‹ Journal d'agriculture tropicale: agricole, scientifique et commercialChapitre 66 sur 94 · lO · texte numérisé non relu

lO

5go

La récolte du Bas Amazone est très en retard cette année, et Ton a payé en général cette provenance seulement 10 centimes de moins que le Haut Amazone, On a même pu croire un moment que, malgré la saison où nous sommes, les deux sortes seraient au même prix, tant il y a du découvert sur le Bas Amazone.

On ne parle plus de cours pour le caoïitchouc ancien, presque tout ce qui existait ayant été expédié à New-York.

Le départ pour livrable tend à diminuer, car on a payé jusqu'à 12, 65 pour livraison Novenibre, et Ton offre le Décembre à i2,55.

Sortes intermédiaires. — On a payé fr. 10,10 pour Sernamby de Manaos et l'on Livraisons à Livc'rpooL tient maintenant 10 francs; les boules du „ à Londres..

Pérou valent nominalement 9,65 à 9,70. » à New-York

Quant aux Slabs, ils manquent complète- Stocks de toutes sortes : 2.814 4.515

ment.

Les arrivages au Para pour Août ont été Les sortes d'Afrique restent chères

de i23ot., contre i38o t. l'année dernière, quoique la hausse ait été moins forte en Tout fait prévoir que, malgré le retard du dernier lieu que pour les sortes du Para. Commencementderannéedernière, il y aura On a payé 10 francs pour boules rouges

une légère augmentation, d'autant plus que prima du Soudan, 8,60 pour Twists et 8,75 les prix élevés ne pourront que stimuler la pour Gambie prima, production. Au 24 Septembre, les arrivages

étaient de i35o tonnes Anvers. — Deux ventes ont eu lieu ce

Lesstatistiquesgénéralesdonnentpour "^°^'- ^^ '' Septembre on a traitéôB t. avec

les diverses sortes les chiffres suivants en une hausse moyenne de 0,25 centimes et le

tonnes, à fin août ipoS, comparé à fin 1 7 septembre on a vendu 284 t. avec une

hausse de 0,60 à 0,70 centimes ; sur cette quantité environ 100 t. ont été depuis revendues dans le marché avec une hausse nouvelle de 20 à 25 centimes.

Hecht frères & ClE, 75, rue Saint-Lazare.

août 1 902 :

Sortes du Para :

Stocks à Liverpool

)) au Para

En route pour l'Europe

>' » pour New -York.. .

» « d'Europe à N.-Y.

Total du stock visible :

io5

Paris, 24 septembre i(jo3.

Produits divers

Statistique des cacaos brésiliens.

Dans son article : Statistique mondiale du cacao, paru dans le n° 18 du « J. d'A. T. », M. Harold Hamel Smith exprimait le désir de recevoir des renseignements plus complets sur la production du cacao au Brésil. Un de nos lecteurs, M. Alfredo Borges

MoNTEiRo, de Rio de Janeiro, a eu l'extrême amabilité de répondre à cet appel en nous envoyant le relevé qu'il a publié dans la « Gazeta commercial efinanceira» de la même ville, le i3 juin 1903. Nous y puisons les renseignements que voici ; nous en avons un peu remanié l'arrangement :

NO 27 — Sept. i9o3 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE 283

Exportation de cacaos du Brésil, en kilogrammes, Jardins, en vue de la révision des lois et rè-

en igoi et igo2, groupée par Etats : glemenis qui régissent cette culture :

1901 1902 La vanille est généralement une petite

, . ^ culture à Maurice ; le plus souvent, la liane

Bania 13.290.491 16.197.459 ,. , 1 1 • .• v • • 'j

^ „ \. y est cultivée dans le lardin ou a proximité de

Para 2.221.879 3.95o.33i ,,, , . . ., , ...^ ., ,

^^ ^ l'habitation; il est très difficile, dans ces

Amazonas 134.820 446.703 ,. . ,,,,,• • •

^ ^ conditions, d établir une statistique, tant

Pernambuco. . . . 32.928 3ô.o66 . , , c • ,

soit peu exacte, de la superficie totale occu-

Maranhâo — 3. 060 , , .... ^ , ,

pee par les vanilliers. On admet que leur

Cearâ i-Q74 1-746 , • ' ^ 1

. . ^' ' culture est pratiquée par 3.000 planteurs en-

Espinto Santo. . — 904 . .... v 1 j,

r ^ ^ viron, mais il n v en a guère plus d une cen-

Alagôas — 143 . • . •' j 1 'CI

-^ taine qui produisent, dans leur année, 5o kg.

Totaux 15.682.092 20.642.412 J ' .,, J T 1

^ ^ ^ de vanille, ou au-dessus. Les plus gros pro-

„ . . , ducteurs de Tîle sont MM. Langlois, Pé- Frincipaux ports exportateurs de cacao

de l'État de Bahia, en 1902 : guilhan et de St-Perne.

Ilhéos 7.392.000 kg. La récolte totale de 1902 a été de i5ton-

Belmonte 3.399.600 » "^s de gousses vertes, qui ont fourni

Cannavieiras 2.732.100 » 3. 5oo kg. de vanilles marchandes. Les vols

Una.. 174 36o » gênent considérablement le développement

Valença, Prado et Mucury 2.499.399 » <^^ 'a culture de la vanille à Maurice ; la

Total de rÉtat de Bahia 16.197.459 « Commission sus-nommée a d'ailleurs élaboré un règlement de police dont on attend

Principales destinations des cacaos brésiliens : , , j 1 • v - j

^ , le plus grand bien a cet égard.

Sur les 20.642.412 kg., exportés en 1902, n ^ -> ^ o u n

^ ^ , Il parait qu aux Seychelles, ou, comme on

presque 20.000.000 ke. se répartissent entre • 1 -m j j • j

. . r> r sait, la vanille est devenue une production de

cinq pays importateurs : .v . -i •

^ ^ -' '^ toute première importance, il existe, contre

France 6.984.691 kg. , , , ,, . , . . ,

- ^ ^ " les vols de gousses, une législation très se-

Etats-Unis 5.064.008 >' . ,, i ce 1 -i

^ vere et d autant plus efficace que la surveil-

AUemagne 3.994.642 », . r -i 1 ^ j

° ^^^ ^ lance y est rendue facile par le caractère des

Grande-Bretagne 2.477.055 » , . 1 c • > j

" ^^ ^ plantations et par la configuration même du

Hollande 077.616 »

-'' pays.

Ces pays sont venus dans le même ordre

en 190 1. * ^^

Les prix moyens varient beaucoup d'un Limes vertes, pour Londres.

Etat a l'autre. ^ ^^ ^^ West-India Comittee ., de Londres,

Sur le marché de Londres, le cacao brési- , ,, , ^^ .^ ,, /-^^„^r,

' ^ , prend texte d une lettre de M. George

lien réalise de très beaux prix, puisque pris „ c. j j ^ ^ .•.,;ii^r .^^^

^ ' ^ . .f Hughes au a Standard » du i5 )uillet 1903,

dans son ensemble, il s'y classe au troisième ^ . , ,-„, ,^ ..,.,, ^,,^0

' ■> pour promettre son appui aux importateurs

^' qui s'emploieraient à introduire sur le mar-

5T^ ché métropolitain les limes acides des Antilles. On sait que ce fruit constitue la base

Les vanilleries de Maurice. ^,^^^ industrie considérable à Montserrat et

Notre confrère « Mauritius Planters'and à la Dominique {z{. « J. d'A. T. », 1902,

Commercial Gazette » (cf. « Planting Opi- pp. 28, 269, 282).

nion », 20 juin 1903) donne des renseigne- Il s'agirait de le vendre à Londres, à l'état ments fort circonstanciés, sur les conditions vert; il paraît que l'écorce possède alors un de la culture de vanille à Maurice; ils pro- parfum délicieux et très particulier, qui disviennent des travaux d'une commission spé- parait dans la lime mûre, jaune. Les limes ciale instituée, sous la présidence de M. Jo- cueillies très vertes, seraient emballées^ SEPH Vankeirsbilck, directeur dcs Forêts et stratifiées, dans du sable. Ce mode d'expédi-

JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N» 27 — Sept. 1903

tion augmente le fret, mais les fruits arrivent saurait soutenir la comparaison avec lalime'

à destination en parfait état, lieur prix sous le rapport de la saveur et de Tarome, et

moyen à Londres est de 4 shillings la dou- que ce serait chose facile que de mettre à la

zaine. Le Comité estime que le limon (que mode la « citronnade » (« squash ») à la lime

les Parisiens appellent à tort : citron) ne des Antilles.

flCTUflLITÉS

La défibreuse Bœken, petit modèle.

Nous sommes autorisé à annoncer que les essais officiels et publics de la défibreuse automatique petit modèle à travail continu, système Bœken, retardés par des circonstances fortuites depuis le commencement de l'année, sont définitivement fixés pour la deuxièmequinzaine d'octobre. Ilsaurontlieu à la Station d'Essais de Machines du Ministère de l'Agriculture (47, rue Jenner, Paris), par les soins de M. le professeur Ringel- MANN et dans les mêmes conditions que celles qui ont été exposées dans le n° 7 du « J. d'A. T. », lors des essais de contrôle de la grande défibreuse du même constructeur. Ils porteront sur des feuilles fraîches, de formes et de dimensions variées, représentant les principales espèces botaniques qui intéressent les colonies.

Congrès et Concours oléicole à Sfax.

Un concours agricole aura lieu à Sfax à l'époque de la prochaine campagne de fabrication de l'huile d'olive, c'est-à-dire à la fin de janvier ou au début de février 1904. On sait que cetie ville est au centre d'une région dans laquelle les plantations d'oliviers se sont développées d'une manière considérable dans ces dernières années. La fabrication de l'huile, qui s'effectuait autrefois dans des moulins primitifs, a fait aussi des progrès considérables, et des usines importantes et perfectionnées existent à Sfax comme à Sousse, Mehdia, etc.

Le concours projeté, qui portera essentiellement sur le matériel d'huilerie et sur ^ es procédés perfectionnés de fabrication de huile, ne peut manquer de présenter un

très grand intérêt pour les cultivateurs d'oliviers; il intéressera, peut-être aussi, les planteurs des pays chauds, préoccupés du traitement mécanique de quelques fruits oléagineux analogues. Les constructeurs devront dès maintenant saisir cette occasion pour faire connaître leurs appareils.

Avec l'époque du concours coïncidera la réunion d'un Congrès oléicole.

Végétaux culicifuges.

Par M. le D' Laveran, Membre de l'Institut.

On a attribué à bon nombre de végétaux la propriété d'éloigner les moustiques. Les Eucalyptus, le ricin, l'hélianthe ou tournesol, la menthe ont été préconisés comme culicifuges; l'expérience n'a pas confirmé l'existence de ces propriétés, notamment chez les Eucalyptus. Si les Eucalyptus et les hélianthes ont contribué à l'assainissement de certaines localités c'est parcequ'il s'agit de végétaux à croissance rapide, qui dessèchent le sol.

On parle beaucoup, depuis quelque temps, d'un basilic, Ocimum viride, comme d'un culicifuge, mais on n'a pas publié d'expériences précises démontrant les propriétés de cette plante. Ocimum viride est très rare en Europe, je n'ai pas réussi à m'en procurer au Jardin des Plantes de Paris; je n'ai donc paspu vérifier les assertionsdes observateurs qui attribuent à cette plante la propriété d'éloigner les moustiques.

La découverte d'un végétal culicifuge serait d'une importance considérable pour l'assainissement d'un grandnombre de pays, puisqu'il est démontré aujourd'hui que la fièvre palustre, la fièvre jaune et la filariose sont

N» 27 — Sept. igoS JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE

propagées par les moustiques; il faut donc engager les observateurs de tous les pays à poursuivre les recherches entreprises dans celte voie, mais il sera nécessaire de faire des expériences précises, au lieu de se contenter, comme on Ta fait trop souvent Jusqu'ici, desimpies assertions.

A. Laveran.

Peut-on défibrer mécaniquement les feuilles de Phœnix?

Lettre de M. Ch. Rivière.

Dans notre n» 9 (mars 1902}, nous avions donné à l'occasion de l'opuscule de M. Martin-Dupont, une note sur l'exploitation du Palmier nain d'Algérie, industrie arrivée à un degré de développement assez remarquable et qui emploie des machines perfectionnées. A la suite de celte note, nous avions reçu plusieurs lettres nous demandant si ces machines pourraient servir à extraire la fibre des feuilles d'autres palmiers. Nous apprîmes, d'autre part, que le « Kolonial- Wirtschaftliches Komitee » de Berlin avait déjà vainement cherché à résoudre le problème de l'extraction économique de la fibre de certains palmiers de l'Afrique Allemande de l'Est et, entre autres, du Phœnix reclinata, espèce qui intéresse particulièrement, si nous ne nous trompons, l'un des abonnés, encore bien peu nombreux, que le «J. d'A. T. » possède dans celte région. Nous constituâmes donc un dossier sur la matière et écrivîmes quelques lettres à droite et à gauche, mais sans résultat. Cette affaire nous est retombée sous les mains ces jours-ci, et nous avons pensé que, s'agissant d'une machine algérienne, nous ne pouvions mieux faire que de soumettre la question à M. Charles Rivièrk, directeur du Jardin d'Essai d'Alger. C'est parla que nous aurions dû commencer ; en effet, voici la réponse :

Les machines à défibrerles feuilles de palmiers devront varier avec la nature des espèces, aussi les défibreuses à Palmiernain [Chamœrops humilis) qui font le •« crin végétal » ne peuvent convenir pour l'extraction des fibres du Phœnix reclinata et des nombreux représentants de ce genre dont le Palmier dattier [P. dactylifera] est le plus connu du grand public.

Les outils ne s'appliquent qu'aux espèces à feuilles flabellif ormes, ou en éventail, Livistona, Borassus, Sabal, etc., qui contiennent des fibres sur une surface plane et homogène. Mais aucune machine ne peut

agir sur des feuilles pjlmées^ c'est-à-dire en palmes, ayant de nombreuses pinnules disposées sur un rachis central avec lesquelles un outil ne peut avoir aucune contact.

Pour bien comprendre l'impossibilité de tout travail mécanique sur le Phœnix reclinata, une seule indication suffit :

Les pinnules de ce Palmier sont de simples lames de 25 mm. dans leur plus grande largeur, et allant en s'amincissant en pointe; leurlongeur est d'une quarantaine de centimètres vers le milieu du rachis; leur épaisseur est approximativement d'un tiers de millimètre. Ces pinnules sont composées de fibres très fines, blanches et soyeuses, fortement emprisonnées entre un épiderme dur et vernissé, difficilement attaquable.

Comme le rachis des autres palmiers, celui du Phœnix reclinata est formé de faisceaux fibreux. Dans l'espèce en question, les fibres sont grossières, assez longues et s'obtiennent, dans les jeunes feuilles, par un simple, mais fort écrasement, lavage et peignage ; au besoin ces deux dernières opérations pourraient être très réduites. Evidemment ces fibres sepréteraient à la fabrication de ficelles et de cordelettes, mais plutôt pour des usages locaux.

Ces rachis ont quelquefois de 2 m. à 2 m. 5o de longueur, mais pour en extraire facilement les fibres et pour que ces dernières aient une meilleure qualité, il ne faut pas attendre la vieillesse de Ja feuille.

Les observations précédentes s'appliquent à toutes les espèces du genre Phœnix. toutes à feuilles en palme : Phœnix reclinata, leonensis, pumila, sylvestris, etc., ainsi qu'au gros Ph. canariensis.

Cette exploitation ne semble pas d'ordre

économique.

Ch. Rivière.

A propos de la sélection

des cannes à sucre.

Lettre de M. Paul des Grottes

Cher Monsieur, Les intéressantes expériences de M. Kobus sur la sélection de la canne, relatées dans votre n° 25 (juillet), me remettent en mé-

JOURNAL D^AGRIGULTURE TROPICALE N° 27 — Sept. igoS

moire les observations que je fis moi-même pendant les quinze années où je me suis occupé spécialement de culture de la canne à sucre à la Martinique.

Sans avoir la prétention de les mettre en regard des savantes recherches de M. Kobus, je crois, cependant, utile de vous les indiquer.

Ces observations peuvent tenir dans les quatre points suivants :

fo La canne lourde est la plus riche en matière saccharine et sa supériorité à cet

1902, on supputait une production de 60.000 balles.

On ne nous dit pas de quel sucre il s'agit; ce ne pourrait être que de glucose, comme il s'en fabrique couramment avec toutes les matières amylacées, car nous ne voyons pas que la patate douce puisse se prêter à une extraction industrielle de saccharose, c'està-dire de sucre ordinaire.

A Formose, comme ailleurs, les tubercules de patate peuvent assurément servir à la fabrication du glucose, mais nous nous

égard peut aller jusqu'à un tiers en plus sur étonnons de ne pas trouver trace de cette

les autres cannes de même apparence ;

2" Les agents extérieurs ont, toutefois, une influence beaucoup plus marquée que la qualité du plant sur la végétation de la canne ; ce sont eux qui décident de la bonne ou de la mauvaise récolte.

Ces agents extérieurs sont un concours de circonstances, par acquit ou par défaut, telles que la fertilité du sol, l'époque de la plantation, les fumures, les saisons et les soins culturaux.

3" L'influence sur la végétation des plants sélectionnés, quand ils ne sont pas de race^ se fait surtout sentir dans la germination et dans l'enfance de la canne (état herbacé) qui sont plus vigoureuses. Passé cet âge, ce sont lesagents extérieurs dontl'influence domine;

5° Les propriétés particulières des plants de race ont une tendance marquée à disparaître au cours de la végétation et surtout dans la reproduction.

Veuillez agréer, etc.

Paul des Grottes.

Le prétendu sucre de patates douces de Formose.

Par M. H. Neuville

Une information provenant du « Straits Times », et reproduite dans ces temps derniers par divers périodiques, nous a annoncé, avec quelques détails à l'appui, que la patate douce de Formose était employée à la préparation du sucre. En 1901, d'après cette information, la production de ce sucre de patates douces aurait été de 20.000 balles, et pour

fabrication dans l'ouvrage si sérieux et si complet que vient de publier M. James W. Davidson (v. « J. d'A. T. », pages bleues, n° 26, î^ 435).

Le sucre de patates de Formose serait-il aussi hypothétique que le sucre de bananes de Cuba, et n'existerait-il, comme ce dernier, qu'àl'état d'une simple possibilité, rendue plus ou moins praticable par les conditions économiques?

Papier de bagasse.

Lettre de M. A. Malbot.

Vous signaliez dans vos numéros de 1901 (p. 109) et de 1902 (p. 154, p. 188, p. 220, p. 284) les intelligentes initiatives qui, dans certaines régions, en particulier au Texas et en Louisiane, ont réussi à tirer un heureux parti du résidu jeté au feu par nos planteurs : la bagasse de canne à sucre.

Je me réserve d'étudier dans un mémoire spécial le sort que l'on doit réserver à un produit beaucoup plus précieux que ne le considèrent ceux qui l'envoient au foyer pour s'en débarrasser. Mais, je ne veux pas attendre pour vous signaler un document qui montre que la question de l'utilisation de la bagasse de canne est bien vieille et a reçu, depuis longtemps, des solutions, plus ou moins complètes sans doute, mais manifestement plus avantageuses que sa destruction pure et simple.

J'ai en effet sous les yeux une brochure publiée par M. Auguste de Méritens, Ingénieur civil, à l'époque fabricant de papier à

N" 27— Sept. 1903 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE

Molsheim (Alsace) et Victor Kresser, pro- en quoi consistent les galettes de manioc de

priétaire de la Sucrerie Centrale de Bienhoa la Jamaïque, vendues dans les grandes villes

(Cochinchine), au sujet d'un brevet que ces des Etats-Unis. Elles sont connues daiîs

Messieurs avaient pris pour la fabrication du toutes les Antilles sous le nom de cassaves ;

papier de bagasse. Ils y font d'abord remar- leur fabrication est des plus rustiques, voici

quer que le papier est un article manufac- en quoi elle consiste :

turé dont la consommation a toujours augmenté et augmentera sans cesse, et que, d'autre part, la matière première utilisée pour sa fabrication s'est faite rare, la paille et les chiffons étant insuffisants et les forets s'épuisant. E)e telle sorte que les prix en sont élevés. (L'alfa, qui sert pour les papiers de luxe, valait, d'après les auteurs,

Les racines de manioc après l'arrachage sont lavées pour enlever tant bien que mal la terre adhérente; on gratte à la main à l'aide d'un couteau la pellicule brune extérieure, puis les racines sont jetées au furet à mesure dans un baquet d'eau. On les retire pour les passer à la râpe qui les réduit en pulpe grossière, on y ajoute un peu d'eau,

25 fr. les 100 kg. rendu à Londres, à l'époque on place la pulpe dans des sacs en paille

où fut rédigée la brochure; la pâte blanchie tressée, et l'on soumet le tout pendant quel-

valait 60 fr. et la pâte fibreuse non blan- ques heures à l'action d'une presse : leliquide

chie 35 à 40 fr.) qui coule contient en suspension une grande

Le procédé de ces Messieurs consistait à quantité de fécule, on le recueille précieu-

employer la bagasse au sortir des moulins — sèment.

ce qui n'impose pas l'obligation de recourir à la diffusion, ainsi qu'il était logique de le prévoir; en outre, il se distingue du procédé américain, décrit chez vous, en ce qu'il ne nécessite pas une fermentation putride préalable. Par contre, le sucre qu'elle renferme est soigneusement extrait par un traitement à la vapeur qui montre qu'il y a plusieurs

Les tourteaux pressés sont enlevés des sacs et passés par un tamis de crin, la pulpe fine qui passe à travers, mélangée d'une certaine quantité d'amidon, sert à fabriquer les cassaves. On en prend une poignée que l'on jette sur une platine, c'est-à-dire sur une plaque de fonte chauffée à feu nu; avec une palette de bois on frappe légèrement sur la

moyens de pratiquer la récupération du su- pâte pour l'étaler et lui donner une épaisseur, crc. Enfin la pâte est obtenue par traitement uniforme de 4 à 5 millimètres. Les fragments.

à froid de cette bagasse, passée à la vapeur, dans une lessive alcaline, au sortir de laquelle on lui fait subir un lavage à l'acide. On obtient ainsi une pâte fibreuse grise, qui devient très blanche par l'action de l'acide sulfureux ou du chlore.

11 serait sans doute facile de rechercher le texte du brevet. Ces renseignements sommaires montrent l'intérêt qu'il présente. La brochure qui l'analyse ainsi date du 27 décembre 1873.

Veuillez agréer, etc.

A. Malbot.

Préparation des galettes de manioc

aux Antilles.

Par M. Em. Budan.

Dans le n° du 3 i juillet 1903 du « Journal

d'Agriculture Tropicale », vous demandez

de pulpe sont agglutinés par la fécule, et au bout de quelques instants on obtient une galette ou cassave que l'on retourne pour la cuire également sur les deux faces.

La cassave est d'autant plus recherchée qu'elle est plus blanche, et elle est d'autant plus blanche qu'elle contient plus de fécule. Elle accompagne très bien le café au lait, le chocolat, les confitures ; elle remplace même quelquefois le pain aux repas.

Telle est la cassave de la Jamaïque; en améliore-t-on la fabrication pour l'expédition aux Etats-Unis, je n'en sais rien: mais ce n'est pas probable. J'en ai vu à New- York de semblables à celles des Antilles. « Agricultural News » devrait pouvoir facilement nous fixer sur ce point.

Veuillez agréer, etc. Em. Budan.

Guantdnamo, Cuba, 20 août igoS.

JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N» 27 — Sept. 1903

La mangouste, animal nuisible.

Il y a un certain nombre d'années, les planteurs des Antilles britanniques avaient introduit de l'Inde, la mangouste, petit animal ressemblant quelque peu à la belette (Ichneumon, « Mangoose » des colons de langue anglaise) dans l'espoir que ce petit carnassier détruirait la race maudite des rats qui causent tant de dommages aux champs de cannes. Aujourd'hui, à la Trinidad, une prime spéciale est payée pour la destruction des mangoustes; prime assez élevée puisque, de i schilling par tête dans les premiers temps, il a fallu l'augmenter jusqu'à 5 schillings par tête.

Un correspondant de « Agricultural News » (9 mai 1903), caractérise en ces termes la situation, qui est la même dans la généralité des lies de l'Archipel :

« Il y a bien des années que nos mangoustes ne détruisent plus de rats; elles passent leur temps à dévorer la volaille, les lézards, les crapauds et toutes sortes d'autres animaux insectivores, partant éminemment utiles. Il est urgent qu'on nous débarrasse de ces vilaines bêtes, qui ont pullulé dans des proportions inouïes ».

Sagot avait prévu le danger et, dans son célèbre Manuel pratique des Cultures tropicales (publié avec Raoul), il indiquait un moyen de s'assurer tous les bénéfices de l'in-

lecture où on pourra consulter les publications coloniales.

Nouvelle industrie à Cuba: Le coton.

Par M. AlbilRto Pedroso

Je vous envoie ci-joint, une coupure, en anglais, de la plus grande importance. L'article est intitulé : King Cotton lias corne to reign in Cuba. Vous y verrez qu'une compagnie américaine, « Cuban Cotton Company », a ouvert à la Havane, rue Fulgueras, une usine d'égrenage, combinée avec une huilerie, et que, pour l'année prochaine, elle s'est déjà assuré par contrats la livraison de quantités considérables, puisqu'elle espère faire 4.000 balles de 5oo Ibs. de coton.

La compagnie est fort libérale : elle fait cadeau des semences aux planteurs, vend leur coton à leur profit et se contente, pour sa peine, des graines, dont elle extrait l'huile à son profit. 11 paraît que la graine de Cuba donne 10 % d'huile de plus qu'on n'en compte généralement aux Etats-Unis. Les lanceurs de l'affaire affirment qu'un acre de terrain très ordinaire donne, à Cuba, 750lbs.de coton Sea-Island, tandis qu'aux Etats-Unis, la même surface en donne à peine 25o Ibs.

Mon ami Félix L. Cervantes, ingénieuragnonome, m'écrit qu'on plante du coton

troduction des mangoustes, tout en parant partout. Des compagnies américaines s'or

d'avance au danger de leur multiplication

excessive. Sa solution consistait à élever les

mangoustes dans quelque petite île voisine

et à n'introduire dans la colonie agricole que

des sujets mâles. Il serait curieux de savoir

si ce conseil, à première vue très raisonnable,

a jamais été suivi, et comment il a réussi.

L'Institut Colonial de Bordeaux.

On nous prie de faire connaître que l'Ins-

ganisent à cet effet; quelques-unes encouragent aussi la culture du thé et du caoutchouc.

Les gens du pays sont entrés dans le mouvement, à leur tour, et les compagnies de chemins de fer et similaires, font ce qu'elles peuventpour encourager notre nouvelle industrie naissante.

Les champs de coton s'établissent en particulier à Jatibonico et Managua, près l'ancienne « trocha » de Jucaro-Moron, dans le Camaguey occidental, et le long de la fron-

jitut Colonial de Bordeaux est définitive- tière de la province de Santa-Clara.

ment installé : Cours Coloniaux, fondés II paraît que la bonne saison pour les

avec le Concours de l'Université; Musée semis tombe, à Cuba, en juillet, août et

Commercial; Service des Cultures Colo- septembre ; de manière à récolter à partir de

niales, et enfin, Service des Renseigne- décembre. La « Cuban Cotton Company »

ments. Les organisateurs ont adjoint à ce entend encourager la culture du coton Sea-

dernier, une Bibliothèque et une Salle de Island, à l'exclusion de tout autre.

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N" 27 — Sept. iqo3 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE XV

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pour Chanvre de Sisal (Jlgave rigida), de Maurice (Fourcroya), de Manille (Bananiers), Sansevières, Feuilles d'JJnanas, fiamie, etc. CETTE MACHINE A SUBI A PARIS DES ESSAIS OFFICIELS à la Station d'essai de machines du Ministère de l'Agriculture. Extrait du Procès-verbal rédigé le i6 octobre igoi, par M. le professeur Ringelmann, directeur de la Station : « ... Par suite de ses divers appareils de réglage, la machine Bœken peu» travailler les fibres les plus fines aussi bien que les plus grosses. Les organes chargés de l'alimentation continue et automatique remplissent très bien leur but. Le système de reprise et de conduite des tiges par les quatres chaînes sans fin fonctionne d'une façon irréprochable, et les lanières, complètement défibrées sur toute leur longueur, sortent de la machine en brins bien parallèles ». — Les essais de Paris ont porté sur le bananier, le chanvre de Sisal et le chanvre de Maurice. Le Bulletin oificiel du Jardin Colonial en apprécie le résultat en ces termes: «... La machine expérimentée convient très bien au défibrage des troncs de bananiers et donne d'excellents résultats dans le traitement des feuiUes de Sisal et de Fourcrova ».

RAPES MÉCANIQUES

pour Manioc (Cassave), Arrow^root et autres racines farineuses

Séchoirs - Presses d^ernbaHage

Longue pratique agricole en pays chauds. Construction soignée et simple. — Matériaux de i^^ qualité.

Devis détaillés d'Entreprises agricoles tropicales.

Comptes de culture. — Installations complètes de Plantations

avec Usines pour le traitement des récoltes.

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En écrivant, mentionne^ le Journal d'Agriculture Tropicale

3* Année

3i Octobre iqo3

JOURNAL

D'AKRIGULTURE TROPICALE

PUBLIE PAR

J. VILBOUCHEVITCH

ARACHIDE, BANANE

CACAO, CAFÉ, CAOUTCHOUC

CANNE A SUCRE

COCOTIER, COTON

INDIGO, MANIOC, RAMIE

RIZ, SISAL, TABAC, THÉ

VANILLE, etc., etc.

ARBRES ^UITIERS CULTURES POTAGERES

ÉLEVAGE

BASSE-COUR, ABEILLES

VERS A SOIE

ÏJ

Parait le dernier jour de chaque mois

ABONNEMENTS

(de Janvier et de Juillet)

Un an 20 francs

Six mois 10 —

Le Numéro: 2 francs

AçoRES, Canaries, Madère

Cap-Vert, Sao-Thomé, Congo

Afrique occidentale et centrale

Algérie, Egypte, Abyssin ie

Erythrée, Obok, Mozambique

Maurice, La Réunion, Madagascar

Louisiane, Amérique centrale

Mexique, Amérique du Sud

Antilles, Cuba, Porto-Rico

Pondichéry, Indo-Chine Philippines

OcÉANlE

Principaux Collaborateurs :

MM. APFELBAUM (Palestine), BAILLAUD (Guinée), BALDRATI (Erythrée), BERTHEL.OT DU CHESNAY (Congo français), BERTONI (Paraguay), BOIS (Paris), BONAME (île Maurice), D^BONAVIA (Worthing),CARDOZO (Mozambique),?, CARIÉ (île Maurice), A. CHEVALIER (Afrique, occidentale), CIBOT (Paris), A. COUTURIER (Paris), DAMMER (Berlin), D-- DELACROIX (Paris), DULIEU (Ile Sainte-Lucie), ESMENJAUD (Guatemala), DE FLORIS (Madagascar), GOUPIL (Tahiti), GRISARD (Paris). P. DES GROTTES (Martinique), R. GUÈRIN (Guatemala), GUIGON (Marseille), HAMEL SMITH (Londres), L. HAUTEFEUILLE (Tonkin), HECHT FRÈRES & 0*^ (Paris), HILGARD (Californie), HOLLRUNG (Halle-s-Saale), G. A. HURI (Egypte), JOB (Paris), JUDGE, KARPELÈS (Calcutta), KOBUS (Java), KOSCHNY (Costa-Rica), D' LAVERAN (Paris), LECOMTE (Paris), LEDEBOER (Singapore), LE TESTU (Dahomey), LOCKHART (île Dominique), D-- LOIR (Paris), LOFEZ Y P ARRA (Mexico), LOW (Nicaragua), MAIN (Paris), M AJANI (Trinidad), MALLÈVRE (Paris), DE MEbEIROS(Rio-de-Janeiro),DEMENDONÇA(îIe San-Thomé),MOSSERI (Le Caire), NEGREIROS (Paris). NEUVILLE (Paris), NEWPORT(Queensland), G. NIEDERLEIN (îles Philippines), PARIS (Saigon). PASZKIÈWICZ (Parana), PEDROZO (Cuba), PERNOTTE (Shanghaï), PERROT (Paris), PERRU- CHOT (Constantine), PITTIER (Costa-Rica), JULES POISSON (Paris), EUGÈNE POISSON (Dahomey), POULAIN (Pondichéry), CH. RIVIÈRE (Alger), SAVOURÉ (Abyssinie), SEGURA (Mexico), SERRE (Batavia), STUBBS {m^ Orléans), SUTER (Bombay), TABEL (Sumatra), TOUCHAIS (Mayotte), D-- TRABUT (Alger), VERCKEN (Colombie), DE VILLÉLE (la Réunion), WYLLIE (Punjab), ZEHNTNER (Java), ainsi que de nombreux correspondants occasionnels.

Rédaction

10, rue Delambre, les Jeudi, Vendredi et Samedi, de lo heures à ii h. 1/2. Sy, rue St-Lajare, à I'Impri.merie, le Lundi, de 3 à 5 heures. Téléphone 259-74.

Lés abonnements sont reçus :

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Ainsi qu'en général che\ tous les Libraires français et étrangers, et dans tous les Bureaux de poste

Adresser toute la Correspondance : 10, rue Delamtre, Paris-14'

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