‹ Journal d'un poèteChapitre 147 sur 160 · AUX SOURDS-MUETS · texte numérisé non relu

AUX SOURDS-MUETS

Enfants, ne maudissez ni Dieu ni votre mère.

Vous êtes plus heureux que Milton et qu'Homère :

Vous voyez la nature et pouvez y rêver,

Sans craindre que jamais la parole vulgaire

Ose par votre oreille à votre âme arriver.

Le silence éternel est votre tabernacle,

Et votre esprit n'en sort que selon son désir;

Il ouvre quand il veut et ferme le spectacle;

Dans le livre ou la vie, il choisit son oracle,

Et de toute beauté ne prend que l'élixir.

Août 1839.

1. On croyait Byron malheureux et sombre, et voilà ce qu'il écrivait à un ami; ces vers sont traduits d'après un billet de lui. (Note d Alfred de Vigny.)

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