répondraient bien à cette espèce.

La totalité des arbres cultivés en Extrême- Orient, provient de Ceylan ; M. Koschny émet la supposition que cette île aura propagé les deux espèces sans valeur: C.Markhamiana et C. costaricana. Nous faisons toutes nos réserves à cet égard, n'entendant pas engager la responsabilité du Journal sur cette affirmation qui ne cadre guère, trouvons-nous, avec les expériences de coagulations effectuées aux jardins botaniques de Peradenija (Ceylan) et de Buitenzorg ; pas plus qu'avec les résultats de l'exploitation du Castilloa à Pamanœkan et Tjasem, près Soebang (Java) ; pour ne parler que de ces trois endroits qui nous reviennent précisément à la mémoire.

Avant de quitter M. Koschny, observons encore qu'il proteste contre la traduction de certaine phrase de lui, donnée par le « Tropical Agriculturist ».

Cet estimable confrère a mis, en citant M. Koschny au sujet du Castilloa elastica^

N° 25 — Juillet 1903 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE

variété blanche : « It is not shade lowing » c'est-à-dire l'arbre n'aime guère l'ombrage » ; or, le sens exact serait celui-ci : « il « fuit la haute futaie et ne se rencontre que a dans la forêt mixte. Toutefois, jamaisonne a le trouve dans les endroits complètement « découverts; il se présente toujours partiel- « lement ombragé. »

La Tricholène rose, plante fourragère

La Nouvelle-Calédonie est pauvre en plantes fourragères capables de donner, après dessiccation, un foin de bonne qualité. Aussi essaie-t-on d'introduire dans cette colonie la culture de la Tricholène rose. Les premières graines ont été obtenues grâce au bienveillant concours de M. Maiden, directeur du Jardin botanique de Sydney. Les cultures faites jusqu'à présent semblent promettre de bons résultats pour l'avenir. La tricholène rose, qui peut d'ailleurs être consommée à l'état vert, donne après dessiccation un foin tendre, fin, aromatique, ressemblant aux foins récoltés en Europe et bien accepté par les animaux.

(V. la note de M. Etesse. directeur de la fermeécole de Yahoué, in « Bulletin du Commerce de la Nouvelle-Calédonie, 11 janv. 1902, ainsi que l'article publié au « Bulletin de l'Union agricole calédonienne ».)

Le Sour-grass de la Barbade

(Une plante fourragère qui éloigne les tiques).

Cette graminée, Andropogon pertusus, est utilisée comme plante fourragère à la Barbade. Elle renferme un principe aromatique que l'on croit, d'après certaines observations, capable de garantir contreles tiques les animaux qui la consomment. On conçoit de suite la portée considérable de pareilles observations si elles venaient à être confirmées. Non seulement les tiques empêchent de prospérer les animaux sur lesquels elles

quel point l'observation est exacte. L'excellente revue « Agricultural News », organe dudépartementde l'Agriculture des Antilles britanniques, a ouvert une enquête sur cette question. Quelqu'un parmi nos lecteurs serait-il en mesure d'y contribuer ?

La situation agricole à Déli.

Café. — Poivre. — Cocotier.

D'après M. Tabel.

Nous avons publié à plusieurs reprises des notes sur l'agriculture à Sumatra, extraites de lettres écrites, au courant de la plume, par M. Tabel, notre correspondant de Déli. Il nous a parlé de teck (1902, p. 189), de ramieCigoS, p. 62), du tabac, la grande source de richesse de Déli (iqoS, p. 1 19). Les extraits qui suivent, envisagent la même région.

Café. — La culture du caféier devient de plus en plus une entreprise risquée, grâce à la production qui augmente chaque jour dans tous les pays coloniaux.

Le seul Etat de St-Paul, au Brésil, peut produire avec ses plantations la quantité nécessaire à la consommation mondiale qu'on évalue à environ 8 milliards de kilos. En ce mioment (fin 1902), les prix du Libéria à Singapour sont s 22 à 23 le picul de 60 k.400 mais si on tient compte de la baisse du dollar mexicain, c'est un prix peu élevé, inférieur à o fr. jS le kilo.

La culture du café en général n'est plus possible, pour de nouvelles plantations, que dans des conditions exceptionnelles de richesse du sol, de climat et de main-d'œuvre. Poivre. — Le poivre est aussi comme le café un produit dont la production dépasse la consommation et qui ne tardera pas à baisser de prix. Il ne faut entreprendre de nouvelles cultures qu'après les meilleurs devis.

La consommation du café augmente de 4 à 5 % par an; celle du poivre augmen'te peu, se fixent, mais elles sont encore des agents et avec la cessation delà guerre d'Atjeh (Sutrès actifs de transmission de graves mala- matra), la productionva augmenter sensibledies contagieuses. Le «sour-grass» donnerait ment. Partout où les indigènes entreprenun moyen très pratique de se préserver de dront cette culture, les Européens auront leurs méfaits. Le tout est de savoir jusqu'à peine à lutter.

JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N° 25 — Juillet 1903

Cocotier. — La culture qui peut soutenir le mieux une grande production mondiale, sans qu'il y ait à craindre d'encombrement de marché, est celle du cocotier.

Ce bel arbre préfère un sol salé ou saumâtre, au bord de la mer oia les autres plantes réussissent peu ou pas du tout, et ses produits défient la concurrence.

L'industrie peut un jour créer un succédané du caoutchouc ou de la gutta-percha ; elle ne remplacera pas de si tôt les matières premières qui servent à l'alimentation.

Sucrerie de Canne

L'acide phosphorique comme décolorant.

Lettre de M. P. de Sornay

J'ai eu, cette année, l'occasion d'utiliser l'acide phosphorique comme décolorant. La qualité du sucre s'en est trouvée sensiblement améliorée; mais je ne crois pas que l'on puisse en user sur une grande échelle. La premièreraison estque son prixde revient serait dix fois plus cher que celui de l'acide sulfureux que nous employons surtout pour la décoloration. La seconde raison découle de l'encrassement des appareils à évaporer, qui s'incrustent rapidement avec l'acide phosphorique.

En dernier lieu, j'ai pu remarquer qu'une trop forte dose de cet acide nuisait aux rendements des bas jets.

P. DE Sornay Ile Maurice, 25 mars igoS.

Fabriques de farine de banane, à Cuba.

Lettre de M. Alberto Pedroso.

Dans un article très remarqué, publié dans notre n" 24, sous le titre Alcool de bananes., M. H. Neuville a cité incidemment, et en faisant toutes ses réserves, une information de notre confrère « Tea, Coffee and Sugar », annonçant la création prochaine, à Cuba, d'une usine qui fabriquerait du sucre de banane, à raison de i.ooo barils par jour. M. Alberto Pedroso nous écrit pour dire qu'il partage le scepticisme de M. Neulille au sujet de cette information.

Ce qu'il nous apprend sur les fabriques de farine, est d'un haut intérêt: la question

industrielle de la farine de banane est, en effet, des plus controversées ; nos abonnés ont pu s'en rendre compte par les dossiers très nourris que nous avons publiés à ce sujet dans les n'"4, 5, 7 et i 5 du « J. d'A.T. » Nous serons très obligés pour les renseignements plus détaillés que nos lecteurs à Cuba voudraient nous communiquer sur ces deux usines de farine de banane. — N. d. l. R.

Voici la lettre de M. Pedroso : « J'ai lu, à la page 166 du n° 24, l'histoire de la fabrique de sucre de banane; je dois vous dire que dans les journaux de Cuba, il n'y a jamais rien eu à ce sujet. Le sucre de canne, centrifugé, polarisation 96 degrés, se vend d'ailleurs i3 réaux les 100 livres, soit 8 francs 12 centimes le quintal ; je doute fort que le sucre de bananes puisse se vendre « 40 à 60 % meilleur marché ». J'ajoute que par la description qu'on en fait, il ne paraît pas supérieur au sucre de canne second jet, que nous appelons à Cuba « azucar de miel » ; or ce sucre là qui polarise encore 85 % se vend pour ainsi dire pour rien: moins d'un sou la livre.

« Il parait, d'autre part, impossible qu'une fabrique puisse faire par jour i.ooo barils de ce sucre : il n'y a qu'un nombre très limité de sucreries de canne qui fassent 1 .000 sacs par jour ; et l'extraction du sucre de la canne, ainsi que la manipulation de cette dernière, paraissent beaucoup plus facile que pour la banane.

« Peut-être y a-t-il eu erreur de votre confrère américain, et s'agit-il simplement d'une fabrique de farine de banane : Il y en a déjà deux dans l'île de Cuba; la plus importante est celle de Cruzellas, dont la farine, nommée « bananina », se vend assez bien. Cette farine, dont j'ai vu des échantillons, a le défaut de n'être pas très blanche, mais son goût est agréable, et c'est un aliment sain. »

Le rapport de M. Vizzavona sur la canne à sucre aux îles Hawaï.

Dans notre n° 24, nous avons publié, d'après le « Moniteur officieldu Commerce »,

N« 25 — Juillet iqo3 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE

quelques extraits du travail de M. Vizzavona, vice-consul de France, sur la culture et l'exploitation de la canne à sucre aux îles Hawaï. A cette occasion, nous avons donné involontairement des renseignements inexacts sur les conditions dans lesquelles ce travail a été exécuté; nous nous empressons de rectifier :

Le rapport de M. Vizzavona a été rédigé à la suite d'un voyage d'étude dans l'archipel et est composé de renseignements de première main.

Ce qui en a paru ne représente d'ailleurs qu'une partie du travail; car l'auteur a fait parvenir, en outre, à la Ch. d'Agric. delà Réunion, une copieuse bibliographie, ainsi que des dossiers d'une grande importance, concernant les conditions générales, la culture et, surtout, la fabrication ; il y a envoyé également des plans d'usines, des photographies de machines et autres documents de ce genre; on sait combien un particulier a de peine à s'en procurer; M. Vizzavona a été servi, dans la circonstance, par sa qualité officielle et par sa connaissance parfaite du milieu, où il réside depuis de longues années.

Il serait à souhaiter que la Chambre d'Agriculture de la Réunion fasse une édition intégrale avec plans et figures.

Un nouvel emploi du Henequen.

M. Alberto Pedroso nous communique cet extrait d'une correspondance de Merida adressée au journal « New-York Tribune » :

« Le gouvernement du Yucatan a préparé, pour l'Exposition Universelle de St-Louis, une très belle collection d'objets fabriqués en henequen (chanvre de Sisal). Il y a lieu de signaler tout particulièrement des chapeaux qui semblent appelés à faire concurrence aux fameux chapeaux de Panama. »

Déjà l'année dernière nous avons vu, chez l'un des chapeliers les mieux achalandés de Paris, des casquettes (à 20 francs pièce) qui nous semblaient faites en henequen. C'était aussi l'avis de M. H. J . Boeken avec qui nous nous trouvions ce jour-là, et à cette occasion il nous fit connaître que dès 1892 il

avait été appelé à fournir du henequen à la maison Dreifuss frères, de Wohlen (Argovie, Suisse), qui semble avoir été la première à faire des chapeaux avec cette fibre.

Projets d'exploitation de la fibre d'aloès à la Réunion.

La Chambre d'Agriculture de la Réunion, entraînée par le mouvement général en faveur des fibres, un peu aussi sous l'influence du « Journal d'Agriculture Tropicale « que nous avons été très flattés de voir cité dans le procès- verbal, a décidé d'employer 7.000 francs à l'achat d'une défibreuse, destinée à des essais. On lira avec intérêt le texte de la proposition qui a motivé ce vote; cependant nous présumons qu'il s'agit du Fourcroya gigantea, et il ne faudrait pas oublier que la fibre de cette espèce (chanvre de Maurice) atteint seulement en temps d'extrême pénurie des prix comparables à ceux du henequen et que bien souvent, au contraire, son exploitation devient désavantageuse, même à Maurice (v. « J. d'A. T. », n° i3, l'article de M. Paul Carié).

Voici le passage essentiel du procès-verbal (séance du 14 mai 1902) :

« Nous avons reçu le 20 mars 1902, une lettre de M. Chaumeron, fabricant de tapis et tissus végétaux à Paris, demandant des renseignements sur les fibres d'aloès; au milieu de la crise que nous traversons, il n'est pas indifférent de s'assurer des motifs qui ont fait abandonner l'industrie des fibres d'aloès dans notre Colonie.

« Nous avons commencé une enquête, mais les renseignements sont contradictoires; nous croyons cependant que cet abandon est dû à la mauvaise qualité des fibres envoyées sur les marchés d'Europe, et aussi aux machines défectueuses employées alors à la décortication. Depuis, ces machines ont été très perfectionnées. Comme l'aloès se plaît dans les grandes étendues de la partie Sous le Vent, il est utile que la Chambre fasse l'acquisition d'une de ces machines. Elle mettrait à la disposition de son Bureau le crédit nécessaire, lui laissant le soin de prendre des renseignements, et de déterminer le système de machine auquel il faudrait s'arrêter. Si la machine fonctionne bien, il sera facile de la revendre; déjà des propositions sont faites dans ce sens. »

JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N» 25 - Juillet 1903

Habitat naturel du caoutchoutier de Para (Hevea brasiliensis et autres espèces.)

D'après J. Huber.

Ce qui suit est extrait d'une étude d'ensemble, récemment publiée par l'actif directeur du Jardin botanique de Para (Belem) et que nous avons déjà eu l'occasion de citer à propos d'emprunts antérieurs (V. « J. d'A. T, », n" II, p. 145, et n° 14, p. 262) Il est inutile d'insister sur l'importance qu'il y a, pour les planteurs et les capitalistes, à connaître très exactement les conditions de sol et d'irrigation, où prospèrent naturellement les arbres producteursdu meilleur caoutchouc qu'il y ait au monde. Rappelons que VHevea brasiliensis est l'espèce la plus généralement cultivée en dehors de S£ patrie.

« Il importe avant tout ici de ne pas confondre les différentes espèces; car si la plupart des espèces du genre Hevea préfèrent les terrains bas et humides, il n'estpasmoins certain qu'il y a d'autres espèces qui se trouvent surtout sur la terre ferme.

« UHevea brasiliensis préfère franchement les terrains un peu marécageux, au voisinage des rivières, qui sont inondés pendant la saison pluvieuse et où la nappe d'eau souterraine affleure çà et là sans couvrir cependant de grandes superficies.

« Pendant la plus haute crue, qui dure de un àtrois mois, les seringuaes de l'Amazone supérieur et de ses affluents sont inondés par les eaux débordantes des rivières et se trouvent couverts d'une couche d'eau qui peut atteindre plus d'un mètre. Dans le Bas- Amazone, où les crues se font moins sentir, mais où le jeu des marées entre en ligne de compte, les choses se passent autrement. Ici le débordement des eaux de rivières n'est

rées basses pendant la saison pluvieuse, et l'amplitude totale des oscillations de l'année est d'environ 3 mètres.

« Pendant la saison sèche (juillet-décembre), l'eau des canaux ne pénètre pas, même par les marées d'équinoxe de septembre, dans l'intérieur des forêts d'Hevea (excepté par les petits canaux appelés igarapÉs) et même en hiver (janvier-juin) les troncs à^Hevea ne sont guère baignés directement par Teau du fleuve que pendant les plus fortes marées.

« Dans les environs de Belem et le long de la route de Bragança, il y a des seringaes qui ne sont jamais atteints par l'eau des rivières, mais qui sont marécageux pendant la saison pluvieuse.

« En général, on peut dire que VHevea brasiliensis^ quoique le plus fréquent dans le voisinage des rivières, n'est pas limité a leur rayon d'inondation, mais qu'il se trouve aussi dans d'autres terrains saturés d'humidité pendant une partie de l'année, étant cependant exclu des endroits les plus marécageux.

Culture et préparation de la coca à Java.

A plusieurs reprises déjà(v. « J. d'A. T. » n°' 17, 19, 20), nous avons attiré l'attention de nos lecteurs sur la coca, source première de la cocaïne qui est, comme on sait, l'un des principaux anesthésiques modernes et donne lieu à un commerce fort important. Notre abonné, M. le D' Yersin la cultive en grand, sans encore l'exploiter, à Nha-Trang (Annam) et les Allemands font des efforts

pour en établir la culture dans certaines stajamais continu pendant plusieurs jours, mais ^j^^^^ élevées du Cameroun : mais en fait, en les eaux pénètrent et se retirent avec les fluc- ^^^^^^ ^^ ^^^^ habitation d'origine, Bolivie

luations des marées.

« Dans la région des Iles, à l'O. de Marajo, par exemple, l'amplitude des oscillations de niveau du fleuve n'est pas supérieure à 1,5 mètre entre la saison humide et la

et Pérou, une seule colonie exporte, à notre connaissance, de la coca; c'est Java. On verra plus loin, que les feuilles de coca de Java ne valent pas celles d'Amérique; le « Kolonial Muséum-» de Haarlem a indiqué,

saison sèche; tandis que la différence entre il n'y a pas bien longtemps, que leur emballa marée haute et la marée basse atteint éga- lage n'était pas toujours parfait; peut-être lement i,5 mètre. y a-t-il, là aussi, des questions de variété et

« Les marées hautes de la saison sèche de climat,

arrivent donc à peu près au niveau des ma- Il est déjà arrivé à bien des expérimenta-

N»25 — Juillet i9o3 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 223

teurs, de récolter des feuilles de coca et de chage définitif s'opère très rapidement, sur ne pas y trouver de cocaïne du tout. des fours en pierre, de 3 pieds de large sur D'autre part, il semble démontré que la 2 pieds de profondeur et 3 pieds de hauteur, feuille fraîche, dans sa patrie, possède des au-dessus desquels sont placés des tamis de propriétés physiologiques absolument diffé- gaze; le chauffage se fait au charbon de bois, rentes de celles de la feuille sèche telle qu'on Dans le Preanger, on se sert d'ailleurs du la reçoit en Europe. Nous aurons prochai- séchoir « Sirocco », bien connu des plannement l'occasion de revenir sur ces ques- teurs de thé. Le séchage au soleil est à contions, si intéressantes pour les planteurs, en damner, car il fait perdre une notable partie analysant un beau mémoire récent de M. de la cocaïne.

RusBY, du Jardin botanique de New-York, Dans le Preanger, la feuille desséchée est

qui a passé plusieurs années dans l'Améri- réduite en poudre et emballée dans des sacs

que du Sud. Quoi qu'il en soit, après avoir caoutchoutés. Mais on emploie aussi l'em-

lu, dans nos précédents numéros, comment hallage en caisse zinguée de 52 x 40 X 55

la coca se cultive en Bolivie et au Pérou, on centimètres; les feuilles sont pressées dans

lira avec profit les quelques renseignements cette caisse au moyen d'un pilon, de cons-

ci-après sur les conditions de sa culture et truction très primitive; après remplissage,

l'exploitation à Java ; ils sont empruntés à on soude la caisse, et on l'expédie en Europe

un article de M.J. CM. Koert, paru dans sans perdre de temps ; car c'est toujours une

l'excellente revue « Cultura », organe des an- mauvaise affaire que de garder de la feuille

ciens élèves de Wageningen. — N. r>. l. R. de coca; il faut si peu de chose pour la décomposition de la cocaïne !

La feuille de coca de Java n'atteint pas sur

Il n'y a qu'une seule plantation de coca le marché la valeur de celle de l'Amérique

à Java; elle est située dans le Preanger. du Sud ; elle se vend 5o à 60 cents hollan-

Cependant on estime, dans l'île, que la cul- dais la livre de feuilles sèches. Cependant,

ture de la coca peut se faire dans toute comme la feuille fraîche revient de 2 à 4

caféerie à climat humide. Dans les terrains cents et que la perte de poids par la dessic-

élevés, la plante peut se passer d'ombrage, cation ne dépasse guère 75 % , il reste quand

mais à l'ombre elle donne plus de cocaïne, même un assez joli bénéfice. Malheureuse-

aussi vaut il mieux planter toujours à l'om- ment, le cours de la feuille de coca est sou-

bre ; d'autant que la coca supporte mai une mis à de fortes fluctuations,

sécheresse un peu prolongée. Par contre, elle H ne devrait pas être très difficile de faire

offre cet avantage de pouvoir être cultivée sur place de la cocaïne brute (i), qui valait

sur des terrains sans valeur, tels que les bor- dernièrement encore 700 marks à Ham-

dures des chemins, les intervalles entre les bourg.

caféiers, etc. Pour la fabrication de la cocaïne brute, La plante est traitée à peu près comme le les feuilles de coca finement pulvérisées sont théier. Quand elle a atteint environ i mètre arrosées de soude caustique, puis agitées à i'"20 de haut, on coupe la tige principale avec une huile minérale (benzine, éther de de manière à rabattre l'arbuste à 90 centi- pétrole, pétrole; etc.). 11 faut treize parties mètres environ. Après cette taille, environ du dissolvant pour une partie de feuilles, un an et demi après la plantation, on peut Les alcaloïdes dissous sont ensuite extraits commencer la cueillette. La feuille au mo- par de l'acide sulfurique dilué. On recomment de sa récolte est vert pâle ; plus elle est mence l'épuisement des feuilles à plusieurs jeune, plus elle est riche en cocaïne. reprises. — La solution acide d'alcaloïde Le séchage de la coca est une opération est traitée ensuite par de la soude en excès: délicate : Pendant une nuit, la feuille est

étendue en couche mince; le lendemain (j) on en fait bien, et de plus en plus, au Pérou,

matin, on la transporte au séchoir, où le se- v. « J. d'A, T. » n° 20. — N. d. l. R.

JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N°23 —Juillet 1903

la cocaïne se précipite en même temps que la stéarine de noix de coco. Il ne faut aucune plusieurs alcaloïdes qui raccompagnent. La matière étrangère, et le point de fusion doit cocaïne brute est purifiée en Europe par être aussi élevé que possible, afin que les

cristallisation dans l'alcool, et ensuite, transformée en chlorhydrate.

Le beurre de coco aux États-Unis.

Nos lecteurs savent que nous attachons de l'importance à tout ce qui concerne le cocotier, l'une des cultures les plus avantageuses des temps présents. Le beurre de coco a été, en particulier,l'objet de plusieurs articles dans ce Journal : Nous y avons indiqué, avec plus ou moins de détails, la situation de celte industrie en France, en Angleterre, en Allemagne, àSingapore et à Pondichéry (v. « J. d'A. T. », n° 19 et

bonbons résistent à la chaleur sans fondre, il faut aussi un raffinage parfait : le beurre doit être de réaction absolument neutre. »

Les galettes de manioc de la Jamaïque, à Boston.

« Agricultura News î, l'admirable périodique du Département d'Agriculture des Antilles britanniques, signale la faveur dont jouissent, depuis quelques temps, à Boston, et ailleurs, aux Etats-Unis, les galettes de manioc (« cassava cakes »), de la Jamaïque, n» 221. En continuant le dépouillement de notre II est, paraît-il, de mode, aujourd'hui, d'en dossier, qui contient encore plusieurs documents servir aux « five o'clock » (thé de 5 heures) ;

intéressants, nous trouvons aujourd'hui quelques , , . . , . ^ v ,

' ., , /,, , , j , les épiciers n arrivent pas a s en procurer

renseignements utiles sur les débouches du beurre . .

de coco aux Etats-Unis : ^^"^^ '^ quantité qu ils pourraient vendre.

Un correspondant de New- York écrivait ce qui Le Département formule le souhait qu'il se

suit, à la date du 12 novembre 1902, à la Revue trouve quelque planteur ou négociant entre-

« Oil Paint and Drug Reporter » (cf. « Tropical prenant, pour donner une organisation plus

Agriculturist ,> février .903): forte à ce commerce qu'on estime pouvoir

« Je constate aux États-Unis une progrès- prendre une grande extension. Il faudrait sion énorme, et extrêmement rapide, de la présenter les « cassava cakes » en boîtes [fer demande de beurre de coco, de la part des blanc ou bois) un peu élégantes; ce serait confiseurs, pâtissiers et chocolatiers. Ces un premier progrès. — Quelqu'un pourraitindustriels, qui ne prennent que le produit il nous dire ce que sont exactement ces de haute qualité, et de pureté garantie, y ont cakes? reconnu un succédané parfait du beurre de ^^ ^__^ cacao; de même, les fabricants de biscuits et de cakes remplacent, par le beurre de coco, le beurre de vache et le lard. C'est l'Angleterre qui possède la fabrication la plus forte; elle dépasse les productions Cela a été aflfirmé. M . Bruuning, directeur réunies du Continent et des Etats-Unis. ^^ la Station d'essai des semences, à Wage-

Existe-t-il un rapport entre la richesse des arachides et la minceur des cosses?

ningen (Hollande), s'est donné la peine de procéder à un contrôle personnel, et est arrivé aune conclusion négative. Si, des i5 dosages qu'il cite, on n'en retenait que les deux

« La première fabrique anglaise a été celle des prédécesseurs de MM. Loders & Nuco- LiNE de Londres, fondée il v a 16 ans.

« La principale difficulté de la fabrication, consiste en l'élimination parfaite des acides extrêmes

gras libres, non volatils. Il existe certains """I"' Mat^. g^a.se br.

procédés secrets pour les opérations préli- Mozambique (1888). . 27,6 % 3j,i %

minaires, ainsi que pour donner un aspect Egypte (1895) 21,0 % 41,4 %

plus engageant au produit fini. Les grands on pourrait être tenté de conclure en faveur fabricants de chocolats aux Etats-Unis de- de la corrélation ; mais cette conclusion est mandent à leurs fournisseurs la garantie que renversée par l'ensembh du tableau, qu'il est le produit vendu contienne uniquement de inutile de reproduire ici.

Nouv. Imp. Ed. Lasnier, Direct. 3-j, rue St-Lazare. Paris.

Le Gérant : E. BoiviN.

No 25 - JuiLLFT 190^ JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE XV

TOUT HORTICULTEUR ♦—-

devrait posséder le

DICTIONNAIRE

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