BEYLE
8 juin.
La Chartreuse de Parme, ouvrage sans conception profonde, mais plein d'observations très fines sur le monde diplomatique.
La duchesse de Sanseverina donne à son neveu des conseils d'hypocrisie religieuse assez curieux.
« Crois ou ne crois pas ce qu'on t'enseignera (en théologie), mais ne jais jamais aucune objection. Figure-toi qu'on t'enseigne les règles du jeu de whist. »
« Les princes ne veulent voir que des masques et prétendent juger de la beauté du teint. »
Les portraits sont fins et vrais; mais c'est la peinture d'un monde trop bas et trop haïssable pour sa lâche hypocrisie.
La tante disant à son neveu : « Cet homme a une manie qui est d'être aimé, baise-lui la main, » me soulève le cœur.
Ils sont roués et violents dans leurs haines.
DE STR.\USS'
Le docteur Strauss a fait sur le Nouveau Testament le même travail que Spinoza sur l'Ancien.
C'est un procès instruit pesamment, en demande de nullité de divinité et de vérité historique.
La question est de réduire le christianisme à la condition de mythe et à l'état de légende, en partant de cette distinction que le mythe peut être bon à conserver comme mythologie philosophique.
I David-Frédéric Strauss, théologien allemand (1808-1874). Connu surtout par une l'ie de Jésus, à laquelle Vijjny fait allusion ici. (Traduite en français par E. Litiré.)
DROIT d'aînesse
Le droit d'aînesse, par une étrange contradiction, se trouve être, en Angleterre, la source de l'égalité. La pairie n'y est pas un rang, mais une magistrature héréditaire. Or, n'étant héréditaire que par l'aîné et pour l'aîné, les autres fils rentrent dans le commerce et les rangs de citoyens laborieux.
La tête de l'homme est comme l'aimant, qui prend des forces à mesure qu'il est plus chargé.
Pour amuser ma mère, je faisais tourner mon esprit devant elle comme une toupie, et je lui présentais, en racontant, des idées et des contrastes comiques qui la forçaient de rire. Mais tout à coup elle s'arrêtait et me disait :
« Tu fais semblant d'être gai et heureux, mais tu ne l'es pas, et c'est par bonté que tu te montres ainsi, je le sais bien, va! »
Le cœur maternel ne se trompe jamais; le fruit des entrailles, l'enfant, ne peut rien cacher à celle qui l'a produit.