‹ Journal d'un poèteChapitre 5 sur 160 · LE PORT · texte numérisé non relu

LE PORT

Une ancre sur le sable, un cordage fragile Te retiennent au port et pourtant, beau vaisseau, Deux fois l'onde en fuyant te laisse sur l'argile, Et deux fois, ranimé, tu flottes plus agile Chaque jour au retour de l'eau!

Comme toi, l'homme en vain fuit, se cache ou s'exile La vie encor souvent le trouble au fond du port, L'élève, puis rabaisse, ou rebelle ou docile; Car la force n'est rien, car il n'est point d'asile Contre l'onde et contre le sort.

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