PARTIE COMMERCIALE
(Cours, Statistiques, Djbouchés, etc.)
HECHT FRÈRES & C'-' : Bulletin mensuel du caoutchouc 281
A. BORGES MONTEIRO: Statistique des cacaos brésiliens 282
Les vanilleries de l'île de Maurice. . . . 2S3
Limes vertes des Antilles (débouché à Londres) 283
Pages ACTUALITÉS
(Correspondances, Informations, Extraits, etc.;
La petite défibreuse de B(EKEN (Avis). . . 284 Le prochain Congrès oléicole de Sfax . . 284 D'" LAVERAN : La question des végétaux
culicifuges (Mise au point) 284
CH. RIVIÈRE : Le problème de la défibration des feuilles des palmiers genres
Phœnix 285
PAUL DES GROTTES : A propos de la sélection des cannes à sucre 285
H. N. : Le prétendu sucre de patates
douces de Formose 286
A. MALBOT : Papier de bagasse de canne
à sucre (Un vieux brevet) 28G
EM. BUDAN : Préparation des galettes de
manioc aux Antilles 287
Les méfaits de la mangouste 288
L'Institut colonial de Bordeaux . 288
A. PEDROSO : Une nouvelle irkdustrie à
Cuba : la culture du coton 288
LIVRES NOUVEAUX Annonces bibliographiques; §§446-455, sur papier bleu : Zambézie, Sud- Ouest afiicain, Etats-Unis, Philippines, Cacao, Coton, Indigo, Grand soleil. — Chèvre An- Rora VIII et IX
FIGURES
Fig. 19 : Outil pour saigner les caoutchoutiers, modèle Holloway 274
Fig. 20 et 21 : Schémas de la saignée des Heveas, à Képitigalla 274
JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N« 27 — Sept. 1903
du Jo2ii-}ial d'Agriculture Tropicale
SONT ÉPUISÉS
Il ne reste plus qu'un très petit nombre de collections complètes de la i""'' année 1901-1902 (comprenant les n''* de i à 12.) Nous les vendons 75 francs les 12 numéros.
Les collections incomplètes (comprenant les n°' I, 3, 5,6,7,8, 10,12) se vendent 20 francs les 8 numéros.
Nous ne vendons plus de numéros isolés de l'année 1901 et du i*^"" semestre de 1902.
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au Journal d' Agriculture Tropicale
I Mois 3 Mois
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Le JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE
est en lecture sur les paquebots des C'^^ :
0'' des Messageries ïaritimes i;-^ 0^^ G-^^ Transatlantique
C' laritime Belge du Congo «^^ Eotterdamsclie Lloyd
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ET LEUR CULTUFtE
Par O. WARBURG, Professeur à l'Université de Berlin, Directeur du Tropenpjlanier
Traduction annotée et mise à Jour par J. VILBOUGHEVITCH
In-8^ — 3oo pages, 26 figures. Prix broché : 9 francs
Les abonnés du « Journal d'Agriculture Tropicale » sont priés d'adresser leurs command«s à M. Vilbouchevitch, 10, rue Delambre, accompagnées de mandats de 9 francs, plus le port. Le livre pesa 700 grammes. L'envoi recommandé coûte o fr. 25 en plus.
Troisième Année.
3o Sept. igoB
La Fumure du Cacao.
Nécessité des engrais pour les cultures coloniales intensives. — Exigences du cacaoyer et composition des bonnes terres à cacao. — Exemples de fumures rationnelles et résultats d'expériences méthodiques. — Nécessité de recherches nouvelles. — Programme d'observations.
Par M . A. Couturier.
Les cultures tropicales se développent dans des conditions de sol et de climat si différentes des nôtres, habitants des zones tempérées, qu'on a pensé qu'elles pouvaient se passer des procédés intensifs de la culture moderne et notamment des engrais chimiques, dont l'application aux terres épuisées de la vieille Europe a donné de si bons résultats.
« Beaucoup de personnes trompées par l'exubérance de végétation que décrivent les voyageurs, dit M. Henri Lecomte dans son substantiel ouvrage sur le café (i), se font une idée tout à fait exagérée de la fertilité prétendue inépuisable de certaines îerres tropicales. A la vérité, ces terres remarquablement riches, qu'une longue suite de récoltes ininterrompues ne parviendrait pas à appauvrir sensiblement, sont très rares si toutefoiselles existent etil faut se garder d'un mirage qui appelle de cruels mécomptes.
« Mais c'est surtout quand il s'agit de cultures arbustives comme celles du caféier et du cacaoyer, qui doivent se perpétuer longtemps dans le même sol, prélever k chaque récolte une partie de l'azote et des substances minérales, qu'il convient de réagir, par l'emploi d'amendements et d'engrais, contre l'appauvrissement progressif et inévitable du sol. » {loco cit., p. io5).
D'ailleurs, les difficultés variées de l'heure présente : les nombreuses maladies des cul-
tures tropicales, l'encombrement des marchés et la dépréciation de presque toutes les denrées coloniales qui en a été la conséquence, ont enfin attiré l'attention des planteurs sur la nécessité de prévenir l'épuisement des terres par l'application régulière d'engrais composés suivant les exigences spéciales à chaque culture.
La nature etla quantité des divers engrais qu'il convient d'employer dans des conditions déterminées sont réglées, en effet, par la composition de la récolte et par celle des terres. Dans le cas particulier du cacao, les données réunies par les agronome s'accordent à faire de la potasse l'élément le plus utile à la fumure du cacaoyer.
Les travaux de Boname ( i) ont montré que chaque tonne de cacao marchand, correspondant à 8.i3o kg. de fruits tels qu'on les récolte, enlève au sol 112 kg. de matières minérales, dont 5y kg. 5 de potasse et 9 seulement d'acide phosphorique, contre 20 kg. d'azote. Plus récemment,WoHLTMANN trouvait 1,14 % dépotasse dans les fèves de cacao de Samoa, soit, pour un hectare planté de 5oo arbres, une exportation annuelle moyenne d'environ i i kg. 5oo en ne tenant compte que des fruits. Mais l'appauvrissement réel est bien plus considérable puisqu'on ne rend pas au sol les pulpes des. cabosses, ni les cabosses mêmes, qui sont très riches en potasse.
(i) Le Café. In-S", 342 pp. Nombreuses figures. Naud, éditeur. Paris, 1902. Prix :5 francs.
( 1 ) Le savant agronome, aujourd'hui à la tète de la station agronomique de l'île Maurice.
26o JOURNAL D'AGRICU
D'autre part, c'est incontestablement dans les terres bien pourvues en potasse que l'on obtient les meilleures récoltes de cacao et, à cet égard, il est intéressant de comparer les chiffresque nous avons réunisdans le tableau suivant, d'après les analyses publiées par MM. Lecomte & Chalot (i), et Hart (2). Seuls les deux premiers exemples du tableau sont des sols où le cacao ne produit guère.
Composition de quelques terres plantées en cacaoyers
POTASSE AC. PHOS. AZOIE CHAUX
«/(.o Voo "/(.O "/(.(.
Grenade (Hart) 0,41 0,24 1,37 5,34
Saint-Vincent (Hart). o,83 0,42 0,75 48,00
» » » 1,78 1,14 2,o5 5o,oo
Guadeloupe (Boname) . i,ii 1,24 « 1,73
Martinique (Rouf). ... 1,11 2,43 2,11 i3,oo
Trinité (Hart) i,83 i,33 i,3i 1,28
Grenade (Hart) 3,43 1,84 2,71 ^3,79
Venezuela (Hart).... 3,92 1,47 0,71 5,94
Réunion 5, 80 4,00 3, 00 3, Do
Nicaragua (Hart) 6,19 2,93 2,28 22, 3o
Surinam (Hart) 10,40 1,10 2,70 4,00
Ces chiffres confirment ce que M. Lecomte dit des terres tropicales: à parties quatre der niers échantillons dont la richesse est exceptionnelle, il serait facile de trouver dans nos sols européens des dosages sensiblement plus élevés. Mais il convient d'ajouter que les résultats de l'analyse chimique des terres ne permettent pas, à eux seuls, d'en déterminer la fertilité ; les caractères physiques ont au moins autant d'importance et d'ailleurs, en ce qui concerne la potasse, les méthodes analytiques généralement employées ne donnent aucune indication sur la partie assimilable delà potasse dosée, qui est cependant la seule pratiquement intéressante (3). On peut toutefois conclure de ces documents à l'importance de la potasse pour le cacao, et rechercher de préférence, pour cette culture, des alluvions fertiles bien pourvues en azote, mais particulièrement riches en potasse. Nous avons vu que ces terres sont exceptionnelles, et dans la plupart des cas, il y a lieu de se préoccuper d'apporter
(i) Le cacaoyer et sa culture. In-8'', 120 pp. et fig. Carré et Naud, éditeurs. Paris 1897. Prix: 2 frs.
(2) Cocoa. V. l'analyse de ce manuel anglais dans le n° i3 du « J. d'A. T. », § 184 (pages bleues). Prix de la dernière édition : 3 sh.
(3) Nous nous en sommes longuement expliqué dans de précédents numéros du « J. d'A. T. »
LTURE TROPICALE N« 27 — Sept. 1903
sous forme d'engrais chimiques les éléments enlevés par les récoltes.
La fumure n'a pas seulement pour effet d'augmenter les rendements, c'est-à-dire d'abaisser le prix de revient des produits obtenus, mais encore elle assure un développement plus rapide des plantes cultivées, qui deviennent à la fois plus précoces et plus vigoureuses et résistent mieux aux attaques des parasites animaux ou végétaux.
A Grenade, où la fumure du sol joue un très grand rôle, on obtient dès la quatrième année une récolte passable et la cinquième année une récolte complète, tandis qu'à la Trinité, pays de culture extensive où l'on fume peu, les arbies ne sont en pleine production qu'à partir de la dixième année (Preuss) (i).
Le Docteur P. Guérin rapporte qu'une abondante fumure donnée aux arbres les sauve fréquemment des attaques du Borer; l'insecte se trouve étouffé par une végétation exubérante, grâce à laquelle l'extérieur des conduits qu'il a percés peut se boucher (2). Enfin, la fumure régulière et copieuse assure l'uniformité des récoltes et prolonge la durée de la vie des arbres. Si l'on cessait de fumer à Grenade, assure Precss, la production des plantations qui atteint son maximum vers 10 à 12 ans baisserait certainement très vite.
Les pratiques suivies aux colonies pour la fumure du cacao sont extrêmement variables. Dans les terres exceptionnelles de Surinam et dans les régions à culture extensive qui constituent encore, il faut bien le dire, la grande majorité des pays producteurs de cacao, on ne se préoccupe en aucune façon des engrais. C'est seulement dans les plantations traitées intensivement qu'on apporte le plus grand soin à donner aux arbres les fumures organiques et minérales dont ils ont besoin.
(i) Le Cacao, v. u .1. d'A. T. », n» i3, | i77(feuilles bleues). Prix : 5 fr.
(2) D'- P GuÉRiN : Culture du Cacaoyer, p. 41.
N" 27 — Sept. 1903 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE
Le fumier de ferme, les tourteaux et les composts constitueiît un excellent engrais de fond. C'est ainsi qu'à Grenade et à Ceylan on recueille avec soin les feuilles et toutes les matières végétales qui couvrent les plantations, pour les mélanger au fumier; on obtient ainsi des composts qui donnent au sol surtout des matières organiques. En choisissant les essences porte-ombre dans la famille des Légumineuses, douées de la précieuse propriété de fixer l'azote libre de l'air, on peut aussi, à peu de frais, enrichir la plantation en matières azotées. Le professeur Carmody, chimiste du gouvernement de la Trinité, a montré récemment que les fleurs du Bois Immortel [Erythrina umbrosa ou E. velutinà] étaient très riches en azote : jusqu'à 6,32 % dans les fleurs fraîches. 5o pieds de Bois Immortel en pleine floraison contiennent, dans leurs corolles environ 9 kg. d'azote, alors que les fèves marchandes fournies par les 25o pieds de cacao qui poussent à leur ombre n'en renferment que 5 '/2- Aussitôt la fécondation opérée, les corolles des Erythrines tombent à terre, et la cacaoyère profite ainsi d'une copieuse fumure gratuite. M. J. G. de Gannes a eu la patience de peser les fleurs ramassées, deux fois par jour, au pied d'un Bois Immortel de sa propriété de La Chance (Arima, Trinidad) ; il y en eut i3o Ibs., et encore estime-t-il que le vent en a emporté une trentaine de Ibs. (Communication faite à la Soc. d'Agric. de la Trinidad, le 10 juin 1902).
L'effet des fumures organiques doit être complété par l'application d'engrais minéraux, parmi lesquels la potasse vient en première ligne.
Dans les essais de fumure du cacaoyer organisés sur 5 plantations à Grenade, par r « Impérial Department of Agriculture for the West-Indies », les meilleurs résultats ont été donnés par les parcelles traitées au sulfate de potasse. Voici les récoltes faites en 1902 :
Il est regrettable que la publication du Département ne donne aucune indication sur la surface desparcelles et la quantité des engrais employés dans chacune d'elles ; nous verrons aussi tout à l'heure que le plan de ces expériences laissé beaucoup à désirer.
III I\' V Totaux
(Ibs) (Ibs) (Ibs) (Ibs) (Ibs) (Ibs)
Scories et suif, de potasse 522 279 3io 1.109 bCti 2.81 1
Scories et suif, d'ammoniaque 426 252
Scori s et nitr. de soude .;
Fumier de bergerie ou de
basse-cour 362 148 218 657 493 1079
Malgré l'évidente nécessité de la potasse pour le cacao, qui en consomme de grandes quantités, on l'a jusqu'ici assez peu essayé et la plupart des observations relatives à l'emploi des engrais chimiques intéresse surtout les engrais phosphatés et azotés. A la Jamaïque, on a constaté les bons effets des scories ; à S'" Lucie et à Grenade, rapporte M. W. Smith, « les scories à la dose de 5 à 10 cwt. par acre, appliquées en décembre et janvier et suivies de i cwt. de sulfate d'ammoniaque en août et septembre, ont donné de très bons résultats. La dépense d'engrais, d'environ £2.10 sh. à £ 5 par acre, a été largement remboursée par l'augmentation des récoltes ». Le même observateur conseille l'application du nitrate de soude (i cwt. par acre) aux arbres dont les feuilles sont attaquées par le Diplodia et celle de la poudre d'os dans les trous au moment de la transplantation (à raison d'une demi-livre par trou).
Mais BoNAME, le premier, a insisté sur l'importancedesengrais potassiques et, avec lui, MM. LECOMTEet Chalot recommandent l'usage des cendres de bois, qui apportent surtoutde la potasse. Uneintéressanteobservaiion de Hart est rapportée à ce propos par « Agricultural News », l'organe bimensuel de l'Impérial Department : Un cacaoyer du Jardin botanique de la Trinité, poussant au voisinage de lacuisine de l'habitation directoriale, recevait toutes les balayures et les cendres du foyer. Cet arbre a donné, l'année dernière, 70 cabosses en une seule cueillette ; on en a retiré environ 7 livres anglaises (3 kg. 17) de cacao sec, et l'on escompte pour 1903 une récolte encore supérieure.
En résumé, il faut au cacao des matières organiques et des matières minérales promp-
JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N» 27 — Sept. 1903
tement assimilables; on lui donnera les pre- quantités à la fois et de les appliquer seule-
mières sous forme de fumier, de composts ment au moment même où ils doivent agir,
ou de tourteaux. Les secondes seront appor- Sous les réserves faites plus haut, il sera
tées à l'état d'engrais complet, renfermant à facile aux planteurs d'utiliser la formule de
la fois de l'acide phosphorique, de l'azote et Hart en remplaçant, à égalité de dosage, les
surtout de la potasse. Sans recourir auxpro- produits indiqués par les autres engrais du
duits extrêmement solubles et très concen- commerce (superphosphate minéral à 16-
trés, comme les phosphates et les nitrates de 1 8 "u d'acide phosphorique, scories à 20 %
potasse et d'ammoniaque, qui sont d'un d'acide phosphorique, sulfate d'ammoniaque
prix beaucoup tropélevé et d'un emploi fort à 20 % d'azote, etc.) ou mieux encore par les
délicat, on trouvera dans les engrais cou- matières fertilisantes qu'ils peuvent trouver
rants du commerce les éléments d'une fu- dans leur voisinage : guano, tourteaux, sang
mure rationnelle. Par exemple, Hart recom- desséché, etc.
mande d'appliquer au pied de chaque arbre, Mais on ne saurait trop leur conseiller de
à un mètre du tronc, le mélange suivant, que se livrer d'abord à des expériences métho-
nous avons calculé pour un hectare : diques et suivies, qui pourront seules leur
Superphosphate double (36 % d'acide phos- indiquer la nature et la quantité des engrais
phorique), 100 kg. qui leur sont vraiment utiles.
Sulfate de potasse (5o % de potasse), 125 kg. La plupart des essais d'engrais dont nous
Nitrate de soude (i 5 à 16 % d'azote) i 25 kg. avons rendu compte ont été faits à tort et à
Ces quantités ne sont indiquées ici qu'à ti- travers, sans but ni méthode et il est regret-
tre d'exemple ; en fait, elles devront évidem- table que tant d'efforts ne puissent aboutir à
m^ent varier avec l'âge des arbres et leur aucun résultat pratique, faute de coordina-
productivité. tion. Les cultures tropicales n'échappent pas
Tous les engrais employés sous les tropi- plus que celles de la métropole à la dure loi
ques, qu'il s'agisse de fumier, de compost du minimum; c'est toujours V élément (eriiVi-
ou d'engrais chimiques, doivent être appli- sant le moins abondant qui détermine l'im-
qués de préférence au début de la saison des portance des récoltes et pour qu'une expé-
pluies et immédiatement enterrés ; c'est le rience soit complète et utile, il faut qu'elle
seul moyen qu'ait le planteur de diminuer compare une parcelle à engrais complet à
les pertes dues à l'entraînement des matières d'autres parcelles dans lesquelles manquent
solubles par les pluies torrentielles si abon- respectivement chacun des éléments de la
dantes dans ces climats. fumure. Des essais viennent d'être institués
Les engrais phosphatés et potassiques, sur ces bases dans les pays producteurs de
quoique très solubles, sont retenus par les cacao, par le Syndicat de Stassfurt (i); nul
terres, en vertu du phénomène de l'absorp- doute que ces recherches ne fournissent
tion et d'autant plus fortement que ces der- bientôt desdonnées d'une grandeutilitépour
nières contiennent plus d'humxus et d'ar- la solution de l'importante question de la
gile ; on peut, sans inconvénient, les appli- fumure du cacaoyer.
quer à haute dose et d'avance. Les engrais Nous publierons dans un prochain nuazotés et surtout les nitrates ne sont pas rete- méro le texte des Instructions élaborées par nus, au contraire, et comme ils sont très les conseils scientifiques du Syndicat, après solubles, la partie qui n'est pas immédiate- entente avec les planteurs intéressés, ment utilisée par les plantes est entraînée A. Couturikr.
par les eaux de drainage et perdue. Auss
convient-il d'apporter de grandes précau- (j) Représenté à Paris par le Bureau d'études sur
tions à leur emploi, d'en donner de petites les engrais, 6, rue du Conservatoire.
N° 27 — Sept. 1903. JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE
Fabrication du Thé noir
Les recherches de M. Mann sur la Fermentation ou Oxydation. Par M. Charles Judge
Dans un précédent article paru dans le n° 22 du « Journal d'Agriculture Tropicale », M. Jl'dge nous a exposé, d'après les dernières recherches de M.Mann, les conditions et le rôle du flétrissage (i). Sans s'arrêter spécialement au roulage, il nous entretient aujourd'hui de la fermentation {ou oxydation), phase essentielle de la fabrication du thé noir :
M. Mann distingue dans la fermentation de la feuille de thé les processus utiles et les processus nuisibles. Les premiers ont lieu sous l'action de l'enzyme (ferment oxydant, non figuré), préexistant dans la feuille, et dont le flétrissage doit avoir encore augmenté la proportion, du moins s'il a été bien conduit. Les microbes qui interviennent au cours de l'oxydation du thé, n'exercent que des actions nocives; ce sont eux qui causent la putréfaction, auquel cas ils communiquent au thé un mauvais goût et en abaissent la qualité de toutes les façons.
Il faut donc des précautions rigoureuses ■contre ces microbes.
En premier lieu, on peut entraver la multiplication des microbes, en élevant ou en abaissant la température de la salle de fermentation au-delà des limites étroites qu'ils affectionnent.
Un deuxième procédé consisterait à ajouter des substances antiseptiques dont on débarrasserait le thé dans la suite, à l'occasion du grillage; ce serait là, la méthode antiseptique.
Enfin, il existe une troisième méthode, c'est la méthode aseptique, qu'on réalise en observant une propreté scrupuleuse dans toutes les manipulations, et en stérilisant tous les appareils destinés à entrer en contact avec les feuilles, pendant la fermentation.
Depuis longtemps, les planteurs de l'Inde évitent les températures élevées pendant la
(i) M. Mann nous écrit à ce sujet : » L'exposé que vous avez publié, est le meilleur qui ait été fait de mon travail ». — N. d. l. R.
fermentation; l'expérience leur a prouvé qu'on n'obtient pas de bons thés, dès qu'on élève la température au-dessus de celle de l'air ambiant. Les planteurs ont toujours cherché à faire fermenter à une température aussi basse que possible.
M. Mann leur donne raison, après avoir procédé à quelques expériences spéciales qui prouvent que le refroidissement de la couche de feuilles entrave très sensiblement l'action des microbes, sans nuire en quoi que ce soit à celle de l'enzyme. C'est le cas de rappeler qu'il y a quelques années des brevets ont été pris, dans l'Inde et à Ceylan, pour la réfrigération des salles de fermentation des thééries, au moyen de machines à glace. M. Mann est d'avis que l'emploi de rideaux mouillés (« tatties ») suffit.
Une circonstance à ne pas oublier, est que l'enzyme cesse d'agir à 45° Fahr. {7 7i° C.) ; il y a donc une limite au refroidissement, à ne pas dépasser, sous peine de manquer toute l'opération; je reproche à M. Mann de ne pas avoir assez insisté sur ce point.
La 2*= méthode, celle des antiseptiques, ne sera probablement jamais acceptée par la pratique, à cause du tort qu'elle pourrait faire à nos thés auprès des acheteurs anglais, qui ne manqueraient pas de stigmatiser les thés ainsi obtenus du terme très dangereux de «faked » (truqués). Quoi qu'il en soit, M. Mann a essayé le chloroforme et l'acide salicylique.
En additionnant de quelques gouttes de chloroforme l'eau destinée àl'aspersion de la feuille roulée, M. Mann a obtenu un thé moins astringent que le thé normal, une infusion sensiblement plus épaisse, et un parfum douceâtre peu engageant.
D'ailleurs l'expérimentateur ne tarda pas à s'apercevoir que le chloroforme arrêtait l'action de l'enzyme; cette constatation mit fin aux expériences dans la direction indiquée
JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N° 27 — Sept. 1903
L'acide salicylique s'est montré bien plus intéressant. En aspergeant de cette substance des feuilles, immédiatement après le roulage, M. Mann a obtenu de fort jolis thés. Il assure que cet acide se volatilise entièrement au cours du grillage. Je le veux bien, mais je répète ma conviction : que la propagation d'une pareille méthode ferait du tort aux thés de l'Inde sur le marché. Je pense à telle bière allemande, très largement consommée dans l'Inde à un moment donné, il y a de cela une dizaine d'années; et qui a aujourd'hui disparu presque complètement, à la suite d'un bruit qui présentait cette bière comme additionnée d'acide salicylique (i).
La méthode aseptique est pratiquement appliquée dans toutes les bonnes théeries de l'Inde. Avant de connaître la chimie du thé, les planteurs avaient reconnu par la pra-
(i) Cette peur de l'acide salicylique n'est pas partagée par tout le monde; voir la note de M. Neuville, dans le n° 25 du « J. d'A T. ». ■ — N. d. l. R.
tique, qu'on gagne à observer dans la manipulation du thé, la plus grande propreté. Ne nous occupons pas davantage des planteurs négligents qui ne s'astreignent point à cette précaution; ces paresseux ne mettront pas plus à profit les constatations de la science. On peut poser en principe que tous les planchers et tables utilisés pour la fermentation du thé, devront être rincés à l'eau bouillante, tous les jours; on stérilisera par le même procédé les toiles; on veillera également aux machines. Il y a déjà des années que Kelway Bamber , le spécialiste bien connu de Cêylan, recommandait, comme moyen de réduire les chances de contamination, de tendre sur un bâtis les toiles mouillées dont on a l'habitude de couvrir les tas dans le but d'abaisser la température de fermentation; de la sorte, on évitera le contact de la toile avec les feuilles.
Ch. Judge.
Calcutta, mars igoS.
Le Palmier à huile au Dahomey
Procédés indigènes de culture du palmier et d'extraction de l'huile. — La légende des pulpes
exportées. — Calculs de rendements.
Par M. L. Estève.
Dans un précédent article(i) j'ai donné des renseignements sur le palmier à huile en tant qu'espèce ; je m'en occuperai aujourd'hui uniquement au point de vue agricole.
UElœïs guineerisis, certainement spontané dans la région sud du Dahomey, aurait été importé dans les environs d'Abomey par les lois prédécesseurs deBehanzin et parBehanzin lui-même. On n'en rencontre à peu près pas au nord de l'ancien royaume du Dahomey.
Culture indigène. — Il est rare que les noirs fassent des plantations du palmier, qui forme la grande masse des brousses impénétrables de la partie sud du pays ; ils se contentent d'aménager la brousse : coupent, taillent, détruisent une grande quantité de
palmierseten laissent un ça et là à des inter valles irréguliers, variant de 2 m. à 10 m.
Les pieds ainsi dégagés poussent plus vigoureusement et constituent les palmiers producteurs. Lorsque ces derniers se rapprochent des dimensions maximum atteintes par cetteessence, les pieds ayant 5o à 75 ans, on laisse se développer i ou 2 jeunes à leur côté, pour le remplacer lorsqu'ils auront disparu.
Au dessous des palmiers, les noirs font des cultures intercalaires : maïs, patate, manioc, arachide, etc., etc. Dans les cas où le sol n'est pas mis en culture, ils ne maintiennent débroussée que la partie entourant le tronc du palmier producteur, avec, ça et là, de petits sentiers permettant de venir auprès de chacun de ces arbres aux moments des récoltes.
Ce procédé de culture, on ne peut plus
N«.37 — Sept. (9o3 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 265
simple, devient cependant quelquefois un dans la brousse. On devra choisir parmi les
peu plus complexe: J'ai pu voir, dans la ré- plus vigoureux, âgés de 4 ans environ ; on
gion Ouest de la colonie, des palmiers qui n'aura ainsi que 3 ou4années d'attente avant
avaientététranspiantés; cette transplantation la première récolte. Il ne me parait guère
avait d'ailleurs été faite d'une façon très irré- possible de conseiller la création de pépi-
gulière, sans grande observation des espace- nières, à moins que par une sélection judi-
ments. cieuseon ne veuille améliorer la variété exis-
De quelque manière que se fasse la planta- tante : on pourrait, par ex., chercher à ré-
tion du terrain, le travail d'entretien se borne duire, dans le parche, la proportion des fibres
en principe au débroussement autour du qui, nous le savons, ne contiennent pas
pied ; lorsque des opérations culturales plus d'huile. Le palmier comme tous les autres
compliquées sont faites, on peut-être con- végétaux se développe mieux dans un sol
vaincu que c'est pour une culture annuelle propre que dans un terrain broussailleux;
intercalaire et non pour le palmier même. c'est donc à une culture annuelle ou à l'éle-
J'admets que ces procédés soient primitifs, vage qu'il faudra faire supporter ces soins
mais il est difficile de faire mieux. Là où les d'entretien du sol.
palmiers forment une brousse épaisse, on est Les Elœ'is guineensis, à de très rares excepamené à choisir comme producteurs les plus tions près, ne produisent rien avant la 7'" ou beaux seulement; et ce choix s'accordera 8*^ année (i); ce n'est qu'à l'âge de 10 ans difficilement avec le quinconce ou le carré, quelarécoltedevientappréciable. Unpalmier Toutefois on devrait tenir mieux compte des adulte (entre 25 et jb ans) ne produit généespacements que ne le font les indigènes et ralement pas moins de i5 à 18 régimes par ne pas laisser des palmiers à moins de 6 m. an, ou plus exactement, i5 à ]8 feuilles; à ou à plus de 8 m.; le terrain une fois dé- l'aisselle de chaque feuille se trouve un rebroussé, on n'aura, malgré tout, qu'une dis- gime, mâle ou femelle; c'est de la plus ou position en foule. moins grande proportion des régimes femel-
Le cas n'est pas le même lorsqu'on crée les que dépend la productivité des arbres, une plantation; les dispositions en lignes, Une trop grande humidité du sol, un trop en carré, en quinconce, en losange, seront faible espacement des pieds paraissent favotoujours employées avec avantage. L'espa- riser la formation de régimes mâles aux dé~ cémenta laisser entre les palmiers à huile pens de la production d'huile et d'amandes, ne doit pas sortir des limites déjà indiquées: En moyenne, il y a loà 12 régimes femelles par 6 à 8 mètres. La plantation à 8 mètres a le pied et par an, mais je le répète — et je crois grand avantage de permettre les cultures devoir insister sur ce point — rien n'est réannuelles intercalaires; une plantation à gulier, et vouloir actuellement tabler sur 6 mètres ne permettra guère d'obienir, sous une moyenne c'est aller au devant de mél'ombrage des palmiers, autre chose que des comptes.
GraminéesouCypéracées fourragères. Avant Du jour où le régime apparaît à l'aisselle
donc de choisir l'un ou l'autre des espace- de k feuille et jusqu'à la maturité des fruits
ments il n'est pas inutile de savoir si le sol ils'écoule unintervalle d'environ 8à lomois.
devra recevoir des cultures ou si on se con- La végétation se déroule principalement à
tentera de le transformer en pâturage. deux époques bien déterminées : 1° pour ce
Je ne dirai pas grand chose du choix des qui est des régimes sortis pendant la grande
plants. Le palmier à huile est d'une reprise saison des pluies (mai, juin), leur matura-
très facile, la transplantation pourra se faire lion a lieu surtout de février à avril, c'est là
en toutes saisons dans les sols constamment l'époque de la grande récolte. 2"^ La maiura-
frais; il sera indispensable d'attendre la sai- tion des régimes formés à l'époque de là
son humide dans les terrains quelque peu
élevés. Les jeunes pieds à mettre en place, / \ v 1. «i- ,,, a t t c d
' ' r ' (i) V. la polémique Breschin-Le Testu-E. Poissow,
seront pris dans les pépinières naturelles: dansles n°' 24 et 23 du x J. d'A. T. ». — N. d. l. R.
JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N^^ 27 — Sept. 1903
petite saison des pluies (septembre, octobre) hangar et là sont classés en trois catégories :
se fait en août. Toutefois, en dehors même de ces saisons, la maturation et la formation des régimes s'échelonnent en petit pendant toute Tannée; il y a constamment des régimes à cueillir.
Le même pied ne porte jamais deux régimes mûrs en même temps; mais les maturations se succèdent d'une façon continue.
Récolte. — La récolte des régimes n'étant
1° Ceux dont les fruits se détachent très aisément ;
2° Ceux qui, arrivés à maturation, ont cependant encore certains fruits trop adhérents au régime ;
^° Les régimes qui ne sont encore qu'au début de la période de maturation.
Les régimes de la première catégorie sont pris de suite et secoués fortement, même
pas facile, les indigènes laissentarriver deux quelque peu frappés sur un morceau de bois
ou trois régimes à la période de surmaturation, marquée par la chute de fruits sur le sol. C'està ce moment que, armé d'un coupecoupe (sabre d'abatis) ou d'une hachette du pays, le noir grimpe à l'arbre. A l'aide d'une corde et d'une gymnastique habile, il arrive
ou par terre. Les fruits étant tous séparés du régime, on les recueille et on les emploie de suite à la fabrication de l'huile.
Ceux de la deuxième catégorie sont traités de la même façon que ceux de la première, mais les fruits recueillis resteront un ou
au sommet du palmier et là, arc-bouté par deux jours en tas avant de servir à la fabri-
ses reins sur la corde, par ses pieds sur le stipe du palmier, il peut employer ses deux bras à manier l'outil: il tranche les vieilles feuilles à la base, ainsi que les pédoncules des régimes de maturation suffisante : ceux ayantà peine dépassé la véraison, les régimes à point et ceux qui sont à la période de surmaturation. Dans une de ces ascensions pénibles, il cueille ainsi 4 à 6 régimes. Il est nécessaire de grimper 3 fois par an sur chaque palmier producteur; soit : i" à l'époque de la grande récolte (février à mai) ; 2^ à l'époque de la petite récolte (août) ; 3" une fois entre ces deux époques.
Les deux dernières cueillettes ne donnent guère plus de régimes ensemble que la première seule, et ces régimes sont souventplus petits.
Nous avons montré le noirlaissant pour la facilité de la récolte, 2 ou 3 régimes dépasser la période de maturation ; nous avons dit que beaucoup parmi les fruits des régimes trop mûrs se détachaient et tombaient sur le sol ; ces fruits ne sont pas perdus, des femmes, des vieillards et des enfants, munis de paniers, viennent tous les 2 ou 3 jours ramasser les fruits tombés, comme en Provence nous allons ramasser les olives dont le mistral a hâté la chute.
Première préparation des fruits avant Vextraction de l'huile. — Les régimes récoltés comme je l'ai décrit, sont portés sous un
cation de l'huile ; les épillets qui ne laissent pas détacher leurs fruits, sont séparés à la hache du rachis principal et placés en tas à côté des régions du troisième lot qui eux sont laissés pendant une huitaine sous le hangar; laps de temps suffisant pour permettre à la maturation de se terminer. Après ces quelques jours, tous les fruits se détachent sans difficulté et tous peuvent subir utilement les manipulations nécessitées par l'extraction de l'huile.
Extraction de lliuile. — Les fruits détachés des régimes sont mis dans des urnes en terre groupées par quatre, par six ou par douze, selon l'importance du village et le nombre de palmiers exploités. Une fois pleines de fruits aux deux tiers, on met de l'eau dans ces jarres jusqu'à ce que le niveau de l'eau dépasse de quelques centimètres celui des fruits ; puis on chauffe jusqu'à ce que la parche (pulpe) des fruits se détache aisément du noyau. Lorsque ce résultat est atteint, généralement au bout de deux heures ou deux heures et demie de chauffe, le contenu des jarres est vidé sur une maie en terre de barre fortement battue, souvent cimentée ; cette maie a une pente très faible vers un des coins, où se trouve une ouverture (i). On ouvre, l'eau bouillante s'écoule et les fruits
(i) Sur les rives de la rivière Ouémé, la maie est remplacée par une pirogue bien étanche, attachée à la rive.
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restent sur la maie. L'eau chaude écoulée, L'huile extraite, restent deux produits :
on ferme, on vide de l'eau froide sur les i°la pulpe fibreuse en boules; ^" les noyaux,
fruits, on brasse (sans écraser), on rejette à La valeur des pulpes. — Ce produit est
nouveau cette eau devenue chaude à son vendu sur les marchés du pays comme com-
tour, et on renouvelle cette opération jus- bustible, au prix de o fr. 10 la boule pesant
qu'à ce que la température des fruits et de i kilo 25o à i kilo 5oo.
l'eau soit descendue vers 40 ou 45°. Un ou Dans un récent travail, M. Daniel affirme plusieurs hommes entrent alors sur la maie qu'un commerce plus sérieux de ce résidu armés d'un petit pilon en bois ou d'un sim- se fait au Lagos; il prétend qu'une forte expie bâton; ils écrasent la parche des fruits portation de ces fibres en boules a lieu du du palmier, comme les vignerons écrasent Lagos pour l'Angleterre et l'Allemagne. Ce encore en certains pays d'Europe les raisins, fait m'a fortement étonné, les maisons faisant Les noyaux ne sont évidemment pas écrasés, du commerce au Lagos en font aussi à Portoils fatiguenténormémentles ouvriers, malgré Novo, et il me paraissait incompréhensible la dureté de la plante des pieds du nègre, qu'elles négligeassent dans notre port le
Une fois l'écrasement de la parche de tous commerce de ce produit du moment que
les fruits terminé, l'ouverture est laissée l'écoulement en était assuré. Les mêmes gé-
libre, et le liquide qui s'écoule est recueilli rants des maisons étrangères font tout aussi
dans des urnes à large ouverture. Les hom- bien les gérances de Lagos que de Porto-
mes qui écrasaient la parche, restent dans la Novo ; rien n'était donc plus simple que de
maie, font des boules de la bouillie obtenue rne renseigner auprès d'eux si vraiment le
et les pressent entre les mains aussi forte- commerce de la pulpe était fait au Lagos.
ment qu'ils le peuvent : les boules ainsi faites. Toutes les réponses furent négatives.
sont remises à des femmes et des vieillards A Lagos comme à Porto-Novo ces pulpes
qui les mettent dans des jarres contenant de sont vendues sur le marché au prix de o fr. 10
l'eau chaude; une fois les boules désagrc- la boule, soit près de o fr. 075 le kg., ainsi
gées, on retire les fibres de la pulpe et les que le dit iM. DaxNiel; mais c'est tout,
noyaux qui sont d'abord frottés et lavés pen- Voici d'ailleurs sur ce sujet la réponse
dantun quart d'heure. Les fibres, séparées faite au gérant de la factorerie Thévenot et
des noyaux, sont mises en boules que l'on Cie, par les chefs de la maison résidant à
presse à leur tour ;ces boules seront lavées et Marseille :
pressées encore une fois dans une autre « H nous parait impossible de nous inté-
jarre d'eau à 45-^. Après ce deuxième lavage, resser à cet article : Le prix de vente peut-
les boules, considérées comme épuisées, être de 45 à 5o fr. la tonne. Or, avec un fret
sont mises au soleil et desséchées. J'aurai jg 20 fr., embarquement 16 fr., débarque
à reparler dans quelques instants de ces ment 2 fr. 5o, ce serait déjà près de 40 fr. de
pulpes fibreuses. frais; il faudrait, en outre, dans le pays d'ex-
Les noyaux qui sont restés au fond de la portation, des presses comme pour le foin,
jarre après le premier lavage, sont encore Un essai a été fait, dans le temps, par
lavés dans l'eau chaude et étendus au soleil MM. Mantes et Cie, mais sans suite (i).
qui les dessèche. Plusloin, dans le même courrier, MM. Thé-
Toutes les eaux de lavage successives sont venot & Cie ajoutent : « Nous avons fait
laissées au repos, la différence de densité analvser votreenvoi (pulpe). Il contient 16 "c
font venir l'huile à la surface; c'est laque d'huile. Les tourteaux dosent 0,75 % d'à
des indigènes armés de grandes cuillères en zote».
bois recueillent l'huile de palme pour la
, j j . • ''i M. Eugène Poisson a ex liqué dans le n° 25 du
mettre toute chaude encore dans des jarres „ .1. d'A. T. » ropinion de la légende recueillie par
et la porter aux commerçants qui font placer M.M. Daniel, Bréschin,Fonssagrives, etc.. Apres cette
des ponchons à tous les croisements de confirmation par M. Estevk, u
doute: le commerce d'exportati routes. n'a jamais existé. — N. d. l. R
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Je dois ici remercier M. Valès, d'avoir bien nent en France l'huile de palmiste et le voulu me communiquer ces résultats d'un tourteau de palmiste, deux produits de vaessai inspiré par la lecture du travail de leur.
M.J.Daniel. Essai de calcul des 7'cndcments à lliec-
Voici le calcul des prix de la tonne du pro- t^^'e. — Déterminer le rendement par hec-
duit en question, rendu en France: ^^^^ avec quelque précision est impossible
étant donné Tirrégulariié des plantations du
Achat sur place j5 fr. palmier à huile; donner le produit par arbre,
Embarquement 16 » c'est encore aller au devant de moyennes
'^'"^^ "° " n'ayant aucune précision et dont l'approxi-
Débarquement 2 5o mation ne peut être déterminée.
Yq^^} j j 3 J-J-. 5o ^'^^ ^^'^ ^^ admis précédemment 10 à 12
régimes par arbres; mais la production dé- Donc, en adoptant la teneur en huile de p^nd encore du poids de ces régimes! Or, 16 % donnée par l'analyse faite à Marseille, ^oici les poids de 10 régimes cueillis sans les 160 kg. d'huile contenues dans une choix: 7 kg. 5oo, 7 kg. 5oo, 6 kg. 5oo, tonne de pulpes reviendraient à ii3 fr. 5o, ,, i-g^ 5^0^ \q 1,^ 5^^^ ^ ,.^^ 25o, 9 kg., plus les frais d'extraction au sulfure de car- g j^g^^ 3 kg., ^ kg^ soit, pour"io régimes, un bone. Or, à Marseille, même avec les cours p^i^g ^^^^^ ^e 72 kg. 750. On voit par ces élevés de tin avril 1903(62 fr. les 100 kg.), la ,-juelques chiffres combien sont grandes les valeur de ces 160 kg. d'huile n'est que de variations; et on peut juger par là des er- 99 fr. 20. Ces chiffres montrent surabon- ^eurs qui se commettent lorsque l'on prend damment l'impossibilité d'un pareil com- comme moyennes ? kg. ou 10 kg. merce. Le tourteau n'a même pas une Des facteurs assez stables sont : la quantité valeur supérieure au fumier de ferme et ne ^^^^uile extraite des fruits, et le rapport du peut entrer par conséquent en ligne de poids des fruits au poids total du régime : compte des bénéfices possibles. S^r 25 pesées faites avec des régimes de dé- La question de l'exportation des pulpes monstrations et poids très divers, le rapport n'ayant plus d'intérêt, il y a lieu cependant du poids des fruits au poids total du régime de se faire une idée nette de la proportion s'est montré variant entre 64 % et 66 %. d'huile perdue dans ces pulpes par suite de Cinq essais d'extraction d'huile, essais l'imperfection des procédés d'extraction in- ayant porté sur 5 kg. de fruits frais, me perdigènes : i/3 de leur poids, di: M. Daniel; mettent de donner, comme rendement pra- 16% seulement, répond l'analyse de Mar- tique du fruit, les chiffres suivants ( i) :
seiile. Quelle que soit la quantité vraie, ii tt -i •? 1 c
^ ^ ' ' i , 1 Huile 23 kg. 5oo
serait utile delà récupérer, ou, du moins, '°° ^°- \ Patche 65 kg. Eau 3[ ki,'. 5oo
de chercher à perlectionner l'extraction fournis- 1 , ^^^'"" • • • ' i [^g- ooo-
. luuiiiis Y^Ska ^ Coques... 20kg 760
première. C'est, a mon avis, par une amé- sent: ( royaux ^o Kj,. ^ Amandes. 14 kg. 260
lioraiion dans le procédé d'extraction de , , , . • , ,,-, -i r
Sur les I [ kg. de résidu (hhresj, il faut
l'huile de palme, c est par l'établissement, . , ,,, ., ,,
. compter encore au moins i kg. d huile, 1 exsur place, de véritables huileries mécaniques, . , , ,- . ," ,,,.,. '^ , . ,, . traction avant eie laite par le procède indique ces pertes seront évitées. J en donnerai, J , . , ■ J,- gène. dans un prochain numéro, un projet d ins- " . . ,. ^ . ,
^ Deux essais comparatifs, faits avec des
lallation complet. , . ,, . 1 ,, 1 >j'
. , , , , fruits d un même lot, 1 un par le procède
Noyaux. — Les noyaux mis a sécher après . ^ ,, v r •. /
, , indigène, 1 autre a froid (température am-
avoir subi un deuxième lavage, sont places . " , ^ ^ .11
. " , , hiante, 27", 3 C), avec une presse de laboen tas sous un hangar, puis casses pendant
les intervalles qui séparent les récoltes; les ~
J • J „ fi) Comparer avec ceux de M. Preuss, donnés
amandes extraites seront vendues au com- J^^je n» ,4 du « J. d'A. T. ->.- Prochainement, nous
merce. Ces amandes sont exportées et don- enpublierons d'autres de M. Le Testu. — N. de la r.
N° 27 — Sept. 1903 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE ratoire, m'ont montré un avantage en faveur 14.550 x 65
du procédé indigène. Par contre, un essai à chaud, fait avec la même presse, m'a donné une quantitéd'huile sensiblement supérieure à celle obtenue par le procédé indigène.
La composition du fruit donnée précédemment est celle des « noix de palme », telles que les indigènes les emploient dans leur fabrication. Il est bien évident que la teneur en eau très variable et que ce facteur augmentera ou diminuera la proportion appa-
= 9.457 kg. 5ode fruits.
Quantité d'huile (par le procédé indigène); 9.457 kg. 5o X 23,5oo
Quantité d'amandes :