IV PREFACE
toujours les mêmes choses, les maudissant toujours, les subissant toujours.
Vous êtes dans le vrai.
Je pourrais vous dire comme tant d'autres vous ont dit, et vous disent tous les jours, très sincèrement et très justement: «Pourquoi quittezvous le théâtre oij vous avez encore tant de joies à recueillir et à donner? Je ne vous le dirai pas, bien que je sois un de ceux qui perdent le plus à votre départ. Que vont devenir Clarkson, M. de Riverolles, M. de la Rivonnière, Olivier de Jalin pendant que vous ferez la sieste dans les hamacs d'Haïti en buvant le café du gros Morne et en suivant de l'œil les formes diverses que fera prendre à la fumée de votre cigare le vent qui vient de la mer rafraîchir les vallées brûlantes. Etes-vous sûr qu'à travers la fumée bleuâtre, votre mémoire infaillible qui vous a si admirablement servi dans votre art que vous n'avez jamais su où était le trou du souffleur, êtes-vous sûr que votre mémoire n'évoquera pas tous ces personnages de la vie desquels vous avez vécu en leur faisant une âme de la votre. Êtes-vous sûr qu'ils ne vous rappelleront pas là où ils sont restés. N'est-ce pas pour être sûr