De novembre 1791 au 10 mars
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il fut question de Danton. Voici textuellement les paroles de M. de La Fayette à son endroit, je n'ai eu garde de les oublier : « Danton s'est vendu h condition « qu'on lui achèterait 100,000 livres sa charge d'avocat « au Conseil, dont le remboursement, d'après la sup- « pression, n'était que de 10,000 livres : le présent du « roi a donc été de 90,000 livres. J'ai rencontré Danton « chez M. de Monlmorin, le soir môme où ce marché « a été conclu. Plus tard, il a reçu encore beaucoup « d'argent; mais je n'ai eu personnellement connais- « sance que du paiement des 100,000 livres. Danton « lui-même m'en a parlé à l'Hôtel de ville, et m'a dit, « pour se justifier : Gé^iéral. je suis plus monarchiste « que vous^ ! »
— « C'est égal, a répliqué Beaulieu, railleur incorrigible, M. Danton est un bien honnête homme. Il a reçu de l'argent du roi des mains de M. de Lessart et de M. de Montmorin. Cela est vrai. Mais n'a-l-il pas payé sa dette au roi, le 21 janvier 1793? Et quanta MM. de Montmorin et de Lessart, ne s'est-il pas acquitté envers eux, le 2 septembre, à l'Abbaye et, le 9 septembre, à Versailles-? »
1. Mémoires do Lafnyoltc, t. III, p. 85 et 376. — Sur la vt''iialité de Danton, voir les témoignages de Bertrand de Moleville, Mémoires, t. I, p. 354, et Hisloirp, de la Eérolution de France, t. X, p. 249; — Mirabeavi (lettre du 1^ mars 1791 dans sa Correspondance avec le comte delà Mardi, t. III, p. 82: — Brissot, Mémoires, t. lY, p. 193; — Garât, Mémoires, 1. XYIII de Ylli^toire parlementaire de Bûchez et Roux, p. 447; — Rœderer, Œuvres inédites, t. III. M. Louis Blanc a parfaitement élucidé it. X, p. 4'39 et suiv.) cette question de la vénalité do Danton, et il n'hésite pas li la trancher dans le sens de l'affirmative. Contra, voir Eugène Despois, Revue de Paris, 1«' juillet 1357.