ARMAND CARRE L
29 juin.
J'apprends, par une conversation avec d'anciens amis qu'un jour Armand Carrel dit, en parlant de moi : Voilà une belle dyne ; il faut la montrer !
A la suite de ce mot d'un homme que je n'ai jamais connu, parut le grand article du National sur ma vie et mes œuvres. — Il était de M. Rolle, homme d'un esprit rare et des plus étendus.
Vous, mère jeune et belle, qui me disiez en me serrant la main : « Celui-là, je ne le nourrirai pas, » vous pensiez à ce que seraient pour lui les hommes qui vous survivraient et devaient vivre autour de lui et le juger. L'âme d'un poète est une mère aussi et doit aimer son œuvre pour sa beauté, pour la volupté de la conception et le souvenir de cette volupté, et, pensant à son avenir, s'écrier : « Je l'ai fait pour toi, Postérité! »