‹ Journal d'un étudiant (Edmond Géraud) pendant la révolution, 1789-1793Chapitre 6 sur 51 · III PRÉFACE · texte numérisé non relu

III PRÉFACE

sociale élevée, mais enthousiasmés de lu Révolution et de ses principes, se sont habitués aux pires excès, comment ils en sont arrivés à tout excuser, à tout trouver légitime et à prendre de bonne foi parti pour les bourreaux contre les victimes.

Mais on reste aussi frappé de la sincérité de leurs convictions. Ils sont persuadés qu'ils remplissent le devoir le plus strict ; ils n'ont à la bouche que les mots de justice, d'équité, de droit. C'est au nom de ces grands principes qu'ils vous égorgent, ou tout au moins assistent impassibles à voire supplice.

Ces mômes crimes qui, en temps ordinaire, les révolteraient comme d'horribles assassinats, leur paraissent tout simples, tout natuixils, parce que le bien général l'exige. Ils en arrivent à une espèce d'inconscience. Ils ressemblent à ces inquisiteurs, qui, le cœur léger et sans remords, soumettaient leurs victimes à d'effrovables tortures pour le bien de leur unie, ou les brûlaient en grande cérémonie dans de pompeux autodafés pour l'édification publique et la plus grande gloire de Dieu.

C'est un fanalisuie d'un autre genre, et voilà tout.

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