DE LA MORT DU DUC D ORLEANS
Vers 1825, j'écoutais une conversation entre quelques hommes qui se croyaient graves, et l'un d'eux disait :
« Ce qu'il y aura de triste, ce sera cette suite de trois règnes de vieillards avant Henri V. Il faudra voir tout le règne de Louis XVIII, de Charles X, du Dauphin.
— Eh ! mon Dieu, dis-je, soyez tranquilles, il arrivera quelque
chose avant dix ans; et je leur rappelai La Fontaine : « Le roi,
l'âne ou moi, nous mourrons. » Je fis faire aux hommes d'État,
amis de M. de Villèle, qui me parlaient, une vilaine grimace, et
on me regarda comme libéral et philosophe.
I' Aujourd'hui, même chose. On se donne la peine aux Tuileries
de penser à une régence pour le petit comte de Paris et à
1""' constituer une branche aînée dans la branche cadette. Eh! bon
' ' Dieu, qu'importent ces branches et ces branchages à la plus dé-
'"'" mocratique des nations ?
*"''' L'espoir vrai de la France est, comme je le dis tranquillement
à Louis-Philippe en 1830, l'indifférence en matière de gouvernement. Peu nous importe quelle troupe fait son entrée sur le théâtre du pouvoir.
Nos besoins politiques sont ceci ou cela. — Nos passions : la ■ fierté nationale, l'amour de la gloire, etc., etc.
Satisfaites-les. Quand vous vous tromperez, nous ferons baisser le rideau.
La fortune a mieux traité la branche aînée au lit de mort que la branche d'Orléans.
Le duc de Berry poignardé disant : Grâce pour l'homme! est beau dans la mémoire des hommes.
Si le jeune duc d'Orléans a pu réfléchir dans son agonie, il a dû regretter une balle à Constantine et le boulet du général Damrémont.
Cette mort frappa la maison d'Orléans aussi profondément que la mort du duc de Berry frappa les Bourbons.
Les partis commencent déjà à faire des remarques fatidiques
et puériles sur les dates, circonstances, pressentiments, etc., etc. — Niaiserie accoutumée.
eu PI DON, poème
Michel-Ange, accablé de critiques et las d'entendre l'éloge des anciens, fait un Cupidon, l'enfouit et le fait découvrir dans une fouille.
Les savants s'assemblent.
Description de VAniour grec de Michel-Ange. Mais il s'écrie : « Il est de moi! J'en ai la terre glaise dans mon atelier, w
L'esprit du travail est souvent incomplet en nous, et il est malheureux que tout le monde ait la faculté de travailler, produire, écrire, avec une demi-attention. C'est là ce qui fait les œuvres médiocres.
Lorsqu'on sent que l'on ne sera pas tout entier à son ouvrage, il vaut mieux s'absenter et marcher, agir, pour ne pas s'y mettre à demi.
l'idée
Lorsqu'une idée neuve, juste, poétique, est tombée de je ne sais où dans mon âme, rien ne peut l'en arracher; elle y germe comme le grain dans une terre labourée sans cesse par l'imagination. En vain je parle, j'agis, j'écris, je pense même sur d'autres choses : je la sens pousser en moi, l'épi mûrit et s'élève, et bientôt il faut que je moissonne ce froment et que j'en forme, autant que je puis, un pain salutaire.