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dans la rue Sainl-Marlin, près de Saint-Mcrri, lorsque j'entendis un tarnbuur. Au même moment, j'aperçus une bannière, et mes voisins m'annoncèrent que la procession de Saint-Leu allait sortir. Je me dirigeai aussitôt de ce côté. Le cortège ne tarda point à paraître. Un suisse de bonne mine, puis une dizaine de prêtres précédaient le doyen qui portait le Saint Sacrement. Le dais était cscnrté par douze volontaires et suivi par une foule assez nr>mbreuse. Les boutiques n'élaient point fermées, les maisons n'étaient point tendues; mais, à défaut de la pompe accoutumée, un respect sincère, un recueillement véritable. Tout le monde se prosternait; je n'ai pas vu un seul homme qui n'ait oté sun chapeau. Lorsque le dais a passé devant le corps de garde de la section Bonconseil, tous les hommes du poste sont sortis et se sont mis sous les armes ^ .
Quelques instants après, j'étais au milieu des halles. L'émri était général. Des groupes s'étaient formés de tous côtés, et les citoyennes de la halle menaient grand bruit et s'échappaient en vives lamentations. « Hé quoi! criaient-elles, on nous avait dit que la procession ne sortirait pas, et la voilà qui vient! Entendezvous le tambour? Elle sera ici avant un quart d'heure : nul moyen de tapisser avant qu'elle n'arrive! Ah! que n'avons-nous au moins un drap! » Plusieurs se sont mises d'avance à genoux, et dès que le clergé a paru, toutes se sont prosternées; plusieurs avaient les larmes